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Kabylie, casus belli

28/04/2014 11:26 EDT | Actualisé 28/06/2014 05:12 EDT

Mais finalement, que cherche la dictature d'Alger vis-à-vis des populations habitant ce vaste territoire appelé Algérie? Les terrifiantes images et vidéos prises lors de la manifestation kabyle, à l'occasion de la célébration des Printemps berbère et noir, en cette date charnière du 20 avril, à Tizi-Ouzou sont sans ambiguïté: la guerre est déclarée.

Grugé par sa frauduleuse opération électorale et renforcé par le silence occidental, le régime algérien décide de sévir en puissance contre une région frondeuse et porteuse de sa chute et la fin de son règne. 10 000 émeutes par année, des scandales financiers internationaux et une jeunesse souffrant le martyr n'ont pas ébranlé la citadelle de la caste algérienne pour laquelle seuls importent la permanence au pouvoir et le pillage du pays, peu importent le coût et les moyens.

Cela fait des mois que les Mozabites se font massacrer par des bandes de voyous protégés par des Casques bleus algériens, les Chaouis se sont fait insultés par le directeur de campagne électorale, ex-premier ministre de Bouteflika et maintenant ce sont les jeunes Kabyles qui se font chasser, brutaliser, traîner par terre, battre à coup de Rangers, humilier et tabasser sur toutes les parties du corps dans l'impunité totale. Il faut dire que ces scènes en rappellent d'autres faites en silence, celles du Printemps noir de 2001 où 128 citoyens kabyles ont été achevés à bout portant sans que le moindre acteur ou responsable ne soit jugé ou même inquiété. C'était déjà le règne de Bouteflika, il y a...13 ans et la répression, sans prendre une ride, continue plus féroce que jamais alors que son tuteur est sur le lit de la mort.

Il est clair que ce fascisme étatique qui perdure depuis 52 ans n'est pas l'œuvre uniquement d'un individu imbu de sa personne, mais l'œuvre d'un système mafieux-militaire, légué et sponsorisé par l'ex-colonisateur, fort non pas d'une légitimité quelconque, mais d'une violence impitoyable, d'une rente pétrolière et d'une complicité occidentale. L'Europe, et notamment la France qui ferme les yeux sur les violations quotidiennes des Droits de l'Homme du coté Sud de ses frontières, accueille et soigne dans ses hôpitaux le premier responsable de ses violations, se sont rendus coupables de non-assistance à personnes en danger. À partir de là, ni des remontrances de Paris, ni des conseils de Washington ne peuvent arrêter l'hydre algérienne dans sa brutalité. Seule une explosion intra-muros mettra fin à l'injustice.

Il est également clair que l'explosion ne viendrait ni de l'Ouest algérien, bastion du clan au pouvoir, ni de l'Est, fief du dernier lièvre aspirant au pouvoir, ni des officiers et autres généraux véreux protecteurs du pouvoir et encore moins de la "capitale" siège social du pouvoir. La dernière mascarade électorale a montré encore une fois que la prétendue aspiration démocratique "nationale" n'est pas pour demain et la contestation politique est sans lendemain. L'agitation préélectorale de "Barakat", les rassemblements pompeux des "boycotteurs" et le verbiage opportuniste du "challenger" qui ont rempli la toile et l'atmosphère pendant de longs mois sont tombés à l'eau comme une feuille morte à la fin de l'automne annonçant à priori un hiver glacial en Algérie.

tizi ouzou

Image de Tizi Ouzou


C'est cette conjoncture qui a encouragé la police algérienne à réprimer à Tizi-Ouzou, deux jours après le spectacle électoral, mais un volcan maritime ne s'éteint qu'avec l'émergence d'une nouvelle île, île de liberté, de démocratie et de citoyenneté. À l'instar des Saddam, Kadhafi et Ceausescu, les dictateurs ont été rattrapés par leurs actes et face à un régime algérien autiste aux revendications légitimes et devant l'humiliation permanente, la réplique ne peut être que plus forte. Décidément la messe est dite et la guerre déclarée par Bouteflika et sa police aux Kabyles, aux Mozabites ainsi qu'à tous les Algériens appellera une réponse à la hauteur des luttes passées et des sacrifices consentis. Ainsi est faite l'histoire.

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