LES BLOGUES

Flaherty a bien fait de dire non à Maltais

02/01/2014 18:02 EST | Actualisé 04/03/2014 05:12 EST

Plusieurs régimes de retraite à prestations déterminées ont été mis en place par le gouvernement pour ses employés, pour tous ces régimes, le gouvernement et les participants contribuent à leur financement. Le Régime de retraite des employés du gouvernement et des organismes publics (RREGOP) est le régime de la plupart des employés du gouvernement.

Les régimes de retraite du gouvernement procurent un revenu déterminé aux participants au moment de leur retraite. Celui-ci est calculé en fonction du revenu moyen des participants, lequel est établi à partir de leurs meilleures années de rémunération, généralement cinq années, et du nombre d'années de service des participants. Les prestations sont partiellement indexées au coût de la vie pour la partie acquise après le 1er juillet 1982 et sont généralement indexées pour la partie acquise avant cette date.

Selon les derniers états financiers vérifiés du gouvernement du Québec, le coût prévu des promesses de retraite qui ont été faites aux employés de l'État s'élève à 81 milliards de $. Voilà ce que coûteront les retraites des 326 755 fonctionnaires actuellement à la retraite et des 577 875 fonctionnaires qui travaillent actuellement et sont couverts par les régimes de retraite du gouvernement.

Le gouvernement a mis de côté 52 milliards de $ pour assumer ces obligations. Cet argent a été confié à la Caisse de dépôt pour qu'elle l'investisse en attendant que les bénéficiaires prennent leur retraite.

Il manque donc 29 milliards de $ pour pouvoir payer les retraites promises.

Où trouvera-t-on l'argent ?

Il peut venir des employés si on augmente leurs cotisations. Il peut venir du gouvernement (i.e. les contribuables) si celui-ci décide de mettre plus d'argent de côté à même nos taxes pour remplir le déficit. Le trou peut se combler tout seul, si par exemple les rendements de la Caisse de dépôt dépassent les rendements prévus, si les augmentations de salaire sont moindres que prévu ou si l'espérance de vie des retraités est moindre que celle utilisée dans les hypothèses. Et il peut se combler si le montant qui est dû est diminué, par exemple si le gouvernement réduit le montant des rentes, cesse d'indexer les rentes, rallonge l'âge de la retraite, etc.

Les syndicats voient bien qu'ils auront bientôt à faire face à une bataille épique. Ils ont concocté une excellente stratégie pour protéger leurs arrières tout en ayant l'air de se soucier du sort des pauvres.

Ainsi, la FTQ a proposé de bonifier graduellement le Régime des rentes du Québec, en faisant passer la rente de 25 à 50 % des revenus de travail. La centrale syndicale a proposé aussi d'augmenter le revenu sur lequel les cotisations sont calculées de 50 100 $ à 66 000 $, comme c'est le cas pour la Commission de la santé et de la sécurité du travail (CSST).

Dans le modèle prôné par la FTQ, pour un salarié faisant 66 000$, la cotisation salariale à la RRQ ferait plus que doubler en sept ans, passant de 3,5 à 7,1%. Un salarié gagnant 50 100$ verrait la ponction de la RRQ sur son chèque de paie passer de 4,7 à 7,5%. Un travailleur gagnant 25 050$ verrait sa cotisation salariale passer de 4,3% à 6,3%, en échange d'une meilleure retraite.

L'employeur subirait une même augmentation de ses cotisations de son côté.

Pourquoi la FTQ prend-elle soudain tant à cœur le sort des employés non syndiqués ?

Il faut comprendre que les régimes de retraite des fonctionnaires paient une rente égale à environ 70% du salaire moyen des cinq dernières années précédant la retraite. Mais ce 70% est calculé après avoir déduit la rente payée par la Régie des rentes. Ainsi donc, si la rente de la Régie des rentes double selon les souhaits de la FTQ, le montant de la rente qui doit être déboursé par le REGOPP s'en trouvera considérablement réduit. Le problème du « trou » de 29 milliards de $ du RREGOPP risque de s'amenuiser considérablement. Voilà qui serait un soulagement considérable tant pour le syndicat que pour le gouvernement !

Vous comprenez maintenant pourquoi Mme Agnès Maltais, ministre du Travail, de l'emploi et de la solidarité sociale et la FTQ trouvaient que c'était une excellente idée que de tenter de convaincre Jim Flaherty, ministre des finances du gouvernement canadien, de hausser les rentes du régime de pensions du Canada! Quelle belle façon de régler le problème des régimes de retraite des fonctionnaires!

Heureusement, M. Flaherty a refusé net de passer sur le dos des travailleurs et leurs employeurs le fardeau des promesses exagérées faites aux fonctionnaires pour les gouvernements des provinces.

VOIR AUSSI:

Retrouvez les articles du HuffPost sur notre page Facebook.