Alexandre Turgeon

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De la Grande Noirceur duplessiste à la Grande Noirceur charestienne

Publication: 08/06/2012 10:19

Alors que la grève étudiante perdure et s'envenime, notamment avec l'adoption de la loi 78, nombreux sont les commentateurs à y aller de comparaisons entre Jean Charest et Maurice Duplessis, entre aujourd'hui et la Grande Noirceur.

La loi spéciale n'était encore qu'une rumeur que Gabriel Nadeau-Dubois, le porte-parole bien connu de la CLASSE, anticipait déjà un « retour au temps de Duplessis ». Josée Legault, chroniqueure politique au journal Voir, n'est pas en reste. Elle s'en donne même à cœur joie. Un brin ironique, elle demandait le 16 mai 2012 si l'on verrait un « sourire s'esquisse[r] sur la photo de M. Duplessis dans le couloir du bureau du premier ministre ». Du même souffle, elle considère que le projet de loi 78 « devrait être renommé la Loi Duplessis-Charest », rien de moins! Une utilisatrice de Twitter, comme tant d'autres, tire pour sa part un trait définitif sur notre époque : « La grande noirceur, part II ».

Revenant sur la loi 78, Pierre Trudel, professeur de droit à l'Université de Montréal, soutient qu'une « telle loi rédigée dans un langage rappelant la législation duplessiste sera certainement contestée comme étant incompatible avec la liberté d'association». En quoi cela rappelle-t-il la législation duplessiste? Pierre Trudel reste muet sur la chose. Il est inutile en fait de le préciser.

Dans son cas, comme dans celui des autres, en donnant le seul nom de Duplessis, tout est dit! Bien d'autres abondent dans le même sens au sein des médias sociaux, sur Twitter en particulier (comme on peut le constater en consultant, sur Twitter : @alexturgeon). À les entendre, à les lire, le Québec serait de nouveau plongé dans la Grande Noirceur où la figure de Jean Charest remplacerait celle, longtemps honnie, de Maurice Duplessis.

À ce sujet, il importe de rappeler que la Grande Noirceur est un mythe, une caricature du Québec d'avant la Révolution tranquille, d'avant les années 1960. Par mythe, nous n'entendons pas que tout soit faux, bien au contraire. Un mythe se fonde, se base tout à la fois sur le vrai et le faux, sur le factuel comme sur le fictif, comme le disent chacun à leur manière les historiens Gérard Bouchard et Jocelyn Létourneau. Prétendre que la Grande Noirceur est un mythe ne revient pas à dire que rien n'était noir, ni que tout était blanc, bien au contraire. C'est bien pour cela que nous considérons que la Grande Noirceur est en fait une caricature. Le propre d'une caricature, rappelons-le, est de déformer une réalité, une situation, un personnage - une époque, aussi. Ce ne sont certes pas toutes les caricatures qui font rire, il va sans dire, et dans son genre, la Grande Noirceur n'est en rien comique.

Ce mythe de la Grande Noirceur, il a notamment pu prendre forme par la caricature. Celle du caricaturiste Robert La Palme en particulier, lui qui a sévi au sein des journaux Le Canada et Le Devoir, farouchement opposés à Maurice Duplessis. On lui doit ainsi la formule légendaire et iconique du « Toé, tais-toé! », que le premier ministre n'a jamais prononcée. Mais Robert La Palme ne fut pas le seul à verser dans la caricature, loin de là!

Que dire d'André Laurendeau et de son éditorial sur la théorie du roi nègre? Ou encore de la Loi du cadenas, véritable symbole de la Grande Noirceur, alors que cette législation n'a pas eu l'importance qu'on lui accorde, aujourd'hui? C'est ainsi, en accumulant ces éléments, en omettant, en négligeant de départager le vrai du faux que le mythe de la Grande Noirceur a pu s'imposer dans l'imaginaire collectif.

C'est le même phénomène qui semble se répéter aujourd'hui avec Jean Charest, où le vrai et le faux se nouent et se rencontrent dans une caricature typique du 21e siècle. Ces commentateurs, qu'ils soient connus ou inconnus, versent dans la caricature lorsqu'ils comparent Jean Charest à Maurice Duplessis, la situation actuelle à la Grande Noirceur. L'utilisation massive de Twitter pour commenter le conflit étudiant - avec son #ggi, pour « grève générale illimitée » - encourage cette caricature. Alors que les tweets sont limités à seulement 140 caractères, comment livrer une pensée claire, raisonnée et sans raccourcis? À tous coups? C'est, somme toute, impossible. D'où le recours fréquent à la caricature pour faire valoir son propos en pareilles circonstances.

