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Jacques Daoust a-t-il vu la lumière?

16/07/2014 11:35 EDT | Actualisé 15/09/2014 05:12 EDT

Le nouveau ministre de l'Économie, Jacques Daoust, a récemment confié ses états d'âme à La Presse. Il se demande ouvertement s'il ne serait pas mieux de diminuer les impôts de toutes les entreprises plutôt que de choisir les gagnants par des subventions et crédits d'impôt, une stratégie qui, avoue-t-il, n'obtient pas de bons résultats. Venant de celui qui a pendant sept ans dirigé Investissement Québec, cette machine à distribuer l'aide de l'État aux entreprises, cette remise en question équivaut à un tremblement de terre dans le petit monde du Québec inc.

Je ne pourrais pas être plus d'accord avec M. Daoust. Il y a en effet plusieurs problèmes avec ces subventions et aides fiscales:

  1. Elles créent un avantage compétitif injuste entre les entreprises qui reçoivent l'aide et celles qui ne la reçoivent pas et ne font que déplacer des emplois entre entreprises qui paient les impôts à celles qui reçoivent les subventions.
  2. Selon plusieurs économistes, les aides fiscales n'attirent généralement pas d'investissements.
  3. Les aides fiscales basées sur des territoires désignés sont inefficaces et ne font souvent que déplacer des emplois d'une région à l'autre.
  4. Les subventions créent des distorsions dans le fonctionnement normal du marché. Les gouvernements décident de favoriser artificiellement une entreprise, une production ou un secteur de l'économie aux dépens d'autres projets plus rentables et de la production d'autres biens et services qui représentent plus de valeur aux yeux des consommateurs et qui auraient été choisis par eux en l'absence de subventions.
  5. L'aide financière encourage la dépendance des entreprises. De plus, contrairement au marché qui punit rapidement les mauvais investissements, il est difficile de mettre fin à l'aide financière, car la clientèle qui en profite fera des pieds et des mains pour conserver ses privilèges.
  6. L'aide financière provoque le report indéfini des adaptations et changements souhaitables au sein des régions ou des industries qui bénéficient de l'aide.

En bout de ligne, les subventions diminuent l'efficacité des entreprises et la création de richesse. Bien qu'elles soient souvent justifiées par les gouvernements sous prétexte qu'elles favoriseraient la croissance économique, un tel lien n'a pas été démontré. Selon l'OECD, plus les subventions directes jouent un rôle important au sein d'une économie, moins la croissance économique semble importante.

J'ai proposé lors des dernières élections de réduire les subventions et aides fiscales aux entreprises, mais aussi de réduire l'impôt de toutes les sociétés au Québec. Le niveau d'imposition québécois des sociétés est en effet parmi les plus lourds en Amérique du Nord. Une telle réduction des impôts des sociétés aurait un impact positif majeur sur l'économie du Québec sans nécessairement nuire à long terme aux revenus de l'État. Plusieurs études économiques démontrent en effet que les réductions d'impôt des sociétés augmentent les investissements et ont des impacts nets positifs sur la richesse des provinces et de ses habitants.

Parions que M. Daoust aura fort à faire pour convaincre ses collègues d'adopter les réformes que je propose. N'est-ce que son propre premier ministre qui, dans une de ses premières déclarations publiques suite à l'élection, a annoncé un investissement total de 450 millions de dollars provenant du gouvernement, d'Investissement Québec et de la Caisse de dépôt et placement dans la cimenterie de Port-Daniel-Gascons, en Gaspésie ?

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