Il m'arrive, ces jours-ci, de souhaiter que se réalise la prophétie d'un certain Malachie, pseudo d'un moine irlandais du XVIe siècle, qui a prédit que le prochain pape serait le dernier. C'est sans doute la publication de l'article de La Repubblica dressant le spectre d'un lobby gai faisant chanter certains cardinaux qui m'a poussée à bout. Jusque à quand cette descente aux enfers? Stop, qu'on en finisse!
Le problème n'est pas tant qu'il y ait du sexe et de la corruption. Les activités humaines en sont émaillées. Mais ce qui pose question, c'est que l'on s'en imagine préservé. La leçon est pourtant claire: qui veut faire l'ange fait la bête.
La maladie catholique, c'est l'idéalisme. Se croire "débarrassé" de sa sexualité parce qu'on fait le vœu d'y renoncer, se prétendre insensible aux charmes du pouvoir parce qu'on se dit "serviteur de Dieu", laisser croire que l'argent ne compte pas alors que la réalité le dément, tous ces procédés, qui conduisent à nier l'ambivalence humaine pour se donner un modèle idéal, ne sont en réalité que des exercices de funambulisme. L'ange a tôt fait de tomber dans le caniveau...
Ce que je dis là de la conduite personnelle pourrait être filé de la même manière au niveau de la gouvernance vaticane, paralysée, inefficace, alors qu'elle se permet d'être hautaine et méprisante envers les sociétés civiles dont l'expérience, pourtant, mériterait d'être mieux écoutée, elles qui ont dû parcourir des siècles de tâtonnements pour élaborer des critères de gouvernement qui soient à la fois justes et avertis de l'ambivalence humaine.
Aussi, pour nombre de catholiques, le Vatican, faute d'écouter les leçons du monde, est en train de devenir le Royaume de Danemark d'Hamlet. Par conséquent, si le futur pape était le dernier, après tout, Rome ne l'aurait pas volé.
Pourtant, si je laisse parler à la fois mon cœur et ma raison, je ne souhaite pas une telle faillite. Nous catholiques, avons fini par nous habituer à avoir un pape.
Je dis "fini" car la papauté n'est pas dans nos gênes. Il n'y a pas de pape dans les évangiles. Et il a fallu pas mal surinterpréter cette histoire de clés confiées à Pierre par Jésus pour justifier la tiare papale et autres gadgets... En fait, la papauté doit plus son existence à l'opportunité qu'a vu l'évêque qui était à Rome, siège de l'Empire, de pouvoir lui succéder, aux IVe et Ve siècles, qu'à la volonté expresse de Jésus, qui n'a jamais eu le moindre mot pour encourager la formation d'un clergé, qui a recommandé de ne jamais appeler personne "Père", et qui a même été conduit à la mort par les Grands Prêtres du Temple.
L'existence de la papauté est donc -la chose vaut d'être soulignée- une énorme concession faite aux mœurs du "monde". Et là est l'un des paradoxes actuels, à savoir que la papauté s'insurge contre les mœurs du monde... alors qu'elle est en est une émanation flagrante.
Pourtant, nous avons fini par nous y habituer... La papauté fait partie des meubles du logis catholique... Mais plutôt que de chercher ses fondements dans la tradition, je préfère les trouver dans nos aspirations actuelles, que nous soyons d'ailleurs catholiques ou non.
Car la papauté est une chance pour tous, pour le présent et pour l'avenir. Le sociologue Olivier Bobineau rappelle que:
"Pour diriger l'Église catholique, soit il faut être gestionnaire, soit il faut être charismatique".
Les deux exigences sont aujourd'hui requises, sous peine de mort. Mais autant la gestion peut être le fait de collèges composés de personnes compétentes et prises dans le milieu du monde, institution vers laquelle il conviendrait de tendre, parce que l'évidence y pousse, autant le charisme ne se partage pas.
L'individu pape doit offrir à tous la silhouette d'un homme de Dieu. Vivant de sa foi, transfiguré par elle, empreint de compassion, soucieux de la paix du monde et de la dignité des petits, attentif aux souffrances, celles des personnes autant que celles des collectivités. La voix du pape compte, elle a du poids. Sa parole doit être une doxa, une rectitude, un repère, un étayage. Comme une source vive, elle doit déborder de foi, d'espérance et de charité.
C'est pour dire tout cela que nous avons besoin d'un pape. Il doit être une boussole, un fidèle entre les fidèles du Christ, une icône de la foi. Et aussi un homme heureux, car si la foi ne rend pas heureux, c'est une pathologie. Il est urgent que, sous l'effet du charisme de son occupant, le Vatican redevienne heureux, puis vertueux (les deux sont en continuité), sinon, c'en est fini de notre espérance.
Aussi, si la prédiction de Malachie supporte quelque interprétation, je prête l'oreille et je l'écoute.
Si elle sonne le glas d'une papauté "mondaine", autoritaire, vivant à côté de son humanité plutôt qu'en son milieu, et si elle annonce cette autre papauté, évangélique, résolument prophétique, débarrassée du souci de la gestion de l'Église par des collèges compétents, si elle dessine la silhouette d'un pape nouveau, qui dise et redise l'amour de Dieu pour les hommes, fussent-ils des fripouilles, un pape dévoré de zèle pour cet amour, alors, oui, qu'il sorte des brumes au plus vite. Il sera le bienvenu.