Hier, le mythe de la Grande Noirceur duplessiste a pu prendre son élan grâce à des entrepreneurs mémoriels qu'ont été les Robert La Palme, André Laurendeau et autres. Aujourd'hui, la Grande Noirceur charestienne se met en branle avec les contributions des Josée Legault, Pierre Trudel, Gabriel Nadeau-Dubois et autres. Le point commun à tout un chacun? C'est qu'ils partent de l'idée que la Grande Noirceur est non pas un mythe, mais un fait avéré, une réalité immuable, un point de référence valable. Ce faisant, une caricature - la Grande Noirceur duplessiste - en alimente une autre - la Grande Noirceur charestienne.

Il ne s'agit pas, ici, de se prononcer à savoir si Jean Charest est le pire premier ministre de l'histoire du Québec, où si nous traversons bel et bien une époque de Grande Noirceur. À vrai dire, il est bien trop tôt, quelques jours à peine après l'adoption de la loi 78, pour s'exprimer là-dessus, dans un sens comme dans l'autre. On ne saurait convoquer si hâtivement le tribunal implacable de l'Histoire. Laissons plutôt aux historiens de demain le soin de se prononcer sur ces questions, avec tout le recul nécessaire pour ce faire. Cela ne peut être que bénéfique. C'est d'ailleurs avec du recul que des historiens comme Éric Bédard, Lucia Ferretti et quantité d'autres en ont appelé à nuancer la Grande Noirceur duplessiste, depuis un certain temps déjà.

Or, une nouvelle Grande Noirceur semble prendre forme dans les médias sociaux, dans les discours. Cette Grande Noirceur charestienne qui émerge, si elle se fixe de manière durable dans l'imaginaire collectif, il se pourrait fort bien que nous soyons longtemps pris avec. Au même titre que nous restons empêtrés, encore aujourd'hui, dans la Grande Noirceur duplessiste dont nous ne pouvons nous défaire. Est-ce pour le meilleur, ou pour le pire? Sur ce point, nous laissons à chacun le soin de trancher. Soyons seulement vigilants face au pouvoir et à la persistance de la caricature dans l'écriture de l'histoire.

Ce billet a été écrit avec la collaboration de Raphaël Gani, étudiant à la maîtrise en histoire à l'Université Laval.

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SUPER UTILISATEUR DU HUFFPOST
Canada Libre
Le Canada c’est le Québec. Vive le Canada libre
22:06 sur 10/06/2012
Tous les premiers ministres du Québec depuis Duplessis ont été nationalistes. Ils défendaient et représentaient le Québec avant tout.

Tous sauf John James Charest.

Comparer Duplessis à Charest est une insulte pour Duplessis.
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jfjoubert
Le pire n'est pas toujours certain.
08:41 sur 10/06/2012
Le parti libéral est très proche de devenir impossible de déloger démocratiquement au Québec. Mario Dumont en parlait déjà il y a 10 ans.
11:37 sur 10/06/2012
Le problème n'est pas le parti libéral mais les québecois qui sont divisés. Aucun parti n'arrive à se démarquer.
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SUPER UTILISATEUR DU HUFFPOST
Canada Libre
Le Canada c’est le Québec. Vive le Canada libre
22:13 sur 10/06/2012
Le parti libéral n'était pas au pouvoir il y a dix ans et on sait depuis longtemps que Mario Dumont n'est pas une référence crédible.
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SUPER UTILISATEUR DU HUFFPOST
jfjoubert
Le pire n'est pas toujours certain.
11:53 sur 13/06/2012
C'est vrai que Dumont n'est pas crédible, mais son calcul (qui se fait par tous le monde...) est vérifiable.
07:57 sur 10/06/2012
Très bon texte. C'est très vrai, méfions-nous de la caricature et des comparaisons faciles. Il n'y a aucun doute qu'il y a certaines similitudes entre Charest et Duplessis particulièrement au niveau de la corruption. Duplessis avait un ''système'' qui financait son parti pour Charest c'est moins clair , on n'en sait pas beaucoup, peut-être le saurons nous un jour. Mais la politique au Québec n'a jamais été très clair. Charest et une certaine classe dirigeante, Marois et les syndicats qu'est ce qui est mieux ?
On a toujours tendance à simplifier les choses. Pour la loi 78, je crois qu'on ne peut comparer ce geste à Duplessis. Ca ne manifestait pas trop fort à cette époque et aujourd'hui certaines personnes abusent de leur liberté d'expression.

Une chose rejoint les deux époques, un jour ou l'autre, il faudra en sortir et heureusement passé à autre chose !
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Le Kwisatz Haderach
There is no power without brain power.
01:47 sur 10/06/2012
A vous lire c'est a se demander si la presque gratuité scolaire en valait la peine.

