Alain-G. Gagnon

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Notes de campagne

Publication: 02/08/2012 16:01

La campagne électorale est maintenant lancée. Les attentes de la population québécoise varient d'une région à l'autre, d'une communauté linguistique à l'autre, d'un segment de la société à l'autre.

Loin des enjeux des élections précédentes portant sur l'identité et les accommodements raisonnables (2008, 2007), la réingénierie de l'État (2003, 1998), la question nationale (1994) les partis politiques en lice tentent d'imposer LEUR propre enjeu de la campagne. Le parti ministériel de Jean Charest cherchera à miser sur la loi et l'ordre en instrumentalisant le conflit étudiant. Conflit que le gouvernement libéral a sciemment alimenté au cours des quatre derniers mois. Le Parti québécois dirigé par Pauline Marois cherchera à dénoncer le régime de copinage et de collusion entretenu par le gouvernement Charest en misant sur les valeurs d'intégrité. Quant à la Coalition Avenir Québec, qui prend le relais de l'Action Démocratique du Québec, elle tentera de se faufiler entre les deux principales formations politiques en proposant une vision comptable de l'État, tout en cherchant à mettre sous le boisseau la question nationale.

Au-delà de l'enjeu central de la campagne, il y a bien sûr les défis auxquels chacun des chefs devra se mesurer. Jean Charest devra faire la démonstration que son parti a pu se renouveler suffisamment lui qui a de la difficulté à retenir les meilleurs éléments de son sérail (Séguin, Couillard, Pelletier, Jérôme-Forget) ou qui est prêt à sacrifier les femmes fortes recrutées par sa formation (Normandeau, Beauchamp, Courchesne). Après neuf années d'usure, avec une autorité morale qui a été mise à mal plusieurs fois au cours des dernières années et sans exigences concrètes face à Ottawa, le PLQ doit démontrer comment le Québec pourrait sortir plus fort de l'exercice démocratique actuel.

Le Parti québécois qui aurait normalement dû profiter de l'alternance politique en régime parlementaire peine à dépasser la barre des 30% d'appui dans l'électorat. Pauline Marois est non seulement parvenue à éviter l'éclatement de son parti, mais a réussi à recruter des candidats de prestige (Hébert, Duchesne, Lisée, Bureau-Blouin) et à donner un nouveau souffle à sa formation. Deux faiblesses à noter. Tout d'abord, le parti semble avoir perdu son ancrage dans le milieu économique alors qu'il avait pu compter dans le passé sur les Parizeau, Campeau, Landry, Legault. Ce filon semble tari. Puis, les souverainistes les plus pressés hésiteront à donner leur vote au PQ si la question nationale n'est pas au cœur de la campagne. Ils pourraient être tentés de voter pour Québec solidaire ou Option Nationale. D'autres électeurs sympathiques au PQ pourraient opter pour la CAQ s'ils voient que le PQ met trop l'accent sur le scénario référendaire. Principale carte maîtresse du PQ : celle de l'intégrité et du bon gouvernement comme ce fut le cas à l'élection de novembre 1976 qui a donné au parti son premier gouvernement majoritaire avec 41 % des appuis.

La Coalition Avenir Québec de François Legault a démarré la campagne du bon pied en dénonçant les « enveloppes brunes » et les odeurs de corruption qui flottent au-dessus de l'attribution des contrats gouvernementaux. Le message est clair, simple et porteur. La principale force de Legault est d'avoir su aligner des porte-parole crédibles en provenance du milieu des affaires. Sa principale faiblesse est de vouloir enterrer la question constitutionnelle alors qu'elle est incontournable s'il veut par exemple s'attaquer à la Commission pan-canadienne des valeurs mobilières, encadrer le pouvoir fédéral de dépenser (fédéralisme fiscal) et obtenir le transfert de pouvoirs dans les domaines de la culture et des télécommunications. Pour Legault, la question constitutionnelle est une perte de temps et d'énergie. Pourquoi mettre le Québec hors jeu de la sorte alors que les principales formations politiques à Québec pourraient faire front commun et réclamer des pouvoirs permettant au Québec de mieux tirer son épingle du jeu au sein de la fédération ?

La campagne électorale sera passionnante si l'on en croit les premières salves.

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  • Jean Charest - Parti libéral du Québec

    Né à Sherbrooke le 24 juin 1958 Marié, père de trois enfants Formation en droit. Admis au Barreau du Québec en 1981. Avant d'entrer en politique: pratique le droit à Sherbrooke Entrée en politique: en 1984, candidat pour le Parti progressiste-conservateur du Canada dans Sherbrooke. Élu député fédéral lors des élections générales à l'âge de 26 ans. <strong>Carrière politique: </strong> Au fédéral, il est nommé ministre d'État à la Jeunesse en 1986 à l'âge de 28 ans. Devient le plus jeune membre d'un cabinet fédéral. Il est ensuite ministre d'État à la Condition physique et au Sport amateur, leader adjoint du gouvernement, président du Comité parlementaire spécial pour le projet de résolution d'accompagnement à l'Accord du lac Meech, ministre de l'Environnement, ministre de l'Industrie et des Sciences, vice-premier ministre, candidat au leadership du Parti progressiste-conservateur du Canada en 1993, chef du Parti progressiste-conservateur, vice-président du Comité national des Québécois pour le Non pendant la campagne référendaire au Québec en 1995. Au plan provincial: il devient chef du Parti libéral du Québec en avril 1998 et chef de l'opposition officielle en décembre de la même année, il est assermenté comme premier ministre du Québec le 29 avril 2003, de nouveau le 18 avril 2007 et le 18 décembre 2008.

