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Contre l'austérité et solidaire avec les Québécoises

19/02/2015 11:23 EST | Actualisé 21/04/2015 05:12 EDT

J'ai déjà dénoncé les effets néfastes des politiques d'austérité du gouvernement libéral sur les régions du Québec. Aujourd'hui, je souhaite unir ma voix à celles des femmes qui dénoncent l'austérité comme un facteur qui reproduit et aggrave les inégalités entre les femmes et les hommes.

Comme le soulignait récemment la Fédération des femmes du Québec, les coupures de ce gouvernement dans les programmes sociaux et les services publics augmentent la pression sur les épaules des Québécoises.

Le gouvernement Couillard fragilise l'accès à l'emploi, l'autonomie et la sécurité économique des femmes en concentrant les compressions dans des secteurs où elles sont plus présentes, notamment la fonction publique, le milieu de l'éducation et le réseau de la santé et des services sociaux.

En mettant fin à l'universalité de l'accès aux services de garde, il remet en cause un acquis historique pour les Québécoises, pour les familles et pour notre prospérité à tous. La hausse des tarifs aura un impact négatif sur l'accès équitable des femmes au marché du travail.

Par ses compressions, le gouvernement réduit également la capacité d'action des groupes qui offrent un soutien aux femmes en difficulté.

De plus, en s'attaquant aux espaces décisionnels en région que sont les centres de santé et de services sociaux (CSSS), les conférences régionales des élus (CRÉ), les centres locaux de développement (CLD) et les carrefours jeunesse-emploi (CJE), le gouvernement retire la parole aux femmes. Comme le souligne le Réseau des Tables régionales de groupes de femmes du Québec, le projet de loi 28 remet en cause les 19 ententes régionales en matière d'égalité pour les femmes et laisse le développement territorial entre les mains des MRC, composées à 83 % de maires et seulement 17 % de mairesses.

Par ailleurs, en s'attaquant aux programmes et aux organismes voués aux droits des femmes, le gouvernement mine leur capacité à défendre les intérêts des Québécoises.

Il y a quelques jours, on apprenait que le budget du Conseil du statut de la femme sera réduit de presque un demi-million $, ce qui conduira à la fermeture de quatre bureaux régionaux et à la mise à pied de 25 % du personnel.

Le programme À égalité pour décider, qui aide les femmes, notamment en région, à accéder aux postes de pouvoir, sera lui aussi amputé de moitié, passant de 1 million $ annuellement à 500 000 $.

Enfin, on apprenait cette semaine que les concours régionaux Chapeaux les filles!, qui valorisent le travail de femmes inscrites dans des programmes d'études traditionnellement masculins, allaient également écoper.

En faire plus, pas moins

Le Québec est à bien des égards un modèle à l'échelle mondiale en matière de droits des femmes, héritage d'un mouvement riche auquel ont contribué de grandes femmes issues de tous les milieux et de toutes les tendances politiques. Nous avons de quoi être fiers.

Cela ne doit pas occulter les nombreux défis et injustices qui subsistent. Les femmes sont toujours plus nombreuses à vivre dans des conditions de précarité et de pauvreté, particulièrement les mères de famille monoparentale, les femmes seules et âgées, les femmes autochtones, les femmes handicapées, celles qui appartiennent à une minorité visible, les femmes immigrantes d'arrivée récente et les travailleuses moins instruites.

La question de l'équité salariale, quant à elle, est loin d'être réglée. En 2013, l'écart entre les salaires des femmes et des hommes a atteint son plus haut sommet en 10 ans.

Les cas de violence conjugale sont encore trop nombreux au Québec, et les femmes comptent pour 80 % des victimes. Les femmes autochtones en particulier sont surreprésentées parmi les victimes de violence, d'homicides, de disparitions et de trafic sexuel.

Enfin, et c'est un sujet qui me tient particulièrement à cœur, la représentation politique et décisionnelle des femmes ne s'approche toujours pas de la parité. Nous devons prendre les moyens pour que les femmes prennent la place qui leur revient à l'Assemblée nationale, comme dans tous les lieux décisionnels du Québec.

Ainsi, au lieu de cisailler dans les programmes, les institutions et les organismes qui défendent leurs intérêts, le gouvernement doit s'engager à prendre des mesures ambitieuses pour s'assurer que les Québécoises contribuent à la hauteur de leur talent et de leur capacité à notre société.

Il est de notre devoir à tous, et pas seulement aux femmes, de prendre la parole et d'agir. C'est une question de solidarité.

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