Alexandre L. Maltais

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Pauline Marois à la sauce 'Hollandaise'

Publication: 29/08/2012 11:13

En mai dernier, la campagne présidentielle française se concluait par la victoire du candidat socialiste François Hollande face au président sortant Nicolas Sarkozy.

À moins de dix jours du scrutin, certains parallèles peuvent être faits entre le candidat de gauche et la candidate au poste de première ministre du Québec. Pauline Marois s'inspire-t-elle de la campagne du socialiste français? Est-elle 'Hollandaise'?

Les deux politiciens partagent une faiblesse. Aux premiers mois de la primaire de la gauche l'an dernier, François Hollande n'était aucunement perçu comme candidat sérieux à l'investiture. Même dans le camp socialiste, il ne parvenait pas à projeter une image d'homme 'présidentiable'. Pour l'anecdote, Laurent Fabius, ancien premier ministre sous Mitterrand, s'était exclamé : « Hollande président? On rêve! ». Ironie du sort, à peine un an plus tard, le président Hollande le nommait ministre des Affaires étrangères...

Pauline Marois a le même problème. Jusqu'à tout récemment la cheffe du Parti Québécois peinait à être considérée comme 'première ministrable'. De retour en tête des intentions de votes, Madame Marois aura tardé à convaincre de sa capacité à assumer les plus hautes responsabilités de l'État.

Les deux politiciens ont aussi en commun un style de leadership, très porté vers le compromis. Lorsqu'il était premier secrétaire du PS, François Hollande était connu pour éviter les susceptibilités. Ses détracteurs critiquaient l'homme de la « synthèse molle » qui refuse de trancher. Marois est reconnue comme une femme qui consulte, recherche le consensus, mais ses adversaires ont tôt fait de l'attaquer sur sa capacité à prendre des décisions difficiles.

Sur le fond, François Hollande et Pauline Marois peuvent être identifiés comme des sociaux-démocrates, issus de formations politiques qui aspirent à gouverner. Leurs stratégies de campagne se ressemblent. Les deux ont solidifié leur base électorale à gauche en annonçant de nouveaux impôts : le premier en proposant une taxe de 75% sur les très hauts revenus, la seconde en promettant d'abolir la taxe santé régressive pour la remplacer par une augmentation d'impôts pour les plus riches. Tous deux ont identifié leurs « véritables adversaires » qui ont en commun... de ne pas être candidats! Inspiré par Mitterrand, Hollande a pourfendu la finance, grande responsable de la crise européenne, tandis que Madame Marois s'en est pris à plusieurs occasions au gouvernement Harper et promet de l'affronter pour défendre les intérêts du Québec.

À l'instar du Parti Socialiste, Le Parti Québécois, à tort ou à raison, a du mal à établir sa crédibilité en matière de saine gestion des finances publiques. Il semble que les deux leaders aient tous les deux cherché à établir cette crédibilité en refusant de faire des promesses couteuses pour les finances de l'État. Sans parler d'austérité - concept tabou pour les Socialistes, Hollande n'a cessé de répéter sa détermination à réduire le déficit public. Pauline Marois a vivement critiqué les nouvelles dépenses promises par ses adversaires - surtout la François Legault, et a insisté sur les mesures à prendre pour renflouer les coffres de l'État, dont notamment l'augmentation des redevances minières. Lorsqu'elle a publié son cadre financier, la cheffe du PQ a insisté sur son caractère « rigoureux et responsable » et souligner que le Parti Québécois était le parti du déficit zéro.

Il reste à voir si la « recette hollandaise » fonctionnera avec autant d'efficacité au Québec qu'en France. Réponse le 4 septembre.

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