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Je suis mariée, mais je voyage en solo

Trouvez-vous le genre de partenaire qui vous encourage à prendre votre envol, sans exception, sans condition.

14/11/2017 09:00 EST
Getty Images/iStockphoto

Trouvez-vous le genre de partenaire qui vous encourage à prendre votre envol, sans exception, sans condition. Qui vous incite à suivre tous vos rêves, même les plus dérisoires, même les plus grands ou les plus fous. Qui ne vous juge pas quand vous êtes au plus mal et exulte quand vous êtes au top. Qui se fait un devoir de vous dire combien il est fier de vous, et pas seulement de votre apparence, de ce que vous portez ou dites, mais de ce que vous êtes intrinsèquement. Qui ne considère pas vos réussites comme un affront ou une menace. Qui se rend compte que l'amour et les relations de couple ne sont pas des contes de fées, mais des choses concrètes qui demandent du travail.

Rencontrer un homme qui me soutient de manière totalement désintéressée a été la meilleure chose qui ne me soit jamais arrivée. Il m'écoute quand je lui expose mes idées et mes projets d'aventure, m'aide à mettre de l'ordre dans mes pensées, puis m'encourage à me lancer sans retenue à la poursuite de mes rêves. Il me pousse à sortir de ma zone de confort et me tient la main quand je panique. Quand je me recouche tard dans la nuit, des idées folles plein la tête, il fait souvent ce truc, peu importe l'heure... Même à moitié endormi, il tend les bras pour me serrer contre lui. Ce petit geste est pour moi la chose la plus apaisante et la plus réconfortante au monde.

La vie avec Jon est la plus incroyable des aventures: nous sommes passés de continent en continent, avons vécu dans plusieurs pays, ensemble et séparément, fait abstraction des préjugés culturels, avons été là, fait ci et ça. Et, pourtant, il nous reste encore tant à faire!

Au début, pendant presque trois ans, nous avons entretenu une relation à distance et, chaque fois qu'il partait, j'avais le cœur lourd, parce que je ne savais pas quand je le reverrais.

Au début, pendant presque trois ans, nous avons entretenu une relation à distance et, chaque fois qu'il partait, j'avais le cœur lourd, parce que je ne savais pas quand je le reverrais. Si je connais bien ce sentiment, c'est parce que le cœur est un muscle et qu'il a une mémoire. Bien que nous ne soyons plus dans cette situation, chaque fois qu'il part ou que je pars, mon cœur revit le même calvaire: il se serre, se tord, me pèse. Je pleure chaque fois, et pas seulement quelques larmes, mais de bons gros sanglots. J'ai réellement l'impression d'avoir le cœur brisé: c'est une sensation très physique, qui refuse de passer. Mon cerveau lui envoie des messages pour essayer de le raisonner, mais mon cœur est un muscle et il a une mémoire.

En vraie globetrotteuse, je n'ai qu'un chez-moi: lui. Sans lui, je n'ai pas de repères: je flotte, comme en apesanteur, dans un océan infini de visages, de lieux et d'idées. Mais c'est là que les choses prennent un tour intéressant: nous avons des idées très différentes en matière de voyage et nous sommes tous les deux farouchement indépendants. J'aime la montagne; lui, la mer. Je travaille sur des projets en Inde; lui, en Australie. Alors on choisit souvent de faire ce qu'on a à faire chacun de notre côté, pour mieux de se retrouver ensuite. Et je ne parle pas de quelques jours ou de quelques semaines: non, plusieurs mois d'affilée. Malgré mon cœur qui se serre affreusement, quand je finis une randonnée en solitaire ou quand j'explore un nouveau lieu d'une beauté à couper le souffle, je n'ai aucun regret. Je sais que, lorsqu'il prend les meilleures vagues de sa vie sur sa planche, il n'en a aucun non plus. Chaque fois que nous nous retrouvons, nous sommes épanouis. Deux individus qui n'ont pas laissé la société et sa conception du mariage être un frein pour eux, et qui ont été à l'écoute de leurs passions et de leur cœur, à 100%. Pas étonnant qu'après six années passées ensemble, nous soyons amoureux comme au premier jour!

Hier, deux semaines après notre deuxième anniversaire de mariage, nous nous sommes à nouveau dit au revoir avant de partir dans des directions opposées. Mon cœur me pèse et, assise à 10 000 m d'altitude, j'écris ces lignes pour tenir le coup. Quand je serai au sommet de cette montagne, je sais que je respirerai un peu mieux parce que, même si le cœur est un muscle qui a une mémoire, je lui ai aussi appris à voyager, à prendre son envol et à explorer.

Avertissement: Si j'étais totalement honnête, ce billet devrait probablement s'intituler: "Ode à mon mari!"

Les opinions exprimées dans ce billet sont celles de son auteure et ne reflètent pas nécessairement celle du HuffPost indien. Toute omission ou erreur sont du fait de l'auteure et le HuffPost indien n'en assume aucunement la responsabilité.

Ce blog, publié à l'origine sur le HuffPost indien et le HuffPost France, a été traduit par Laure Motet pour Fast For Word.