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Bilan de session: besoin d'un nouveau livre de recettes

05/12/2014 12:04 EST | Actualisé 03/02/2015 05:12 EST

L'Assemblée nationale prend congé pour les Fêtes aujourd'hui. Que doit-on retenir des premiers huit mois de pouvoir du Parti libéral?

Le bonheur de s'être débarrassé du Parti québécois continue d'habiter les fédéralistes québécois. Mais plusieurs de ceux qui ont suivi les exhortations de voter Anybody but Pauline se grattent maintenant la tête en constatant la position libérale sur la cimenterie de Port-Daniel, la clinique RocklandMD, les éoliennes et les garderies, en regardant la restructurite aiguë et le dirigisme accru en santé et en éducation, en digérant les annonces de hausses d'impôts et de taxes de M. Leitao déguisées sous forme d'augmentations de tarifs et de droits de toutes sortes et que sais-je encore. «On a voté pour ça ?», se demandent maintenant, avec un léger malaise, les électeurs qui avaient mis leur «X» dans la case libérale.

Pourtant, à l'analyse, on ne devrait pas être surpris. Le Parti libéral n'est pas «libéral», du moins pas au sens classique du terme «libéralisme», c'est-à-dire favoriser la liberté. On n'a qu'à voir la hausse de 50% de la dette sous la gouverne de M. Charest pour constater l'attachement du PLQ à la croissance de l'ogre étatique. M. Couillard n'est pas de reste. Il a clamé fièrement au lendemain du congrès de l'aile jeunesse du parti en 2013 que son parti était plus progressiste que le Parti québécois. Depuis 40 ans, le PLQ et le PQ tentent de se ravir le titre du parti le plus à gauche !

Ce que les libéraux ne semblent pas comprendre, c'est que c'est justement le modèle «progressiste» (lire : progression de l'État) qui nous fait reculer collectivement. La littérature économique est claire : plus un gouvernement est progressiste et intervient dans l'économie, moins il y a de richesse qui se crée. Dès qu'on remplace le jugement des citoyens par celui des politiciens et des bureaucrates, on détourne notre richesse à des fins politiques et électoralistes moins rentables que si on laissait les gens dépenser leur argent eux-mêmes. Le Québec se classe au dernier rang en Amérique du Nord quant au degré de libéralisme économique. Ce n'est pas par hasard si c'est ici qu'il y a presque le moins de richesse sur le continent.

Pour débloquer l'économie, il faut faire reculer la taille de l'État, créer les conditions propices à la création de richesses, enlever les barrières qui freinent l'incitation au travail et à l'investissement privé et laisser plus de place aux individus. Ce n'est pas du tout l'approche libérale. M. Couillard veut plutôt protéger notre modèle socialiste en gardant le taux de croissance de l'argent qu'il pige dans vos poches (revenus autonomes de l'État excluant les entreprises du gouvernement) entre 4% et 5,2% au cours des deux prochaines années, quitte à trimer un peu les voiles pour ralentir le taux de croissance des dépenses et arriver à l'équilibre budgétaire. La taille de l'État n'est clairement pas en recul, n'en déplaise aux protestataires de l'austérité. À preuve, la seconde hausse du fardeau fiscal des contribuables en six (oui six !) mois.

La prochaine fois, au lieu de voter contre quelqu'un et changer simplement de chef comme on le fait depuis quatre décennies, il faudrait plutôt penser à changer le livre de recettes.

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