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L'étudiant migrateur: étranger un jour, étranger toujours

23/09/2015 09:25 EDT | Actualisé 23/09/2016 05:12 EDT

Français d'origine algérienne ayant grandi proche de la frontière franco-allemande, me voilà fraîchement arrivé à Montréal.

Avant mon départ j'avais prévu de vivre chez l'habitant et, une fois atterri, je m'y rendis directement. À vrai dire, la personne chez qui j'allais vivre est connue dans sa communauté, mais ça, je l'ignorais totalement avant mon départ. Phyllis Smyth m'a accueilli dans son condo sur Papineau. À ce moment-là, j'ignorais tout du Québec, sa culture, sa population et ses expressions.

Décidé à m'intégrer, comme à mon habitude, je m'adonnais à de longues marches en observant les gens, l'architecture, la signalisation, les paysages et tout ce qui fait le charme de Montréal. Le soir venant, je racontais mes journées à Phyllis, et elle faisait de même. À mesure que le temps passait, je commençais à prendre mes repères. Je me suis vite rendu compte que la force de Montréal résidait dans sa population extrêmement diverse. L'atout d'une ville cosmopolite, c'est que l'on peut voyager sans bouger de chez soi. J'ai pu, grâce à Montréal, découvrir des cultures et origines qui pour moi étaient totalement inconnues. Apprendre à connaître l'autre permet de rompre les préjugés que l'on a et qui sont nourris uniquement par l'imagination et l'ignorance.

L'échange est, selon moi, la clé qui permet de résoudre toute discorde. L'un des exemples que je peux apporter à mon opinion est celui de mon récit. Les discussions que j'entretenais avec Phyllis nous ont permis de comprendre les différences qu'il y avait entre ma culture française, allemande et algérienne, avec sa culture québécoise.

Un jour, lors de nos discussions, elle m'a demandé si j'étais de confession musulmane, et je lui ai dit que oui. Elle m'a ensuite confié qu'elle était pasteure et qu'elle ne l'avait jamais dit à un étudiant qui avait vécu chez elle. Je fus particulièrement touché par cette marque de confiance qu'elle portait à mon égard. Puis elle m'a invité dans son église, où elle a l'habitude de donner un sermon. Je lui ai répondu que j'acceptais. Lors de ma visite, j'ai pu rencontrer des gens très agréables, chaleureux et, surtout, des gens venant de l'extérieur de Montréal. Tous savaient que j'étais de confession musulmane, et pour autant j'ai été très bien accueilli.

C'est à ce moment-là que j'ai compris que, malgré nos cultures et religions différentes, nous avions beaucoup de choses en commun.

L'important dans une société cosmopolite, c'est qu'il faut se concentrer sur ce que l'on a en commun, et non nos différences. Phyllis et moi venons de deux pays différents, deux cultures différentes, nous avons deux religions différentes, mais pour autant nous sommes d'accord sur plusieurs points.

Selon moi, et d'après mes expériences personnelles, l'Homme est le même partout dans le monde. Il connaît la peur, la joie, la colère... Même si son environnement, sa culture et sa religion le façonnent d'une telle manière qu'il va développer plus de sentiments que d'autres, il n'y a aucune différence.

Malgré ces différentes variables, chacun évolue à son propre rythme au sein d'une même communauté, et on peut voir des avis différents. Tous ces facteurs font en sorte que l'échange est possible. La connaissance de l'autre doit être encadrée, et c'est ce que j'ai trouvé à Montréal. Le cadre universitaire qui m'y est offert est propice à l'échange et favorise les relations humaines.

Après trois années à Montréal, j'ai décidé de renouveler l'expérience en partant faire un échange universitaire en Suède. Comme pour Montréal, j'ai utilisé la même potion magique pour m'insérer dans la société. De par mon voyage, j'ai pu visiter un pays exceptionnel. J'ai eu la chance d'habiter dans un lieu fréquenté uniquement par des Suédois.

Lors d'une de mes discussions avec mon voisin de palier, il me disait que tous les étudiants de cycle 3 visitaient un lieu spirituel de chaque religion, de sorte qu'ils puissent mieux comprendre les coutumes et mœurs de leurs camarades. Cette anecdote est un exemple d'encadrement social fait par l'État afin de rompre les préjugés. Par ailleurs, j'ai compris que le meilleur moyen de s'insérer dans la société, c'est l'échange, et cela commence par un encadrement social adapté et adaptable.

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