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Broadway n'est plus ce qu'il était

Publication: 09/05/2013 10:23

Notre production des Orphelins de Lyle Kessler à Broadway s'achèvera le dimanche 19 mai, bien plus tôt que sa fin initialement programmée au 30 juin. Je n'avais pas joué dans une grosse production sur Broadway depuis Un tramway nommé Désir en 1992, ayant choisi pour mes quatre derniers spectacles de jouer plutôt "pour la gloire que l'argent" à New York aussi bien qu'en région. Broadway a changé ces 21 dernières années et j'avais envie d'en parler.

Un tramway nommé désir était produit entre autres par l'organisation Schubert. Jerry Schoenfeld, aujourd'hui représenté à Broadway par son héritage et la salle que nous occupons actuellement était alors bien en vie, et semblait très enthousiaste à l'idée de m'apprendre quelques astuces pour attirer le public vers une production non musicale. Malgré les tensions survenues lors des répétitions du drame célèbre de Tennessee Williams -et il y en eut quelques-unes, Jerry s'était assuré qu'elles n'affecteraient pas nos relations publiques. Une mauvaise presse pour un film ou un spectacle peut en effet sérieusement compromettre vos chances. Le recours à une campagne de pub bien conçue ou bien orchestrée pour influencer le public est alors perdu. Les premières impressions comptent vraiment. Or, si ce sont des "problèmes" qui en ressortent d'abord, il est difficile de se sortir de cette impasse.

Un acteur a été renvoyé durant notre spectacle. Ce sont des choses qui arrivent. J'ai déjà été licencié, et je peux vous dire que ce n'est pas drôle. Mais la culture tabloïd qui domine les médias aujourd'hui et qui s'est débarrassée de presque tous les principes journalistiques, s'empresse d'évoquer l'aspect le plus sensationnel d'une histoire sans s'embarrasser de la réalité des faits. Elle publie au plus vite l'information la plus accablante/salace/dommageable possible et la remplace encore plus vite par un nouvel "événement".

Je puis vous assurer que, dans le cas des Orphelins, il n'y a pas eu manque de professionnalisme ou de courtoisie envers les parties "lésées"; mais parfois, ça ne peut tout simplement pas marcher.

Depuis 1992, le journalisme tabloïd et son impact viral, en particulier sur Internet, a changé Broadway.

Le New York Times reste un acteur clé dans la vie d'une production à Broadway. L'imprimatur du Times est un guide nécessaire pour les gens qui n'ont pas les moyens de s'acheter des billets sans cesse ou pour ceux qui viennent à New York pour profiter des spectacles et ont besoin d'une opinion digne de confiance pour savoir sur quoi investir leur temps et leur argent. En 1992, Frank Rich était le célèbre chef de critique théâtrale pour le Times. Rich était craint par beaucoup et même haï de certains. Il était néanmoins considéré comme un critique qui savait écrire et connaissait son métier. Après son départ, nombreux sont ceux qui ont loué son intelligence et son honnêteté.

Ben Brantley, qui, je le dis d'emblée, n'est pas vraiment un de mes fans (j'imagine que même John Simon doit avoir son Amanda Plummer), n'est pas un bon écrivain. Là où Rich montrait sa pertinence sur ce qui fonctionnait ou pas sur scène, Brantley est comme un commis à la Dickens, étrange, sec, aigri, ne cherchant qu'à rassembler un recueil de critiques sur le théâtre, dont l'essentiel n'a souvent rien à voir avec ce qui se passe vraiment sur scène. Brantley entraîne le Times à ne s'intéresser qu'à la performance. Au delà de l'impact évident qu'une critique faiblarde ou très mauvaise dans le Times peut avoir sur les ventes, particulièrement auprès des agences de réservation pour les touristes, personne dans le milieu théâtral ne lit Brantley autrement que comme un docteur examine une radio pour déterminer si vous avez un cancer. Brantley est moins prompt à élaborer une vraie critique qu'à faire comprendre à certains qu'ils ne sont pas les bienvenus à Broadway.

