Le mépris du gouvernement conservateur pour la science vient de faire une nouvelle victime.
Cette fois, la cible est le programme des Lacs expérimentaux, une initiative entamée dans le nord-ouest de l'Ontario il y a un demi-siècle et renommée à l'échelle mondiale pour l'excellence de son travail. Les conservateurs ont annoncé récemment qu'ils abolissaient le financement du programme, qui fermera donc ses portes en mars 2013.
Pourtant, les recherches menées dans les lacs expérimentaux sont cruciales pour la protection de l'environnement.
Au nombre de 58, ces lacs permettent d'étudier les réactions des écosystèmes aquatiques à la présence de différents contaminants. Ils permettent aussi d'établir des surveillances à long terme, puisque leur environnement est entièrement contrôlé par les chercheurs.
Prenons un exemple concret. Grâce à ce programme, le Canada est le seul pays au monde où les scientifiques étudient les impacts des nanoparticules d'argent - des agents antimicrobiens que l'on retrouve dans une foule de produits commerciaux - sur les lacs et écosystèmes marins. Il s'agit donc de recherches capitales qui permettent aux gouvernements de prendre des décisions éclairées et basées sur des faits.
Avec la fin des lacs expérimentaux, cette étude n'aboutira jamais et les décideurs publics resteront dans le noir.
Plusieurs autres recherches importantes seront en péril après la fermeture du programme. Des études sur les pluies acides, les phosphates et les algues bleues, notamment, devront être abandonnées. Comme on le sait, les algues bleues ont causé énormément de soucis au Québec il y a quelque temps... Les conservateurs ont-ils consulté les riverains aux prises avec ce problème avant de prendre une décision?
Le plus révoltant, c'est que le programme des lacs expérimentaux coûte moins de 2 millions $ annuellement au trésor public, salaires et budgets d'opération inclus. On parle donc ici d'économies marginales, presque symboliques.
Cette façon du gouvernement de sabrer les budgets d'une foule de ministères sans songer aux conséquences bien réelles me laisse perplexe.
Depuis ses débuts, le programme des lacs expérimentaux a été un véritable succès. Il a permis à plus de 80 chercheurs de travailler sur leur maîtrise ou leur doctorat. Le public en bénéficie également, puisque les données recueillies par les chercheurs sont très souvent publiques et que les conclusions des études permettent d'élaborer des politiques publiques cohérentes. Que feront les spécialistes maintenant que leur principal équipement de recherche sera aboli? Devront-ils aller travailler pour des entreprises privées, empêchant ainsi le gouvernement de conserver sa précieuse expertise?
Heureusement, de nombreux experts et citoyens ont pris les choses en main et ont mis sur pied un site internet pour faire entendre leur opposition. En expliquant clairement notre position aux conservateurs, ils ne pourront plus agir à leur guise et prendre de mauvaises décisions basées sur le mépris et l'ignorance. Ensemble, nous pouvons les ramener sur Terre.
Suivre Anne Minh Thu Quach sur Twitter: www.twitter.com/@AnneMTQuach
Plusieurs des études accomplies dans ces lacs expérimentaux sont devenu des cas d'écoles, enseignés dans des cours de première années en écologie générale ou en limnologie, pour illustrer des principes de base aujourd'hui qui ont été découverts grâce à ces dispositifs.
Le gouvernement Harper n'a rien à faire des économies. Son gouvernement est le plus dépensier depuis celui de Mulroney, et il agit de cette manière par idéologie, mais aussi dans une politique du «in your face», envers ceux qu'il considère comme ses opposants: ce coup ci, les scientifiques et les environnementalistes. Il est comme le bully qui cherche à humillier l'adversaire. Et au niveau idéologique, il poursuit un objectif obscurantiste, un monde dominé par les irapports de force où il n'y a nulle lace pour le savoir objectif et scientifique. Ceux qui se posent des questions chercheront dans la bible.