  • Pauline Marois - Parti québécois

    Née à Québec le 29 mars 1949 Mariée et mère de quatre enfants <strong>Formation</strong>: baccalauréat en service social, Université Laval et maîtrise en administration des affaires (MBA) aux HEC, Université de Montréal Avant d'entrer en politique: consultante budgétaire, responsable du service animation, coordonnatrice du cours en assistance sociale, directrice générale d'un CLSC, attachée de presse, consultante, directrice de cabinet, professeur à l'Université du Québec à Hull <strong>Carrière politique</strong>: députée de La Peltrie de 1981 à 1985, puis députée de Taillon de 1989 à 2006, puis députée de Charlevoix depuis 2007. Elle a été ministre d'État à la Condition féminine, de la Main-d'oeuvre et de la Sécurité du revenu, présidente du Conseil du trésor, ministre des Finances et ministre du Revenu, ministre responsable de la Famille, ministre de l'Éducation, ministre de la Famille et de l'Enfance, ministre d'État à la Santé et aux Services sociaux, ministre de la Recherche, de la Science et de la Technologie, ministre d'État à l'Économie et aux Finances, ministre de l'Industrie et du Commerce, vice-première ministre.

  • François Legault - Coalition avenir Québec

    Né à Sainte-Anne-de-Bellevue le 26 mai 1957 Marié, père de deux enfants <strong>Formation</strong>: baccalauréat en administration des affaires (comptabilité publique), MBA en finances des HECAvant la politique: directeur du marketing chez Québécair, cofondateur d'Air Transat en 1986, en devient le pdg jusqu'en 1997. Administrateur de sociétés comme Provigo, Culinar, Sico. Fellow de l'Ordre des comptables agréés du Québec. <strong>En politique</strong>: élu député péquiste de Rousseau en novembre 1998. Réélu en 2003, 2007 et 2008. Ministre de l'Industrie, du Commerce, de la Science et de la Technologie, ministre d'État à l'Éducation et aux Jeunes, ministre de l'Éducation, ministre d'État à l'Éducation et l'Emploi, ministre d'État à la Santé et aux Services sociaux. En 2011, il fonde un nouveau parti, la Coalition avenir Québec.

  • Françoise David - Québec solidaire

    Née à Montréal en 1948 <strong>Formation</strong>: baccalauréat en service social (organisation communautaire) de l'Université de MontréalAvant la politique: travaille en service social dans le quartier centre-sud de Montréal, coordonnatrice du Regroupement des centres de femmes, présidente de la Fédération des femmes du Québec. Elle organise notamment la Marche des femmes contre la pauvreté «Du pain et des roses» et la Marche mondiale des femmes contre la pauvreté et la violence en 2000. <strong>En politique</strong>: porte-parole du mouvement Option citoyenne, puis porte-parole de Québec solidaire lors de sa création en 2006. Candidate pour Québec solidaire en 2007 et 2008 dans Gouin où elle termine deuxième.

  • Amir Khadir - Québec solidaire

    Né le 12 juin 1961 à Téhéran, en Iran. Immigre au Québec à l'âge de 10 ans. Marié et père de trois filles. <strong>Formation</strong>: baccalauréat en physique Université de Montréal, maîtrise en physique Université McGill, doctorat en médecine Université Laval, spécialité en microbiologie-infectiologie Université de MontréalCarrière avant la politique: médecin microbiologiste-infectiologue au Centre hospitalier Pierre-Le-Gardeur à Lachenaie. A fait partie de la Coalition des médecins pour la justice sociale, a fait des missions pour Médecins du monde en Irak, en Afghanistan et en Palestine. A présidé le conseil d'administration du SUCO. <strong>Carrière politique</strong>: candidat du Bloc québécois dans Outremont en 2000, candidat de l'Union des forces progressistes dans Mercier en 2003, premier député élu de Québec solidaire dans Mercier en 2008

  • Jean-Martin Aussant - Option nationale

    Né à Sorel-Tracy le 1er juin 1970 <strong>Formation</strong>: baccalauréat en administration des affaires et études en actuariat, Université Laval; maîtrise en sciences économiques, Université de Montréal; études au doctorat en analyse économique, Université Autonoma de Barcelone, Espagne. Avant d'entrer en politique: agent de recherche au CIRANO, vice-président Morgan Stanley Capital International, gestionnaire de portefeuille principal, Investissements PSP. <strong>Carrière politique</strong>: élu député de Nicolet-Yamaska aux élections générales du 8 décembre 2008 sous la bannière du Parti québécois. Porte-parole de l'opposition officielle pour les dossiers de développement économique, institutions financières, commerce international. Il quitte le Parti québécois en juin 2011, siège comme indépendant, puis annonce la création d'Option nationale.

  • Répartition des 125 sièges à la dissolution de l'Assemblée nationale

    Parti libéral du Québec (forme le gouvernement): 64 députés Parti québécois (forme l'opposition officielle): 47 députés Coalition avenir Québec: 9 députés Option nationale: 1 député Québec solidaire: 1 député Indépendants: 2 députés Circonscriptions vacantes: 1 (Bourassa-Sauvé) <strong>Résultats du scrutin du 8 décembre 2008</strong> Parti libéral du Québec: 1 366 046 votes (42,08 %) Parti québécois: 1 141 751 votes (35,17 %) Action démocratique/Équipe Mario Dumont: 531 358 votes (16,37 %) Québec solidaire: 122 618 votes (3,78 %) Taux de participation: 57,43 % ou 3 295 914 votes Bulletins valides: 3 246 333 ou 98,5 %

 
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