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La Terre se portera bien, n'en déplaise à Élan global

09/04/2015 11:00 EDT | Actualisé 09/06/2015 05:12 EDT

À quelques jours du Sommet de Québec sur les changements climatiques le 14 avril (et de l'inévitable marche citoyenne qui la précédera) et de la Journée de la Terre la semaine suivante, un collectif d'artistes et d'environnementalistes lance le mouvement « Élan global » et nous annonce avec tambours et trompettes que la survie même de notre espèce (rien de moins!) est mise en cause par l'exploitation pétrolière. Nous serions les dernières générations à pouvoir empêcher l'irréparable et l'implacable destruction de notre avenir. Selon ces âmes bien pensantes, l'essentiel des réserves de combustibles fossiles doit demeurer enfoui dans le sol pour éviter un tel destin.

J'ai une mauvaise nouvelle pour eux. Selon l'Agence internationale de l'énergie, la consommation mondiale de pétrole augmentera de 13% d'ici 2040, résultat entre autres de la hausse massive des populations des économies émergentes (dont 1,3 milliard de Chinois) qui veulent obtenir pour leur famille le même niveau de vie que celui dont nous jouissons au Canada.

Remarquez que ce n'est pas la première fois que le bon peuple est exposé à un discours fantaisiste et émotif de son élite sur les dangers de la surexploitation des ressources par l'humanité. En 1798, Thomas Malthus remarquait que les populations vivantes tendent à avoir une croissance géométrique alors que les ressources semblent ne pouvoir croître que de façon linéaire. Du fait que toute croissance géométrique, aussi lente soit-elle, finit toujours par dépasser toute croissance linéaire, aussi rapide soit elle, il déduit qu'une catastrophe démographique est inévitable à moins d'empêcher la population de croître. On peut constater 217 ans plus tard qu'il n'en fut rien. La population a continué à croître et les ressources de notre planète Terre font vivre aujourd'hui près de 7 milliards d'êtres humains.

Ce genre d'alarmisme a été repris par plusieurs défaitistes, dont Paul R. Ehrlich, dans son livre La Bombe P. La thèse du livre prédisait en 1968 qu'une famine massive aurait lieu au cours des années 1970 et 1980, notamment à cause de la croissance de la population mondiale, et demandait que des actions politiques soient immédiatement mises en place pour limiter la croissance démographique.

Pourquoi ces calamités tant redoutées ne se sont-elles pas produites?

Ces oiseaux de malheur ne comprennent pas la nature humaine et voient le monde de façon statique. Pourtant, l'être humain est doté de multiples ressources qu'il peut exploiter de façon créative quand on lui donne la liberté de le faire. Nos grand-mères disaient bien que la nécessité est la mère de l'invention. La liberté économique, qui ouvre la possibilité d'augmenter la production si c'est payant de le faire, conduit à de nouvelles connaissances et de nouvelles découvertes qui nous permettent de trouver de nouvelles richesses naturelles et de mieux les exploiter pour améliorer notre sort et celui de nos concitoyens. C'est ainsi, par exemple, que les nouvelles technologies en agriculture ont permis d'augmenter de façon exponentielle les rendements agraires en utilisant moins de terres agricoles et moins de ressources hydrauliques. Il en est de même dans l'exploitation des ressources pétrolières et gazières, notamment grâce à la fracturation hydraulique. Les développements en informatique ont aussi grandement contribué à une utilisation plus rationnelle et productive de nos ressources. Malthus, Ehrlich ou les signataires du manifeste n'avaient prédit aucun de ces développements!

Mon parti propose une approche économique et non émotive comme le meilleur vecteur de progrès matériel de nos sociétés. Ce progrès est possible et souhaitable malgré ce qu'en pensent les adeptes de la simplicité volontaire qui, soit dit en passant, sont libres de vivre dans des cavernes si le cœur leur en dit. Mais pour ceux qui pensent que l'humanité devrait progresser et non reculer, il existe un devoir d'explorer et d'exploiter nos ressources naturelles pour subvenir aux besoins d'une population croissante, ici comme dans les pays en développement.

Oui, l'activité économique s'accompagne nécessairement des risques - que l'on doit gérer et minimiser avec les meilleures technologies disponibles afin d'assurer la pérennité de nos ressources renouvelables pour les générations à venir - mais elle comporte aussi des bénéfices immédiats, réels et mesurables. Il faut donc rejeter le principe de précaution fondé sur l'idée qu'il est nécessaire de démontrer l'absence de tout doute qu'une action ne puisse causer aucun tort pour être socialement acceptable. Il faut plutôt une approche équilibrée où on compare les risques et les bénéfices potentiels d'une action avec les risques et bénéfices d'une inaction. Pour ce faire, il faut évaluer tous les facteurs connus et utiliser une approche probabiliste pour arriver à une conclusion raisonnée.

Un monde où la création de richesse économique est à l'avant-plan permet un meilleur développement social sur Terre et non l'éradication de la vie comme le laissent entendre les signataires malthusiens du manifeste.

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