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Des dizaines de milliers de personnes étaient rassemblées sur la place Saint-Pierre, à Rome, pour entendre le dernier angélus que prononce le pape Benoît XVI avant sa démission, jeudi prochain.
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La place Saint-Pierre, vue depuis le dôme de la basilique
La statue de Jésus, accompagnée par celles de ses apôtres, au pied du dôme de la basilique Saint-Pierre
La place Saint-Pierre, vue du sol
Les colonnes de la place Saint-Pierre
Les Gardes suisses
L'allée centrale de la basilique Saint-Pierre
La célèbre statue en bronze de Saint-Pierre
Les fidèles se succèdent pour caresser ou baiser le pied de la statue de Saint-Pierre
Le baldaquin (en bronze) du Bernin, sous la coupole du dome achevé par Fontana et della Porta
Les Gardes suisses veillent
À l'intérieur du dôme de la basilique Saint-Pierre
Sur le toit de la basilique Saint-Pierre
Le musée du Vatican
La chapelle Sixtine avec les fresques de Michel-Ange
La galerie des cartes géographiques du musée du Vatican
Le musée du Vatican
L'escalier en colimaçon du musée du Vatican
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François
2013-?
Benoît XVI
2005-2013
Jean-Paul II
1978 – 2005
Jean-Paul Ier
Aug. 26, 1978 – Sept. 28, 1978
Paul VI
June 21, 1963 – Aug. 6, 1978
Jean XXIII
Oct. 28, 1958 – June 3, 1963
Pie XII
March 2, 1939 – Oct. 9, 1958
Pie XI
Feb. 6, 1922 – Feb. 10, 1939
Benoît XV
Sept. 3, 1914 – Jan. 22, 1922
Pie X
Aug. 4, 1903 – Aug. 20, 1914
Léon XIII
Feb. 20, 1878 – July 20, 1903
Pie IX
June 16, 1846 – Feb. 7, 1878
Grégoire XVI
Feb. 2, 1831 – June 1, 1846
Pie VIII
March 31, 1829 – Dec. 1, 1830
Léon XII
Sept. 28, 1823 – Feb. 10, 1829
Pie VII
March 14, 1800 – Aug. 20, 1823
Pie VI
Feb. 15, 1775 – Aug. 29, 1799
Clément XIV
May 19, 1769 – Sept. 22, 1774
Clément XIII
July 6, 1758 – Feb. 2, 1769
Benoit XIV
Aug. 17, 1740 – May 3, 1758
Clement XII
July 12, 1730 – Feb. 6, 1740
Benoît XIII
May 29, 1724 – Feb. 21, 1730
Innocent XIII
May 8, 1721 – March 7, 1724
Clement XI
Nov. 23, 1700 – March 19, 1721
Innocent XII
July 12, 1691 – Sept. 27,1700
Alexandre VIII
Oct. 6, 1689 – Feb. 1, 1691
Innocent XI
Sept. 21, 1676 – Aug. 11/12, 1689
Clement X
April 29, 1670 – July 22, 1676
Clement IX
June 20, 1667 – Dec. 9, 1669
Alexandre VII
April 7, 1655 – May 22, 1667
Innocent X
Sept. 15, 1644 – Jan. 7 1655
Urbain VIII
Aug. 6,1623 – July 29, 1644
Gregoire XV
Feb. 9, 1621 – July 8, 1623
Paul V
May 16, 1605 – Jan. 28, 1621
Léon XI
April 1, 1605 – April 27, 1605
Clement VIII
Jan. 30, 1592 – March 3, 1605
Innocent IX
Oct. 29, 1591 – Dec. 30, 1591
Grégoire XIV
Dec. 5, 1590 – Oct. 15/16, 1591
Urbain VII
Sept. 15, 1590 – Sept. 27, 1590
Sixte V
April 24, 1585 – Aug. 27, 1590
Gregoire XIII
May 13, 1572 – April 10, 1585
Pie V
Jan. 7, 1566 – May 1, 1572
Pie IV
Dec. 25, 1559 – Dec. 9, 1565
Paul IV
May 23, 1555 – Aug. 18, 1559
Marcel II
April 9, 1555 – April 30/May 1, 1555
Jules III
Feb. 7, 1550 – March 29, 1555
Paul III
Oct. 13, 1534 – Nov. 10, 1549
Clement VII
Nov. 26, 1523 – Sept. 25, 1534
Adrien VI
Jan. 9, 1522 – Sept. 14,1523
Léon X
March 9, 1513 – Dec. 1, 1521
Jules II
Oct. 31, 1503 – Feb. 21, 1513
Le lobby, si il existe vraiment, demanderait au Vatican de cesser de persécuter les homosexuels. De ça, on devrait se réjouir. Ce devrait être une raison de nous rapprocher de la religion catholique (le principe de tolérance n'y est-il pas prêché?), pas de nous en éloigner!
Au départ, le catholicisme se distingue du protestantisme évangélique qui a pour doctrine de «s'arranger avec Dieu». Vous pouvez être raciste, pédophile, meurtrier... (ex. la secte de Jim Jones) pas de problème si vous vous arrangez avec Dieu. C'est de ces multiples sectes évangéliques que vous voulez parlez.
http://v.i.v.free.fr/spip/spip.php?article3038
Le catholicisme est aux antipodes: vous devez passer par l'église pour atteindre Dieu. Elle est donc plus normative et centralisée. Ça a l'avantage d'éviter les débordements sectaires mais c'est moins libre.