L'absence quasie totale de jugement et de recul chez vous et vos semblables est tellement peu edifiante pour le reste des Quebecois, que s'en est aberrant. En etes-vous seulement conscient? J'en doute.

J'imagine qu'a l'interieure de docorat, on vous a aussi appris qu'il y avait des elections au Quebec n'est-ce pas? Eh oui! A tous les 4-5 ans, le peuple peut changer de gouvernement. Incroyable non?

Ca frole la manipulation votre affaire. Non seulement vous n'avez aucune idee d'ou vous venez, vous n'avez aucune idee ou vous allez.
18:50 sur 09/06/2012
Je propose un moratoire sur les comparaisons douteuses, les hyperboles stupides et l'enflure verbale en général.

Comparer J. Charest à Duplessis relève d'une manque de jugement, de connaissances historiques -venant d'un doctorant en histoire...- et d'une aveuglerie idélogique.

Critiquez Charest, votez contre lui, manifestez, d'accord.

Le comparer à Duplessis ou pire, à un fasciste, vous discrédite dans le débat et vous fait passer pour un hystérique.
11:02 sur 10/06/2012
Juste une chose. Malgré ce que vous prétendez, je ne compare pas Jean Charest à Maurice Duplessis dans ce texte.
11:43 sur 09/06/2012
Je suis sensible à votre souci de rigueur scientifique, il est certain que la Grande noirceur tout comme la Révolution tranquille mérite d'être nuancé sur le plan de l'analyse historique. Et je ne crois pas non plus qu'il s'agit de votre part d'une volonté de se poser en "révisionniste historique" comme certains l'ont fait cette semaine dans le Huffington Post pour dénoncer un complot socialiste...

Mais vous ne pouvez pas demander aux journalistes de ne pas utiliser d'analogies historiques. Il est certain qu'on peut leur reprocher les usages rhétoriques de l'histoire, mais ça démontre tout de même chez nos journalistes fautifs l'existence d'une certaine conscience historique qui consiste à analyser ce qui est présentement entrain de se produire à l'aide des catégories historiques du passé. En ce sens, on ne peut pas reprocher aux journalistes un tel défaut car, contrairement à ce que vous dite, ils n'attendront pas que "les historiens de demain se prononcent sur ces questions". Les historiens seront toujours à la remorque de l'histoire telle la chouette de Minerve qui s'envole à la tombée du jour. L'exemple de la Révolution française est frappante à cet égard. Mais comme nous l'as dit si bien Marx : Tous les grands événements historiques se répètent deux fois : la première fois comme une tragédie et la seconde, comme une farce".
20:05 sur 09/06/2012
Comme vous le dites, on ne peut demander aux journalistes de ne pas y aller d'analogies historiques, aussi douteuses soient-elles. Ils sont libres de leur plume. Cela dit, sans les empêcher, je crois qu'on peut néanmoins les mettre en garde que ces renvois à la Grande Noirceur peuvent être lourds de conséquences.

Dans les années 40-50, ils ont été nombreux à critiquer Duplessis, à dénoncer son "régime". Mais lorsque Duplessis est mort, Gérard Filion (directeur du Devoir) a reconnu qu'il appartenait aux futurs historiens de séparer le bon grain de l'ivraie en ce qui concerne Duplessis. Or, le mal était déjà fait, si l'on peut dire ainsi. La légende noire du duplessisme, de la Grande Noirceur avait déjà fait son oeuvre. Malgré les avancées de l'historiographie - au-delà du révisionnisme et du post-révisionnisme -, l'idée même de "Grande Noirceur" reste présente. En 2012, il n'est toujours pas aisé de s'intéresser - froidement - au Québec de l'après-guerre, au Québec duplessiste.

M'intéressant à ces questions, je constate que le même processus est en train de se répéter, aujourd'hui, pour ce qui concerne Charest et la grève étudiante. D'où ce texte, qui se veut une mise en garde. Pour que tout un chacun soit conscient, au final, du pouvoir des mots, du pouvoir de la caricature sur le long terme, en somme. Comme vous l'avez dit, les historiens se retrouvent en effet toujours à la remorque de l'histoire. Cela dit, ce n'est pas faute d'essayer!
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dredesch
02:53 sur 11/06/2012
Je pense que dans l'imaginaire des Québécois, les gouvernements Duplessis sont le symbole par excellence d'un pouvoir corrompu et anti-démocratique. C'est peut-être à tort et il conviendrait possiblement de porter un jugement plus nuancé sur cette période de l'histoire du Québec.

Mais voilà, il y a la série de scandales qui ponctuent les dernières années de pouvoir des libéraux, de la nomination des juges au Suroît, au mont Orford, à l'attribution des places de garderies, aux projets d'infrastructures sportives, à la corruption dans l'industrie de la construction, et on pourrait continuer encore longtemps.

