Répression policière, bavure policière, profilage racial, brutalité policière, conspiration du silence, omerta: décidément la litanie est longue, tout y passe lorsqu'il s'agit d'enquêter de façon indépendante, sur les événements à l'issue desquels un civil est blessé ou tué. La commission parlementaire qui entend toutes les parties intéressées par le projet de loi 46 du Ministre de la sécurité publique n'a pas fini de nous en fournir la démonstration quasi empirique.
Il est bien louable, certes, de monter aux barricades lorsqu'au cœur de ces événements tragiques, les cas mettent en relief la notion de risque qui est pourtant intrinsèque à toute intervention policière. C'est la nature même des choses. On n'a pas fini d'entendre toutes les supputations d'usage, toutes les hypothèses, les conneries aussi; des propositions parfois fantaisistes, irréalistes, carrément utopiques. C'est probablement le prix à payer pour l'exercice de la démocratie. C'est aussi le prix, à l'inverse, que la société doit acquitter quand on parle de devoir assumer la notion du risque dans une communauté qui a décidé, au nom de la loi et de l'ordre, de se doter d'un bras policier; et armé de surcroît. Certains diront que les célèbres «bobbies» de Londres, au Royaume d'Élizabeth, ne sont pas armés et qu'on y fait pourtant régner la paix. En apparence du moins. Oui, on est loin du Londres médiéval, de l'époque des Stuarts, des Tudors et des autres du même acabit.
Mais encore faut-il savoir que la Londres moderne hérite d'une histoire, de valeurs sociales de fairplay, d'un sens civique typique aux Anglo-saxons qui n'ont aucune mesure avec la moralité publique québécoise ou nord-américaine. Faut-il rappeler que plusieurs unités spéciales de policiers londoniens sont armées, et lourdement armées; surtout lorsque plane la menace terroriste. Ironie du sort, un innocent vendeur de journaux, en 2009, Ian Thomlinson, lors de manifestations contre la tenue du G20, a perdu tragiquement la vie après avoir été quelque peu tabassé par un «gentil bobby».
Quand l'usage de la force l'exige: les gentils ilôtiers se transforment rapidement en troupes de choc. Ah oui, les «bobbies» sont aimables : ils parlent aux touristes, ils sourient et se laissent même photographier. À Montréal, nos agents de la paix, même armés, parlent aussi aux touristes, renseignent le visiteur de passage, participent aux marches populaires, à pied ou à cheval, font des «bye bye» aux enfants dans les parcs depuis qu'on les dit communautaires.
Malheureusement, ils n'apportent pas encore le petit déjeuner, le bacon et les œufs au plat, aux sujets en mal de sensations fortes, aux psychiatrisés «désinstitutionnalisés» et en détresse, aux braqueurs de toute sorte, aux agresseurs armés, aux déprimés menaçants et aux criminels en puissance. »
Quelle hypocrisie collective ou encore quelle folle négation de la réalité que celles qui semblent commander les ténors de l'angélisme social. On demande aux policiers de protéger, d'intervenir, mais de ne jamais faire d'omelette, même s'ils marchent constamment sur des œufs.
Que les gérants d'estrade se rassurent: oui, il faut encadrer l'action policière, se prémunir contre les débordements policiers, se doter de règles claires de gestion en matière de sécurité publique. Oui, il faut tirer au clair les zones d'ombres qui ne devraient pas tolérer le laxisme, la complaisance ou la complicité avec l'institution policière.
Tout en déplorant avec la dernière des énergies les inutiles morts d'hommes; je ne peux, pour en avoir été témoin en quelques occasions dans ma carrière de reporter aux affaires criminelles, malheureusement, que constater qu'il arrive dans la grande majorité des cas que les pauvres victimes ont été les artisans de leur propre malheur. Je n'ai jamais rencontré, pour en connaître quelques-uns, de policiers qui se sont félicités d'avoir abattu un homme. Tous traînent ce cauchemar jusqu'à la fin de leur vie. Certains sont incapables d'en tolérer le simple souvenir. Certains se sont même enlevé la vie.
