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On ne crée pas la richesse en la répartissant

06/01/2016 10:06 EST | Actualisé 06/01/2017 05:12 EST

L'entrepreneur Alexandre Taillefer mérite des félicitations pour avoir été nommé la Personnalité Gestion et Entrepreneuriat de l'Année de La Presse.

En revanche, j'ai sourcillé quand il a récemment affirmé «qu'une société riche, c'est une société de gauche, c'est une société socialiste». Une société de gauche, est-ce vraiment une société riche?

Pour répondre à la question, il faut au départ s'entendre sur les termes. Une société de gauche, certains diront que c'est une société plus égalitaire, qui répartit la richesse plus justement. Pour moi, c'est une société où l'État a une propension à intervenir «beaucoup» pour supposément redresser les mauvais côtés du «capitalisme». Une façon de mesurer ce degré d'intervention, c'est de calculer la proportion de taxes et impôts qui sont confisqués par l'État.

Quant à la définition de la «richesse», ici aussi on peut s'enfarger dans les définitions. Richesse matérielle, richesse spirituelle, niveau de bonheur? Ce sont toutes de bonnes réponses mais pour les fins de mesure, la meilleure façon de calculer la «richesse» d'une société, c'est par la valeur des biens et services produits collectivement, par exemple le produit national brut.

De retour à la question. La recherche économique est claire: les pays qui sont économiquement libres ont de meilleurs indicateurs de bien-être que les pays qui ne le sont pas. Plusieurs facteurs influencent la liberté économique, mais deux des principaux sont le degré d'intervention de l'État et le fardeau fiscal. Ainsi, un gouvernement qui intervient et taxe beaucoup risque de produire des indicateurs de bien-être plus faibles que celui «de droite» où il y a plus de liberté économique.

Pourquoi en est-il ainsi?

Quand vous concluez librement une transaction, elle bénéficie aux deux parties - sinon, il n'y aurait pas de transaction. Quand vous êtes libre de dépenser votre argent, le fournisseur doit vous prouver que le bien qu'il vous vend est le meilleur au plus bas prix possible. Mais quand l'État vous confisque votre argent pour le dépenser lui-même, cette dynamique n'existe plus.

Le citoyen doit dans ce cas payer la facture (sous forme de taxes) même si elle est trop élevée pour ce qu'il reçoit et doit docilement accepter en retour les services étatiques fournis, aussi mauvais et dispendieux soient-ils et qu'il les veuille ou non. De plus, les politiciens et hauts fonctionnaires n'ont pas l'incitatif de bien servir le client au meilleur prix possible. Ils gaspillent votre argent, car ils prennent en considération des facteurs comme les pressions des groupes d'intérêt et l'achat de votes.

Le Québec est la province la moins économiquement libre du Canada et la plus «à gauche». On ne s'étonnera donc pas qu'il soit aussi l'une des provinces les moins riches du Canada.

On ne crée pas la richesse en la répartissant. Et le gouvernement ne la crée pas non plus, car tout ce qu'il donne à l'un, il l'a confisqué de l'autre. Il est temps de changer la vieille recette de gauche appliquée au Québec depuis 40 ans qui nous appauvrit à petit feu.

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