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Musique: l'album ressuscité avant sa mort

20/04/2014 09:09 EDT | Actualisé 20/06/2014 05:12 EDT

Que Napster, iTunes ou le iPod soit à l'origine de la révolution de l'industrie de la musique n'a plus vraiment d'importance aujourd'hui. Au Québec, HMV vide ses tablettes de tous ses CD et se concentre sur la vente de DVD et de produits dérivés de l'industrie du divertissement. Sam the Record Man nous a quitté depuis longtemps et Archambault ressemble à une fleur qui pousse dans le ciment, un peu comme les Superclubs Vidéotron, mais a tout de même dramatiquement changé son modèle d'affaire et son offre. Avec tous ces changements, plusieurs experts ont annoncé la mort prochaine du disque. Le disque physique plus précisément. Qu'en est-il en revanche de l'album, le format ?

Cet album de 12 à 15 chansons qu'il n'y a pas si longtemps on achetait - parfois à fort prix - pour n'entendre qu'un seul morceau. Étant un produit des années 80 mais ayant passé ma jeunesse dans les années 90, je connais des dizaines de personnes qui témoigneront que tout ce qui importait à l'époque était d'économiser 20$ pour s'acheter le dernier album de Hootie And The Blowfish et finir par n'écouter que Only wanna be with you.

Avec l'arrivé des iTunes et autres service d'achat de musique en ligne est née une nouvelle possibilité. L'achat à la pièce pour 0,99$ (généralement 1,29$ aujourd'hui). Machine à imprimer des billets pour Apple, Amazon et autres, ce service permettait d'économiser énormément d'argent pour l'amateur qui ne voulait qu'une ou deux pièce du dernier album de Beyoncé. Tellement que les ventes de titre unique versus l'album complet on rapidement pris le dessus.

Selon Nielsen Soundscan, un total de 1,4 milliard de transaction électronique ont eu lieu en 2011. De ce chiffre, seulement 7.5 % représentait des ventes d'albums complets (103 millions). La tendance se dessinait rapidement et il ne fallait pas être un fin analyste pour prédire que le format d'un album de 12 chansons allait bientôt être appelé à disparaitre.

Imaginez un instant un artiste comme Lady GaGa qui génère énormément de « buzz » lorsqu'elle lance un nouveau disque. Il est désormais possible avec les réseaux sociaux de tenter de recréer le même bruit plusieurs fois par année. En synchronisant bien les sorties de simple, un artiste peut faire parler de lui autant pour la sortie d'une seule chanson que d'un album. Ka-ching !

Puis, l'arrivé du streaming est venu chambouler l'industrie une fois de plus.

Pas encore aussi populaire au Québec qu'aux États-Unis et en Europe, les services de streaming de musique commencent à générer de plus en plus de revenus. Alors que les revenus totaux de l'industrie de la musique étaient en baisse de 3.9% en 2013, les services de streaming ont augmenté les leurs d'un peu plus de 15 %, allant complètement à contresens du marché.

Pour 9.99$ par mois, Rdio, disponible au Canada, vous offre plus de 20 millions de titres à ajouter dans votre « collection ». Écoute illimitée, merci beaucoup. À ce prix, qui se pose encore la question à savoir si on achète qu'une ou deux chansons sur le dernier de Miley Cyrus ? En un clic, l'album complet se retrouve disponible pour écoute immédiate. L'achat à la pièce est en voie de disparition avant même avoir eu la chance de régner pour un temps considérable. Avec un prix fixe par mois, l'achat de simple n'existe plus. Mieux encore, ces services se basent sur vos goûts et les titres et artistes que vous ajoutez à votre collection afin de vous proposer des listes d'écoute ou des « stations » basées sur vos préférences. Comme avoir un Songza à même votre service d'abonnement. Avantage que le simple achat de musique en ligne est loin de pouvoir offrir.

L'achat pur est maintenant l'aspect de l'industrie qui est en voie de disparition. Le streaming prendra bientôt toute la place. Vision du futur ? L'achat en ligne deviendra vite marginal et les maisons de disques capitaliseront rapidement sur la situation pour offrir des albums bonifiés (non disponible en streaming) pour achat physique. Je doute par contre que cette opération de défibrillateur soit suffisante pour redonner un souffre à l'album physique tel que nous l'avons connu.

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