La police des polices
Qui d'autres que des gens rompus aux enquêtes peuvent donc enquêter sur les opérations policières qui dérapent? À en juger certaines propositions de certains élus en mal de quelques minutes de gloire aussi fugace qu'inopportune, on croirait qu'on est sur le point d'assister à la mise en candidature de La Ligue du Sacré-Cœur ou des Dames de Ste-Anne; ces sempiternels garants de la moralité publique! Ce qui me désole le plus dans tout cela, c'est que j'ironise à peine.
S'il faut en croire certains, ce serait peut-être là l'unique avenue à emprunter pour se prémunir contre tout risque de collusion. On vogue visiblement au gré de nos états d'âme collectifs. Les hommes et les femmes seraient-ils à ce point corrompus qu'on ne peut plus se payer le luxe de faire confiance à nos propres mandataires? La mémoire collective nous fait cruellement défaut. On a aboli au tournant des années 80 ce qui fut la Commission de police du Québec : une structure avec ses vices et ses vertus, présidée par un juge et composée d'avocats, de criminologues, de représentants de la société civile, d'enquêteurs à la retraite et de professionnels. Un organisme indépendant du pouvoir policier, du pouvoir politique (en principe); un organisme que les milieux policiers ont honni, que les citoyens ont souvent dénigré et que les journalistes ont scruté à qui mieux mieux sans y trouver trop à redire.
Pourquoi donc ne pas ramener cette Commission de police. L'ex-criminologue et feu ministre péquiste Guy Tardif qui a été l'auteur d'un ouvrage reconnu et intitulé «Police et politique», a lancé, à l'époque, une citation de son crû devenue tristement célèbre aux yeux de plusieurs : « les politiciens passent, et la police reste. »
Oui, la police reste. On risque d'en parler encore bien longtemps.
Vous dramatisez un peu pas mal .
En bon français, vous beurrez épais en parlant de situations très exceptionelles.
Le travail de policier est un des boulots les plus sécuritaires qui existent.
Vérifiez les statistiques et comparez les aux agriculteurs par exemple.
J'ai aussi fait l'école de police de Nicolet dans les années 70 et je connais très bien le sujet.
J'ai beaucoup de respect pour ceux qui font ce travail et le font bien, mais très peu pour ceux qui le font mal et ils devraient être dénoncés par leurs collègues car ils entachent la profession.
Je veux bien comprendre que les agriculteurs, je ne sais pas pourquoi vous ne faites qu'en parler quand il ne s'agit pas du sujet du présent article, ont un travail qui est difficile, demandant et oui dans certains cas, dangereux ... mais il faut parler d'accidents de travail, la société n'en veut pas aux agriculteurs.
Je n'ai pas encore vu de vidéos sur ''youtube'', d'un groupe qui se bat contre des agriculteurs ou de blog sur comment désarmer un agriculteur pour le tuer et j'en passe plusieurs.
J'ai le regret de vous dire que Nicolet a beaucoup changé depuis les années 70 et je connais aussi très bien le sujet. La société aussi a changé.
Votre dernière phrase fait bien du sens, je dois le dire. Il y a des gens qui ne font pas leurs travail dans bien d'autres corps de métiers.
Je vais terminer sur ce point, l'auteur a bien le droit d'écrire ce qu'il pense, c'est pourquoi il est l'auteur de ce texte. Si vous n"êtes pas content de cet article, écrivez le votre.
Comme vous semblez faire une fixation sur les agriculteurs, que j'utilisais comme exemple,
Je n'ai jamais vu, non plus, d'agriculteurs avec casque anti émeutes et batons, vaporiser des policiers au poivre de cayenne.
L'auteur de ce texte a certainement le droit de l'écrire mais comme c'est un blog, ici, j'ai aussi le droit d'écrire que je le trouve très complaisant envers les policiers et passablement ironiques envers les manifestants et ceux qui réclament plus de transparence dans les enquêtes touchant la police.
Mais qu'est ce qui vous fait tant peur dans des enquêtes vraiment indépendantes sur la police ?
Effectivement, Nicolet a beaucoup changé et de plus en plus, des procédures militaires sont appliquées à la police civile.
Et on voit les résultats.
La police est au service de la population et non le contraire monsieur.
Tous policiers vous diront qu'ils ''assument'' le risque, c'est sûrement la raison pour laquelle ils font ce travail et non vous. Il est facile de critiquer, comme à l'habitude, derrière son écran d'ordinateur.
