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Différencier prévisions météo et politique

31/03/2014 12:40 EDT | Actualisé 30/05/2014 05:12 EDT

Il faut se l'avouer tout de suite, la présente campagne électorale actuelle brille par sa forte ressemblance à une altercation entre des enfants de huit ans, où on tente de gueuler plus fort que l'autre des insultes sensées discréditer l'autre camp. Que ce soit à coup d'accusations remettant en cause l'intégrité de la planète entière ou à force d'attaques au niveau de la souveraineté, qui au final ne mènent nul part, les friands de débats proches des engueulades de 110% sont choyés. Or, autant le côté sensationnaliste des médias québécois semble devenir de plus en plus prêt à publier n'importe qu'elle niaiserie que disent les différents chefs de parti, autant le côté censé être intellectuel de ces mêmes médias, se targuant d'adopter un langage sérieux et d'être crédible en plaçant des chiffres arrachés à coups de sondages Crop dans ses textes, semble sombrer dans une futilité presque infinie.

Ainsi, nous sommes présentement à un stade où un choix politique semble, selon plusieurs, une affaire de chiffres et de « stratégie ». « Vous comptiez voter Option nationale? Cessez tout de suite, les statistiques disent que votre vote ne vaut rien. Vous pensiez voter pour le Parti conservateur? Les données recueillies dans votre circonscription indiquent plutôt que vous devriez voter pour la CAQ. Québec solidaire? Ça ne sert absolument à rien de voter pour eux, ce seront les libéraux qui seront élus à la place. »

Le plus triste dans tout cela, c'est que je n'exagère même pas. En effet, il semble que nous ayons atteint un stade dans notre existence démocratique où voter est un geste stratégique, comme si décider du futur d'un État était une partie de Risk, comme si embrasser les idées d'un parti politique était semblable à placer une carte dans une partie de Skip-Bo.

Serions-nous vraiment devenus à un tel point obsédés par le « vote stratégique » que nous confondions politique et bilan comptable, vote et placement financier? « Ne votez pas CAQ, leur taux, selon votre profil, n'est que de 23,6% avec l'inflation, vous devriez plutôt voter Libéral, avec un taux garanti d'au moins 33% si on inclue le facteur humidex. »

Il va falloir un jour comprendre qu'on ne peux pas confier les rênes d'une province à un parti politique simplement parce que celui-ci avait plus de chances de gagner que l'autre qu'on aime pas, mais qui a quand même moins de chances de gagner que l'autre qui pourrait gagner à Québec, mais pas Montréal, sauf si..... Non. Il faut arrêter de faire de la politique un semblant de simulation boursière et enfin assumer quelque chose : il faut voter pour le parti qui nous semble le meilleur, tout simplement.

En 1976, alors que le Parti Québécois avait sept sièges, voyait-on le parti de René Lévesque comme un gagnant assuré des élections cette année-là?

En 2011, pensait-on que le NPD allait obtenir 30% des voix aux élections fédérales? Si ces partis ont réussi à obtenir plus de votes que jamais personne ne leurs en aurait prédit, c'est parce qu'au lieu de jouer à la Miss Élection, une version moins crédible de la Miss Météo, la population a décidé qu'il fallait voter pour ceux qui leur semblaient le meilleur choix au niveau des idées.

Agir selon ce que nous dictent des prédictions revient fatalement à nous pousser toujours vers la médiocrité du « moins pire » et à laisser passer des opportunités qui nous permettraient de grandir comme peuple.

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