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Le Conseil de coopération du Golfe: une boîte de dominos

Il est évident que, parmi les leaders des pays du Conseil de coopération du Golfe, Mohammed bin Salman et Mohammed bin Zayed ont les relations les plus fortes et les plus étroites avec les États-Unis.

28/07/2017 09:00 EDT | Actualisé 28/07/2017 09:00 EDT
Kevin Lamarque / Reuters
Mohammed bin Zayed est allé en mai 2017 à la Maison-Blanche et a rencontré le président Trump pour avoir jeté les bases du premier voyage à l'étranger de Trump et un sommet avec des dirigeants musulmans en Arabie Saoudite.

Le 23 janvier 2015, à Riyad, le roi Abdullah est mort et son frère, le roi Salman, est monté sur le trône. C'est le début de quelques changements sérieux dans le jeu du trône Al Saoud. Le roi Salman a reformulé la structure du pouvoir à travers certaines séries de décrets royaux et a changé l'ordre de succession dans la famille royale de manière que son fils soit censé être le roi de l'Arabie Saoudite dans un proche avenir.

Le point crucial est que le roi Salman a ignoré les vœux du roi Abdullah et a d'abord remplacé son prince héritier, Muqrin bin Abdulaziz, par le prince bin Nayef. Mais le roi a récemment renvoyé le prince bin Nayef et a nommé son propre fils Mohammed bin Salman le prince héritier d'Arabie Saoudite.

Les médias saoudiens ont tenté de présenter une passation de pouvoir sans contrainte. Il y a deux sortes de réactions en Arabie Saoudite ; la plupart des jeunes saoudiens réagissent avec plaisir à ce changement, car ils croient que Mohammed bin Salman est un représentant courageux et intrépide de sa génération, alors que la vieille génération saoudienne considère Mohammed bin Salman comme jeune homme gourmand et inexpérimenté qui rendra le pays instable en raison de son enthousiasme en faveur d'avoir plus de relations avec l'Occident et en particulier avec les États-Unis.

Selon certains analystes politiques, l'élévation de Mohammed bin Salman est un « coup d'État en douceur » qui a été projeté depuis des mois plus tôt. Les Saoudiens ont dû accorder beaucoup de privilèges financiers et militaires à Trump afin qu'il coopère avec les Saoudiens dans le réarrangement de la succession.

La visite en Arabie Saoudite fut la première visite à l'étranger de Trump, après son élection. Trump a téléphoné à Mohammed bin Salman pour le féliciter pour son élan. Après leur visite à Washington et l'accord de 200 milliards de dollars, c'est pour la deuxième fois que Trump exprime sa satisfaction à l'égard du futur roi d'Arabie Saoudite. Trump soutient Mohammed bin Salman et sa succession alors que la CIA était contre cette succession. Le directeur de la CIA, Michael Pompeo, a remis en février 2017 une médaille à Mohammed bin Nayef pour son travail distinct contre le terrorisme. Cette action de la CIA a montré évidemment que le service de renseignements des États-Unis a soutenu l'ancien prince héritier.

Trump est un bon homme d'affaires plutôt qu'un bon politicien.

Trump est un bon homme d'affaires plutôt qu'un bon politicien. Il a soutenu l'intrigue de Mohammed bin Salman à cause de deux raisons : premièrement, c'était une grande affaire pour les États-Unis, car Trump a gagné de nombreux privilèges financiers et militaires. Deuxièmement, Trump peut suivre les intérêts des États-Unis plus qu'auparavant grâce à une nouvelle équipe et juvénile enthousiaste en Arabie Saoudite plus moderne et dynamique. La nouvelle équipe saoudienne sera inexpérimentée et imprévisible.

La passerelle clé entre Donald Trump et Mohammed bin Salman était le prince héritier d'Abu Dhabi, Mohammed bin Zayed Al Nahyan. Mohammed bin Zayed est allé en mai 2017 à la Maison-Blanche et a rencontré le président Trump pour avoir jeté les bases du premier voyage à l'étranger de Trump et un sommet avec des dirigeants musulmans en Arabie Saoudite. Les analystes ont souligné que cette visite constitue une excellente occasion pour Trump de construire une relation personnelle avec Mohammed bin Zayed et de construire l'alliance de longue date entre les deux pays.

Aujourd'hui, il est évident que, parmi les leaders des pays du Conseil de coopération du Golfe, Mohammed bin Salman et Mohammed bin Zayed ont les relations les plus fortes et les plus étroites avec les États-Unis. En outre, la relation entre les deux Mohammeds est également forte. Mohammed bin Zayed a impliqué son pays dans la guerre dirigée par l'Arabie Saoudite au Yémen à cause de l'amitié avec le prince héritier saoudien, alors que de nombreux hauts fonctionnaires des Émirats arabes unis étaient contre la prise une série de mesures dans cette guerre. Après son élection, Donald Trump a suivi des intérêts au Moyen-Orient. Les deux Mohammeds sont le meilleur choix pour lui.

Certains analystes disent que les deux Mohammeds sont en train d'ouvrer dans le Golfe la voie à Trump afin qu'il puisse mener son plan avec un faible risque et un rendement élevé.

Certains analystes disent que les deux Mohammeds sont en train d'ouvrer dans le Golfe la voie à Trump afin qu'il puisse mener son plan avec un faible risque et un rendement élevé. Trump ne suit pas la voie de George W. Bush et de Barack Obama qui ont gaspillé d'énormes sommes d'argent et des capitaux pour s'impliquer directement dans les crises et les conflits au Moyen-Orient. Les deux Mohammeds croient que, grâce à Trump, ils pourront réaliser leurs rêves dans un proche avenir.

En ce qui concerne le changement accompli en Arabie Saoudite, il semble que Mohammed bin Zayed prévoit d'organiser un nouveau changement (coup d'État en douceur) aux Émirats arabes unis très bientôt. Alors que Trump a soutenu ce changement en Arabie Saoudite, il joue encore un rôle important dans le changement rapproché aux Émirats arabes unis et cette fois-ci pour la succession de Mohammed bin Zayed.

En somme, il est possible que Trump soit en train d'investir sur les deux Mohammeds pour commencer et suivre ses dominos dans le Conseil de coopération du Golfe. Si un changement comme un coup d'État en douceur aura lieu aux Émirats arabes unis, les deux jeunes dirigeants des deux pays puissants du Golfe restructureront le Qatar, le Bahreïn, l'Oman et le Koweït. Tous les deux restructureront également le Conseil de coopération du Golfe pour que tous les membres soient tenus de les suivre. Ce complot aide à Trump à avoir un contrôle total sur le Golfe.

La montée de Mohammed bin Salman qui détruit la tradition dans la maison Al Saoud a été le commencement des dominos de Donald Trump dans le Golfe. Dans un proche avenir, nous pourrons voir la continuation de ses dominos.

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