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C'est le bouquet!

04/06/2014 08:55 EDT | Actualisé 04/08/2014 05:12 EDT

Vous savez ce qu'on dit: celle qui attrape le bouquet de la mariée sera la prochaine à se marier.

En 2010, j'assistais au mariage d'une bonne amie à moi, celle-là même qui m'a, sans le savoir, incitée à commencer ce blogue. C'est elle qui m'a dit «Bon voyons donc! Tu dois être la personne la plus malchanceuse en amour que j'ai rencontrée de ma vie».

C'était l'été 2010 que ma belle amie mariait son tellement bel acteur dans un mariage rien de moins que magnifique. J'en ai vu des mariages, mais celui-là était juste wow! Comme dans un film, mais avec de l'amour pas scripté. Du vrai de vrai. Quand est arrivé le fameux moment du bouquet, je ne me suis pas levée. Je ne suis pas très «rituel de mariage» et les superstitions qui s'y rattachent. Mais mes amies ont insisté et insisté (des filles dans un mariage, c'est crinqué au rêve et c'est limite hystérique!) et ça n'a pas pris 5 minutes que le magnifique bouquet atterrissait dans mes mains. Il était tellement beau, c'est sa beauté bien plus que sa supposée signification qui m'a flabergastée.

Évidemment, on m'a taquinée en masse sur le fait que je serais la prochaine à me marier. J'ai fait la même face que celle que je fais quand on me dit : «C'est quand on ne cherche pas qu'on trouve» ou la non moins célèbre «Ça va t'arriver au moment où tu t'y attends le moins»:

J'ai fait ma face de : «Oui, ok, c'est super, merci, peut-être que si je souris en silence tu vas partir?»

Quand j'ai attrapé le bouquet, j'étais dans une fréquentation qui ne s'en allait nulle part et qui s'est terminée peu de temps après. Mais quelques mois plus tard, je rencontrais celui que j'ai longtemps cru être Monsieur LE. Tellement.

Oui, je l'ai cherché un peu vu que je l'ai rencontré sur un site, mais en effet, je ne m'y attendais pas. Je ne pensais pas tomber complètement folle amoureuse de cet homme et en plus, lui de moi. Après notre première rencontre, j'ai pleuré dans mon lit. De larmes de bonheur. De reconnaissance, d'espoir. Je venais de rencontrer quelqu'un qui me faisait vibrer. Quelqu'un que je venais d'embrasser sur le coin d'une rue pendant près de 3 heures et que j'ai quitté à reculons. Je me suis levée sourire aux lèvres le lendemain, pour me rendre compte qu'il m'avait écrit un petit texto, me demandant quel sort j'avais bien pu lui jeter et comment il ferait pour tenir jusqu'à notre prochaine rencontre. Je flottais sur un petit nuage de bonheur qui croisait des arcs-en-ciel.

Puis, tout s'est passé très vite. Trop vite. L'amour nous a dérobé notre jugement, on s'est laissé emballer, et, de mon côté, j'ai dit à mon instinct de parler moins fort ce qui fait qu'à peine 6 mois plus tard, on habitait ensemble, pour plus de mauvaises que de bonnes raisons. Après quelques mois de cohabitation plus ou moins harmonieuse, il me demandait en mariage et j'ai dit oui.

Oui parce que je l'aimais du plus profond de mon âme. Oui parce que pour la première fois de ma vie j'avais envie de passer le reste de ma vie avec quelqu'un, je me voyais vieillir à ses côtés, que j'avais envie de le crier haut et fort devant tout le monde, que je voulais m'engager. Je voulais la robe, je voulais la bague, je voulais les dames d'honneur, j'avais le «oui je le veux» au bout de la langue.

Puis la réalité a refait surface. Je me suis rendu compte que certains de nos traits n'étaient tout simplement pas compatibles. Les conflits ont commencé à prendre de la place, la jalousie a semé son poison dans le cœur de mon amoureux et dans le mien par le fait même. Les baisers sont devenus de moins en moins longs et les preuves d'amour de moins en moins nombreuses.

Puis il a commencé à me demander avec insistance quand on se marierait, il voulait que ce soit dans l'année, rien de moins. De mon côté, je me demandais si on se marierait, pourquoi on se marierait. Et plus il insistait, plus j'avais peur. Je lui disais : «Si tu veux m'épouser, c'est que tu veux passer ta vie avec moi, alors qu'est-ce qui presse comme ça?» Je lui disais que je voulais attendre, qu'on puisse avoir un 3 ans de vie de couple derrière la cravate et derrière la bague, mais non, lui il voulait qu'on se marie au plus sacrant.

On ne devrait pas se marier au plus sacrant et je le sais. Je n'étais pas enceinte et on n'était pas en 1950. Plus ça allait, plus la bague m'est apparue comme une mini-menotte. Il me voulait, qu'il disait, mais la jalousie faisait aussi et surtout qu'il me voulait pour lui et juste lui. La confiance avait pris le bord avec la tendresse et l'amour doux à son bord.

La fameuse bague, je l'ai enlevée, le lui ai parfois lancée, je l'ai pleurée. Je voulais tant me marier. Pas avec n'importe qui, avec lui. Mais le lui dont j'étais tombée folle amoureuse. Avant la jalousie, avant les colères, avant les larmes. Pas dans ces conditions-là, pas pour ces raisons-là. Alors qu'en amour, on devrait être le mieux de nous même, à la fin nous étions devenus le pire de nous même face à l'autre.

De la même façon qu'un bouquet n'assure pas un mariage à celle qui l'attrape, une bague n'assure pas le bonheur à celle qui la porte.

Mon amoureux est finalement devenu mon ex. Ma bague est devenu le symbole d'un mariage qui n'aurait jamais lieu. Cette belle bague, je l'ai finalement vendue cette semaine. Notez que j'ai voulu la lui rendre mais il n'en voulait pas, il m'a dit de la vendre. C'est tout ce qui me restait de lui. Maintenant, il ne me reste plus que des souvenirs. Des beaux, des moins beaux, des tristes, des moins tristes.

Du haut de mes 40 ans maintenant ce que je veux, ce n'est pas d'attraper le bouquet ni de porter la bague. Ce que je veux, c'est trouver celui qui me sourira à mon réveil parce que de s'éveiller à mes côtés fera son bonheur comme le mien, celui qui me fera sourire à mon coucher et qui ne nous laissera jamais nous coucher fâchés l'un contre l'autre.

Le reste, c'est ben beau, c'est ben cute, c'est ben l'fun mais je sais que ce que je veux ça ne se trouve ni chez le fleuriste ni chez le bijoutier. Ça se trouvera dans le cœur et dans l'âme de quelqu'un.

Quelqu'un que je ne connais pas encore, mais à qui j'ai très hâte de dire : «Oui, je te veux!»

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