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C'est la faute aux arcs-en-ciel!

31/03/2014 11:42 EDT | Actualisé 31/05/2014 05:12 EDT

J'ai beau avoir une vie amoureuse de Marde avec un grand M, j'ai tout de même eu des petits moments cute de temps en temps, bien entendu. Sinon, je ne m'acharnerais pas à continuer d'essayer, à continuer d'y croire, à «piner» des robes de mariage sur Pinterest comme s'il y avait des chances que j'en porte une ailleurs qu'à un party d'Halloween ou dans un tournage.

Cette histoire date d'environ 10 ans. J'étais en spectacle et un humoriste sur le même spectacle que moi ce soir là me plaisait vraiment. Vraiment. Cute, drôle, charmant. Mais, comme j'ai une espèce de loi personnelle qui dit Don't f.ck with the pay roll (assez ironique quand un spectacle sur deux paye pas ou paye des pinottes!), je me suis gâtée les yeux à le regarder et les oreilles à l'écouter. Mais sans plus. Faut ajouter que certains membres de ce métier sont assez doués pour inventer des relations qui n'existent pas à une blonde qui fait des blagues, alors pas besoin de nourrir la machine à rumeur en plus. Bref, il s'appelait pas touche mais câline que j'avais le goût de l'appeler ce qu'il veut dans ma chambre à coucher. Et dans mon salon. Et dans ma cuisine. Vous voyez ce que je veux dire.

Après le spectacle, on discute ensemble et il continue de me donner beaucoup trop de raisons de le trouver à mon goût. Il me fait rire, il sent bon, il me réveille la libido et il n'y a pas un snooze qui arrive à l'éteindre. Mais ma petite voix essaie de me turner off en me disant: «Nenon, pas touche, il pue, il est con, ouache caca». J'essaie fort fort de me convaincre que c'est comme le bonheur, que c'est pas un kick,, que ça va passer! Puis un moment donné, il me fait la bise parce qu'il part. Ouf. Il s'en va, je vais pouvoir retrouver un pouls quasi normal. C'est pas pour me vanter, mais ça commence à être une job à temps plein de ne pas lui sauter dessus. Il s'en va, je commence à discuter avec je ne sais trop qui, peu importe, je suis juste occupée à dire à ma libido de retourner dans son semi-coma, que ça va être correct, qu'il est parti le cute et gentil garçon.

Une quinzaine de minutes plus tard, coup de théâtre (ou plutôt de spectacle d'humour), on me tape sur l'épaule. Je me retourne, et ne vois-je tu pas Monsieur Allô ma libido qui me regarde avec un sourire un peu niais. Il me dit: «Tu viens dehors, je veux te parler». Je me demande bien ce qu'il veut, mais pas mes jambes qui le suivent presque en gambadant.

On sort, il se plante devant moi, me regarde avec son regard beaucoup trop sexy pour que ça soit légal et me dit: «Je suis arrivé chez moi, j'allais me coucher. Et là je me suis dit que je ne pourrai jamais dormir si je n'embrasse pas cette fille, elle est magnifique». Ma tête et mon cœur ont même pas le temps d'encaisser le Ben voyons donc t'es trop cute je vais mourir- que BANG!, il m'embrasse. D'un baiser qui te donne le goût de t'évanouir, mais juste une coche en dessous, pour que tu restes consciente et que tu savoures chaque goutte de son ADN, chaque sensation, chaque frisson. Nos langues dansent le tango sur le rythme de nos cœurs qui battent une chamade en 4x4. Il m'a embrassé comme ça pendant je ne sais plus combien de temps, mais certainement un moment de bonheur et demi. Puis, il m'a regardé avec ses yeux toujours aussi trop choux et il est parti.

Non, on ne s'est pas fréquenté. Non je ne vous dirai jamais qui c'est , mais je vous dirai tellement ceci: ça fait au moins 10 ans que c'est arrivé, mais c'est à cause de petits moments comme celui-là que j'y crois encore. C'était comme un arc-en-ciel entre deux averses de pluie de marde. Et j'ai juste à fermer les yeux pour me rappeler la sensation. Et tant que je m'en souviendrai, je continuerai d'y croire.

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