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Québec et PISA: ce n'est pas vraiment vrai

16/12/2013 12:28 EST | Actualisé 14/02/2014 05:12 EST

Les résultats du Programme international pour le suivi des acquis des élèves (PISA) classent le Québec au premier rang parmi les pays occidentaux et les provinces canadiennes. Peut-on conclure de ces résultats que le système d'éducation québécois est un des meilleurs au monde comme le fait Alain Dubuc dans un article de La Presse intitulé Est-ce vraiment vrai? Pas du tout.

Ce qu'évalue le PISA

Trois domaines sont évalués : les mathématiques, les sciences et la lecture.

En mathématiques, le PISA évalue des connaissances mathématiques minimales permettant de fonctionner dans la vie de tous les jours. Rien de plus. Le niveau semble près de l'arithmétique que l'on enseignait en 6e année, dans les années '60, au Québec. Il ne correspond nullement au niveau des programmes de mathématiques des pays occidentaux qu'ont suivis des élèves de 15 ans. Les étudiants pourraient très bien réussir le PISA et échouer lamentablement l'examen ministériel de secondaire IV.

Quant à la lecture, le PISA mesure la compréhension de base d'un texte : lire et comprendre une posologie, un bref texte informatif au vocabulaire restreint et comportant des structures de phrases élémentaires. Il n'y a aucune évaluation sur la maîtrise de l'écrit. Encore là, un élève peut très bien réussir le PISA et ne pas posséder les habiletés requises pour faire des études collégiales.

La population à qui on fait passer les examens

Ce n'est pas un échantillon de la population de 15 ans qui passe les examens, mais un échantillon de la population de 15 ans se trouvant sur les bancs d'école. Ceux et celles qui, à cet âge, ont décroché ne s'y retrouvent pas. Dans un groupe de 10 personnes dont la moyenne est de 75%, l'ajout d'une onzième personne (qui représentera alors 9% de la population) avec une note de 30% fait tomber la moyenne à 70,9%. Il y a donc clairement surestimation, bien que difficile à évaluer.

Cesser de se cacher la tête dans le sable

Juger de la qualité du système d'éducation d'un pays seulement à partir des résultats à un examen international, aussi méthodologiquement crédible soit-il, est aussi simpliste que de juger de la santé d'une économie à partir du taux de chômage des 15-24 ans. Même si la république de satisfaits du monde gouvernemental de l'éducation s'accrochera à la première branche, venue pour affirmer que nous n'avons besoin que de fine tuning, on sait - notamment grâce aux résultats de l'examen uniforme de français du ministère à la fin du collégial - que la maîtrise du français lu et écrit des étudiants issus de nos écoles gouvernementales est très faible. On sait aussi que leur culture générale est, le plus souvent, réduite à très peu, que leur taux de décrochage demeure très élevé, que leur taux d'obtention d'un diplôme universitaire est nettement plus faible qu'ailleurs au Canada et que le taux d'illettrisme, une fois les bancs d'école quittés depuis quelques années, est alarmant. Pour renverser la vapeur, il faut cesser notre aveuglément volontaire et exiger plutôt un système qui placera la recherche de l'excellence, les besoins de nos enfants et l'action constructive des parents au cœur de son fonctionnement.

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