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Corriger le système ou tomber dedans?

16/05/2014 08:21 EDT | Actualisé 16/07/2014 05:12 EDT

Réponse à Benjamin Tremblay et à sa vision du système d'éducation

Cher monsieur Benjamin Tremblay, j'ai lu votre billet avec attention. Toutefois, je crois que vous confondez vos années d'études de cégep en sciences humaines avec le stéréotype répandu des sciences vacances. Dans un premier cas, les réformes que vous proposez pour prétendument «corriger le système» ne sont en fait que des mesures de marchandisation de l'éducation. Vous critiquez les cégeps comme des étapes de passage et des usines à diplôme, et pourtant vous concentrez l'importance des universités dans leur partenariat avec les demandes du marché en rapport à la question de l'efficience du temps des études en fonction du nombre d'heures à l'école.

Certes, il m'est facile de concevoir que vos études à l'université d'Ottawa vous mènent à avoir un penchant pour le système d'éducation anglo-saxon à la sauce ontarienne. Et dans ce cas, comment pouvez-vous expliquer le fait que le Québec avec institutions divergentes possède un taux de diplômassions post secondaire supérieur et de plusieurs pour cent au reste du Canada?

Il est aussi intéressant de constater que votre approche de l'année pré universitaire entraine l'uniformisation des mentalités et que vous évacuez tout le domaine de l'art, des communications, des lettres (ces dernières que vous simplifiez à la rédaction de textes scientifiques et non à l'apprentissage de la culture littéraire et de son pouvoir de changement), et du théâtre.

Votre vision de l'éducation n'en est pas une. Vous préférez de loin l'enseignement à l'éducation. Pour vous semble-t-il, l'école est un lieu de gavage de cerveau et de préparation au marché du travail et non un lieu où un être se développe, apprend un sens critique et entreprend ses découvertes.

Si vous me permettez une question : combien de gens changeront de programme au cours de leur formation au cégep? Je n'ai pas la réponse, mais sans dire la majorité, je suis convaincu qu'un grand nombre le font et c'est là l'avantage du cégep face à votre année pré universitaire. C'est sa flexibilité et sa capacité d'emmener les gens à explorer et performer dans des cadres et des matières qui leur sont adaptées. Et non de leur demander de s'adapter à un cadre unique et rigide.

Je suis toutefois d'accord sur le fait qu'un cours d'économie de base serait important. Cependant, jusqu'en 2008, il était dispensé en secondaire 5 et non au cégep, puis un jour le gouvernement libéral de Charest l'a supprimé.

Un autre avantage du cégep, c'est qu'il tente d'amoindrir les possibles complexes d'infériorité ou de supériorité de la part des étudiants de ces deux types d'études et des a priori néfastes que l'abolition du cégep entrainerait. Puisque cela créerait, dans les faits, une hiérarchisation des études et donc des «types» étudiants, ce qui est néfaste. Cela entraineraît les effet pervers d'une reproduction des classes sociales et donc accentuant une élitisation de l'accès à l'éducation supérieure.

Vous écrivez : «Bien sûr, nous devrons financer nos universités en conséquence soit par le biais de fonds publics ou par une augmentation des frais de scolarité. Notre système ne peut continuer à se sectariser du reste du monde.» «Se sectariser», voilà le terme que vous employez pour décrire la différence. Mais bien sûr, tout le monde dans le même moule et les orignaux seront bien gardés. Vous rendez-vous compte que, outre votre discours centralisateur fédéraliste, les tentatives d'uniformisation pour l'uniformisation, car elle ne prend pas en compte les caractères distincts, nous mène ou, du moins, amène votre pensée sur la pente glissante d'une certaine vision fascisante du système d'éducation et de l'enseignement supérieur?

Une question : Où étiez-vous en 2012? N'avez-vous pas suivi tout ce qui s'est passé, n'avez-vous pas compris que le problème des universités est une mauvaise gestion, une marchandisation du savoir, et l'augmentation continuelle du nombre de cadres inutiles et chèrement payés au sein des administrations de plus en plus imposantes et donc bureaucratiques ce qui entrainent un problème d'efficacité ?

Une autre citation : « Que l'on soit péquiste, libéral ou solidaire, force est de reconnaître que ». Vous commencez par un sophiste d'autorité, suivi d'une mise en scène disgracieuse où vous mettez des mots et des intentions à des gens et des parties. Et cela sur un ton des plus paternaliste. Comme si vous voulez nous dire que votre jugement allait de soi. Pourtant, le ton paternaliste, l'emploi de sophismes ne sont que des manières d'ajouter des fioritures, des faux semblants à une argumentation pour cacher une charpente vacillante.

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