Si vous n'êtes pas le genre de Brantley, à quoi bon? Et c'est justement cette approche "À quoi bon" de Brantley que je trouve la plus troublante.

Le travail d'un critique est d'évaluer deux choses: ce que vous essayez de faire sur scène et la façon dont vous vous en tirez. Intellectuels ou pas du tout, Shakespeare, Williams, films comme Very Bad Trip ou comme Lincoln, tous méritent le même traitement. Si c'est bon à jeter, dites-le. Est-ce que ça peut passer quand même ou la barre est-elle trop basse? Dites-le aussi. La pièce est-elle ambitieuse et révolutionnaire? Prenez-le en considération. Mais ne dites jamais: "A quoi bon?".

Dans le cas des Orphelins, Brantley a écrit: "A quoi bon?". Cela équivaut à cracher au visage du dramaturge, des producteurs, et de tous les investisseurs, des acteurs et du metteur en scène, des décorateurs et des Schubert, qui tous ont pourtant connu le succès au théâtre. Brantley déclare que nous avons eu tort d'avoir même essayé. Mais que serait le théâtre si tout le monde pensait comme ça?

Jusqu'ici nous avons joué 48 fois et nous avons obtenu 48 standing ovations. Ce n'est pourtant pas facile avec un drame. Bien sûr, cela ne veut pas forcément dire que c'est un excellent spectacle; mais, pour moi, cela montre tout de même que Brantley crache aussi à la figure de notre public. Bien sûr que vous avez le droit d'écrire que vous n'avez pas aimé quelque chose. Mais à Broadway, essayez au moins de ne pas vous moquer de ceux qui l'ont appréciée.

Lors de sa dernière année de critique, Frank Rich était vraiment de mauvaise humeur. Il détestait presque tout et il admit plus tard que vers la fin, il n'appréciait plus vraiment d'aller au théâtre. Peut-être que c'est ce qui arrive à Brantley, qui occupe son poste depuis 1996 (difficile à croire) et semble avoir passé la saison actuelle de Broadway à se tortiller/écrire dans la douleur.

Je lis la version papier du Times chaque jour et je pense que je continuerai, indépendamment de (ou dans le cas de Brantley, en dépit de) qui couvre le théâtre. Mais le côté "A quoi bon" ne semble pas du tout approprié au Times. Et avec le critique Charles Isherwood, plus clairvoyant, et qui attend son tour, je pense qu'il est temps pour le Times de se débarrasser de Brantley. Je ne connais absolument personne à qui Brantley ou ses articles manqueront.

Les Orphelins vont bientôt s'arrêter, marquant la fin de l'excellent travail de Dan Sullivan et de son équipe de décorateurs, de l'équipe en coulisse, des acteurs et de leurs doublures. Je suis très heureux pour Tom Sturridge et sa nomination au Tony. Quel accueil fantastique de la part de Broadway envers un jeune acteur si talentueux!

Je voulais par-dessus tout remercier Ben Foster, qui suite au bouleversement du casting, a été parachuté à New York et a sauvé la pièce. Non seulement Ben est un acteur vraiment doué, mais c'est aussi l'un des plus grands gentlemans avec lesquels il m'a été donné de travailler. Chaque soir avant nos entrées sur scène respectives, Ben me faisait un signe d'encouragement, par exemple une claque dans le dos, pour me signifier que nous étions dans le même bateau. Certains soirs, ce geste à lui tout seul me donnait l'élan pour me lancer.

Et merci à toi Lyle. Ça valait le coup pour moi parce que tu étais là, Lyle, ainsi que ta belle et étrange écriture. Sans auteur dramatique, rien n'est possible. Je n'oublierai jamais ta pièce, Lyle. J'aurais simplement souhaité que nous vous ayons amené à cette pièce et à toi, le succès que vous méritiez.

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