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L'éducation devrait être au cœur du plan d'action contre la radicalisation

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Hier, la ministre Thériault était en la conférence de presse pour présenter le plan du gouvernement contre la radicalisation. L'essentiel se résume sous les quatre axes suivants : agir, prévenir, détecter et vivre ensemble. C'est un début. Le gouvernement Couillard a pris beaucoup trop de temps à mettre en place un plan d'action ; il est maintenant en mode réactif, dépassé quelque peu par les événements. La ministre a aussi annoncé qu'un montant de deux millions de dollars sera consacré au Centre de prévention contre la radicalisation pour répondre aux besoins de la population (parents, éducateurs et jeunes) devant les signes avant-coureurs de la radicalisation. Au plan provincial, une certaine action concertée entre plusieurs ministères et corps policiers, ainsi que la participation de travailleurs sociaux s'est aussi effectuée.

Il semble, toutefois, que cette annonce ait partiellement manqué de cibler le vrai nœud du problème. On peut comprendre que les politiciens doivent trouver des manières de gérer le vivre ensemble au Québec, et cela est d'autant plus vrai à Montréal ; mais au nom d'une certaine rectitude politique, on hésite encore à nommer la source du mal : le rôle que joue l'intégrisme religieux dans toute cette affaire. Il y a, certes, des facteurs sociaux à considérer; mais ce qui alimente l'agir radicale, c'est la croyance idéologique, et dans le cas qui nous concerne, l'idéologie extrémiste religieuse.

Lorsque Québec parle d'intervenants au Centre de prévention contre la radicalisation, doit-on comprendre que ces personnes connaissent et comprennent le phénomène religieux ? On semble ignorer que pour bien des gens, le religieux s'entremêle avec le culturel, qui à son tour sert à tisser un lien social entre les individus, au point ou il n'y a plus distinction entre religion, culture et société ! Cela est difficile à comprendre pour la plupart des Québécois d'héritage catholique, pour qui le religieux ne joue plus un rôle significatif dans la vie culturelle et sociale des gens. La religion n'a plus l'emprise qu'elle avait jadis. L'erreur que nous faisons est de penser que tous ont la même vision du monde, ou qu'il est impossible que certains puissent adopter un mode de vie différent.

C'est pourquoi le premier axe du plan contre la radicalisation devrait être: «éduquer». Ce n'est qu'en éduquant qu'on peut mieux «détecter» et «prévenir», afin de comprendre le «vivre ensemble». Il semble qu'on ne veut pas croire que la source du problème est essentiellement idéologique. C'est pourquoi il est d'autant plus étonnant que le ministère de l'Éducation ne soit pas directement impliqué dans ce plan d'action ! À l'instar de la proposition de Québec solidaire, il serait important que le gouvernement puisse travailler avec les experts en milieu universitaire qui analysent la question de la radicalisation depuis un bon moment.

C'est par l'éducation qu'on réussit à comprendre comment la religion devient parfois le culturel, façonnant ainsi le lien social entre individus. Ce n'est que de cette manière que la société québécoise comprendra ce qui se cache réellement derrière les cas de radicalisation des derniers mois.

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