Pour terminer, lorsqu'un policier meurt en service (se fait frapper par un chauffeur durant une interception de routine, se fait tirer dessus lors d'une intervention avec des criminels, se fait poignarder dans son véhicule alors qu'on lui demande son arme à feu à la pointe d'un couteau) je veux bien croire qu'ils ''assument'' le risque, mais ils ne sont pas responsable de leurs mort. Qui devrait payer ... sûrement la famille. Il ne s'agit pas ''d'accidents'' de travail.
Vous avez raison de dire que le policier est au service de la société ... par contre, le policier n'est pas le souffre douleur de celle-ci.
Vite une dose de gros bon sens à cette société qui ne fait que critiquer et pointer du doigt les autres au lieux de se regarder le nombril.
Voulez vous me faire pleurer en décrivant,comme vous le faites, les policiers comme des souffre douleurs de la société et des mal aimés.
S'il vous plait, un peu de réalisme.
Le boulot d'un policier peut impliquer, mais très rarement, de se battre et recevoir des claques comme vous écrivez mais cela fait partie du travail et ils ont l'entrainement et tous les moyens pour se défendre lorsque cela se produit et ils s'en servent souvent beaucoup plus que nécessaire .
La dose de gros bon sens qui manque à la "société" d'après vous, vous manque peut être aussi un peu si j'en juge par vos propos.
Mais je ne tomberai pas dans le jeu de vous critiquer personnellement ou de continuer cette ''argumentation sans fin'' avec vous.
Pour terminer, comme vous le dites si bien, les policiers ont la formation ainsi que l'entraînement pour faire face a ses situations, selon vous qui connaissez très bien le sujet, je dois comprendre que ce n'est pas assez bon pour la société. Peut être pourriez vous améliorer le programme ? Au lieu de critiquer derrière votre ordinateur.
Ceci sera mon dernier post, mais je ne doute pas que les autres lecteurs pourront argumenter amplement avec vous.
Je comprend que ça peut être utile mais vous y allez un peu fort, il me semble .
Je vous trouve passablement biaisé monsieur Dumas lorsque vous écrivez "Qui d'autres que des gens rompus aux enquêtes peuvent donc enquêter sur les opérations policières qui dérapent?"
Beaucoup d'autres Monsieur Dumas.
Les policiers ont un salaire et des conditions de travail bien au dessus de la moyenne et le risque fait partie du boulot alors, qu'ils l'assument au lieu de le faire subir aux citoyens.
Il y a beaucoup trop de décès lors d'interventions policières et à peu près aucun blâme suite aux enquêtes qu'ils mèment sur eux mêmes .
Il est évident que quelque chose ne tourne pas rond.
Un travailleur de la construction ou un agriculteur qui décède au travail n'a pas de funérailles civiques et pourtant ils sont tout aussi utiles à la société sinon plus.
Les policiers sont au service de la société et pas le contraire.
Vite un organisme d'enquête vraiment indépendant comme le suggérait la protectrice du citoyen.
Aux policiers, ne lachez pas, bon travail!
Aux autres sachez que votre liberté s'arrete ou la mienne commence.
Lorsqu'un viaduc tombe et qu'on veut savoir si les ingénieurs ont fait une erreur de conception, demande-t-on à des chauffeurs d'autobus de faire l'enquête? Non! Les chauffeurs d'autobus ne connaissent pas l'ingénierie donc on demande à des ingénieurs d'enquêter.
Pourquoi faudrait-il que ce soit différent pour le travail des policiers? Pour savoir si un policier a bien agit, il faut que la personne qui enquête sache en quoi consiste le travail du policier. Moi je ne me suis jamais retrouvé face à un individu armé, à un drogué déconnecté de la réalité ou à un psychiatrisé en crise. Alors comment pourrais-je juger si un policier a bien réagit devant la menace? Comme je ne pourrais pas dire si un médecin a bien agit parce que je n'ai aucune formation médicale. Comme je ne pourrais dire si un ingénieur a bien fait son travail parce que je n'ai jamais étudié en Génie.
Et pourquoi trouve-t-on normal que des médecins enquêtent sur des médecins, que des ingénieurs enquêtent sur des ingénieurs, que des avocats enquêtent sur des avocats, mais que pour les policiers il faudrait que ce soit différent?