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Ma première craque...

02/12/2013 12:44 EST | Actualisé 31/01/2014 05:12 EST

Ce billet a été publié sur le blogue d'Anne-Marie-Dupras Ma vie amoureuse de marde.

J'avais 15 ans environ quand j'ai vécu ma première vraie peine d'amour. J'avais déjà vécu des mini-ruptures, mais pas encore de cet ordre-là.

Vous savez de quoi je parle. La grosse qui fait mal. La fois où...

La fois où tu pleures à en avoir mal à la face.

La fois où tu cries : «Oui mais je l'aiiimmmeeeuuuuuuuu!!!!»

La fois où tu vis en symbiose avec un sac de chips et/ou un pot de crème glacée, voire même les deux. La fois où tu écoutes beaucoup trop de musique beaucoup trop triste, comme pour t'automotiver à continuer de pleurer: Cabrel, U2, Taylor Swift (si t'as 12 ans), Sinead O'Connor, Gloria Gaynor, Brel (si t'as plus que 40).

Dans mon cas, j'écoutais Can't Stand Losing you de The Police en loop. Avec des paroles pleines de licornes et d'arcs-en-ciel comme:

I guess this is our last goodbye

And you don't care so I won't cry

But you'll be sorry when I'm dead

And all this guilt will be on your head

J'imagine que c'est notre dernier au revoir

Tu t'en fous alors je ne pleurerai pas

Mais tu t'en voudras quand je serai mort

Et toute la culpabilité reposera sur toi.

[traduction très libre]

Laissez-moi vous dire que ma mère ne tripait pas à entendre ça émaner de ma chambre à longueur de journée. C'est une bonne toune, mais c'est un peu lourd. Du genre assez lourd pour pouvoir t'en servir pour faire des poids et de la musculation. Mais c'était celle de ma première craque, et cette craque-là, elle fait mal, elle marque et elle se démarque. On se souvient tous de la première fois où l'on a fait l'amour, mais il est aussi bien vif le souvenir de la première fois où on nous a défait l'amour.

Quand mon jeune amoureux m'a brisé le cœur, j'ai cru que j'allais en mourir. Vraiment. Une première brèche dans mon cœur d'amoureuse, une hémorragie de l'âme, un grand crack qui a fait très mal! Et pas un plaster, un bécé-bobo ni aucun mercurochrome ne peuvent soulager cette craque. Ça prend de la musique triste, parfois de la bouffe, et, souvent, en vieillissant , de l'alcool et d'autres engourdisseurs.

Pour cette première craque, j'ai eu la chance d'avoir mon grand frère qui a eu un grand cœur ou bien juste eu son truck de m'entendre brailler et d'entendre la même christie de toune. Grand frère qui m'a emmenée chercher mes choses chez mon désormais ex. Avant de partir, il a versé un grand verre de cognac et m'a dit «Bois ça». Moi qui avais à peine gouté une bière, j'étais un peu-pas-mal figée. Mais ses yeux me disaient «Envoye, tu vas en avoir besoin!», donc j'ai calé, puis on y est allé.

Le chemin le plus long et le plus triste ever. Du moins du haut de mes 15 ans. Parce que d'autres longs chemins de marde, j'en ai plein les souliers. Rendue là-bas, c'est en pleurant comme une madeleine que j'ai ramassé mes choses avant de les mettre dans un sac. (Non mais à quand le «sac de rupture» avec l'inscription « Don't call us we'll calisse» imprimée dessus?).

On est rentré à la maison, je pleurais encore, mais je commençais aussi à être un peu pompette, donc c'était du grand n'importe quoi. Disons que mon frère s'en souvient probablement plus que moi. Et j'ai continué de pleurer et d'écouter la fameuse toune pendant des semaines. Puis des jours. Puis un moment donné, j'ai enlevé la cassette du tape-cassette et je suis enfin passée à autre chose. Je me souviens même plus c'était quoi son prénom à cette «autre chose-là»...

Donc voilà un des points de départ de ma vie amoureuse de marde. Parce que c'est pas mal ce jour-là que j'ai compris que l'amour, ça peut faire ben mal au cœur... Et que le cognac aussi.

Et vous, votre première rupture sur une échelle de craque de 1 à 10?

Votre toune de «braillage», c'était quoi?

Allez, on se fait un p'tit Top 10 de craques!


Mes cartes de la Saint-Valentin

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