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J'aurais aimé que mon nom soit dans les Panama Papers

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Je me suis déjà renseigné sur la possibilité d'ouvrir un compte offshore mais on m'a expliqué qu'il y a belle lurette qu'un résident canadien ne peut plus vraiment sauver d'impôt de cette façon. La loi de l'impôt oblige en effet tout contribuable à déclarer tous ses revenus, même ceux détenus dans des comptes à l'étranger. On doit aussi divulguer l'existence de ces comptes et d'autres détails selon l'importance des sommes. Et puisqu'il existe des traités entre le Canada et ces juridictions permettant l'échange d'information, un contribuable canadien voulant cacher son butin offshore n'est aucunement à l'abri des regards de l'Agence du revenu du Canada.

Les sociaux-démocrates progressistes du Québec font leurs choux gras du «scandale». Les contribuables ne doivent pas pratiquer l'évasion fiscale, qui est illégale, disent-ils. Soit, mais c'est différent de l'évitement fiscal, c'est-à-dire l'utilisation de tous les moyens légaux à sa disposition pour payer le moins d'impôt possible. Pourtant, notre bien-pensance veut aussi que cesse l'évitement fiscal. Pourquoi? Parce que c'est «immoral».

Désolé, mais la taxation n'a rien de moral. Pour vous en convaincre, prenons cet exemple énoncé par l'éditorialiste Kevin Libin.

Si quelqu'un vous confronte dans une ruelle et vous demande votre argent sous peine de menace, c'est du vol, pur et simple. Si trois personnes vous confrontent, c'est aussi du vol.

Est-ce différent s'ils sont dix mais qu'ils ont pris un vote avant leur méfait? Ou s'ils vous ont permis de voter à leur assemblée? Et s'ils sont 1 000 et qu'ils redonnent une partie du butin à une soupe populaire pour aider les pauvres, ou encore s'ils vous en redonnent une partie à vous-même... et s'ils vous offrent en plus un bol de soupe? Et quelle est la différence si huit millions de Québécois vous envoient une cotisation fiscale avec une menace de saisir vos biens si vous ne payez pas?

Vous voyez mon point : à un certain point, l'acte illégitime de voler quelqu'un devient une taxation «morale» s'il est imposé par plusieurs dans une «démocratie», surtout si les leaders du groupe portent le nom de député, ministre du Revenu, ou juge de la Cour de l'impôt. Et il serait immoral de ne pas la verser, même si elle est gaspillée à donner des indemnités de départ à des députés démissionnaires ou de grasses subventions à des multinationales qui n'en ont pas besoin, à rembourser des sénateurs pour leurs comptes de dépenses gonflés ou à accorder des contrats aux amis du parti.

Chers Québécois, soyez plutôt des modèles de moralité en tentant légalement de payer le moins d'impôt possible.

Au pis aller, on dira que vous n'êtes pas assez «nationaliste» ou, comme l'a dit Amir Khadir au sujet de Pierre Karl Péladeau, que vous manquez de loyauté envers le Québec.

Mais vous pourrez sourire en sachant que toute partie de vos revenus qui ne va pas à l'impôt sera épargnée, investie ou dépensée de façon productive dans l'économie de la nation québécoise, et que ce qui restera dans vos poches ne sera pas gaspillé par notre gouvernement prodigue.

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