Devant un tel océan de corruption, à tort ou à raison, la comparaison avec la période Duplessis s'impose. Mais si j'en crois votre texte, il faudrait conclure que c'est bien pire aujourd'hui et que la comparaison Duplessis-Charest est injuste pour Duplessis. OK. Je veux bien vous suivre là... :-)
10:33 sur 09/06/2012
Très bon article.

On peut débattre sur les degrés de 'manipulation' des médias, on ne va pas régler grand chose, car à la base, un médium de communication renvoi à la tension inévitable entre la quête de l'intégrité et la nécessité d'être lu, donc, de répondre à des lois du marché.

Ce qui aiderait, ce serait un regard 'observateur' sur les événements en cours afin de valoriser le discernement et se dérober des prises de positions figées et de clivage de toute sorte.
Cet utilisateur a choisi de ne pas participer au système des médailles.
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16:57 sur 08/06/2012
Vos propos expliquent bien l’utilisation de mythe pour véhiculer des informations, voire des opinions trop souvent non fondées. Pour poursuivre la discussion à ce niveau, j’ajouterais que nous sommes depuis un certain temps à l’ère de l’information-spectacle et à une information biaisée. Bref, plusieurs cherchent le mot ou l'expression "punch" (comme faire sa "juste part") qui va faire réagir, qui va circuler dans les médias et qui ne va pas nécessairement informer adéquatement.

Ce type de façon de faire, renvoie à ce que le sociologue Pierre Bourdieu appel le "fats-thinking". Depuis un certain temps, plutôt d’informer, les médias privilégient l’information sensationnelle (la violence), facilement compréhensible, banale et commune. La simplification est souvent trop poussée et les journalistes privilégient l’émotion (la peur) plutôt que l’argumentation. La rigueur et l’objectivité sont trop souvent esquivées.

Enfin, ces pratiques (un nombre de caractères ou de mots maximum et le peu de temps pour présenter une nouvelle) accentuent la manipulation de l’opinion publique, parce que la "juste" information n’est pas diffusée. Se faire rappeler constamment un mensonge finit par le rendre vrai. S’informer devient donc ardu, car on ne peut pas se fier aux grands médias (Québécor, Desmarais, R.C.). Leur objectif premier étant l'audimat ou le nombre de publications afin d'augmenter le profit, ils n'hésitent pas à délaisser la qualité de l'information.

Pierre Bourdieu, Sur la télévision. L'emprise du journalisme, éditions Raisons d'agir, 1996.
Cet utilisateur a choisi de ne pas participer au système des médailles.
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07:43 sur 09/06/2012
Tu mets Radio-Canada au même niveau que Desmarais et Quebecor. Je ne suis pas d'accord.

Radio-Canada est une source d'information extrêmement diversifiée et ouverte sur le monde, qui touche tous les domaines de la vie. Je réfère en particulier à la radio de Radio-Canada; la Première chaine. Si on commence à dire que la Première chaîne fait de la manipulation de l'opinion publique, alors on tombe dans un autre type de raccourci, et on risque de sombrer dans le simplisme qu'on dénonce.

Ceci dit, c'est vrai qu'on est à une époque d'information spectacle. Le flot d'information est tellement important, et tellement rapide, que ça accentue le mouvement. Ceci ne veut pas dire que l'on ne peut pas avoir accès à une info plus approfondie, plus intelligente, plus branchée, qui permette de faire des liens avec des facteurs sous-jacents qui ne sont pas évidents à appréhender de prime abord. Mais ceci relève de la liberté individuelle de chacun: il faut avoir le courage de lire, d'analyser l'information, de formuler ses propres thèses, et de les exprimer. Ceci nécessite un effort mental constant.

Dans un monde qui roule trop vite, la paresse intellectuelle est un problème débilitant.
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Le Kwisatz Haderach
There is no power without brain power.
01:49 sur 10/06/2012
"Dans un monde qui roule trop vite, la paresse intellectuelle est un problème débilitant."

Puisque vous le dites...
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dredesch
03:01 sur 11/06/2012
Radio-Canada n'est malheureusement pas immunisé contre des tendances qui affectent tous les médias. Ça parait un peu moins à la SRC, c'est tout, car ils ont gardé plus indépendance que les journaux de Gesca (Presse, Soleil, etc.) ou de Québecor (Sun News, Journal de Montréal, Québec) qui défendent les intérêts de Paul Desmarais ou Pierre Karl Péladeau et de leurs conglomérats respectifs. Mais avec le financement public qui diminuera encore plus sous les conservateurs, Radio-Canada n'aura d'autre choix que de subir la même logique commerciale de l'audimat que les autres médias.