Maripier Isabelle

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Curieux été politique

Publication: 01/08/2012 09:54

Curieux été politique qu'est le nôtre... Il semble qu'un enjeu démocratique de l'heure soit le moment de l'entrée de plusieurs élus (ou aspirants élus) sur les réseaux sociaux. Peut-être est-ce dans l'espoir que de telles entrées favorisent la progression du débat d'idées sur de nouvelles plateformes. Cependant, en constatant la tangente que prennent la grande majorité des échanges qui s'y déroulent, je commence sincèrement à en douter. Je ne semble d'ailleurs pas être la seule.

Cette nuance qu'on ne saurait détecter...

Beaucoup d'acteurs politiques, parlementaires ou non, accaparent déjà une part enviable des discussions qui trouvent une niche dans le cyberespace. Les propos qui y sont tenus sont majoritairement teintés d'une couleur politique avouée. Qui pourrait en toute sincérité s'en étonner?

140 caractères, c'est très peu pour exprimer une pensée politique précise, nuancée et complète. Je serais portée à pousser la réflexion et à dire que c'est trop peu... En demandant l'entrée en scène des partis politiques et de leurs porte-étendards sur Twitter, n'est-ce pas justement ce que l'on cautionne? Le fait que ces derniers s'adresseront à nous de façon ultra-concise et invariablement politique?

Certains manieront l'art du compromis « tweetesque » mieux que d'autres. En refusant de tomber dans les bagarres de ruelle, et en ne s'affranchissant pas des standards qu'ils s'imposeraient en rencontrant leurs adversaires politiques en personne. Ce genre de propos politiques engagés qui s'inscrivent dans le respect fait d'ailleurs partie de la vie démocratique, virtuelle ou non. Ils sont d'ailleurs à la source de bien des débats qui ont par le passé fait progresser nos sociétés. Ils y sont parvenus parce qu'ils avaient pour principal objectif de véhiculer une proposition, une vision sur un enjeu.

Par contre, au moment d'envoyer un « tweet », il faut faire un choix. En 140 caractères, pas d'espace pour à la fois proposer une politique publique ET détruire une réputation.

En 140 caractères, pas d'espace non plus pour justifier ses allégations par des preuves. Mais facile, toutefois, de tomber dans les clichés, dans les accusations par association. Cachés derrière un avatar, cloitré chez soi à l'abri des regards, plus facile de rédiger des interventions vitrioliques et des commentaires des plus désobligeants. Résultat : Les gens lancent parfois des propos qu'ils reprocheraient à leurs enfants d'avoir tenus dans une cour d'école. Vous voulez des exemples?

On traite certains candidats pour des formations politiques de « restants »... et ensuite, on s'étonnera que de plus en plus de personnes de qualité refusent de se porter candidates dans le cadre de campagnes électorales.

Dans les échanges interpersonnels, les caractéristiques de « corrompus », « menteurs », « pilleurs » et « voleurs » sont systématiquement adressés à des sympathisants de formations politiques. Mais on demandera à chacun de s'impliquer dans la sphère démocratique et on dira vouloir encourager l'essor de toutes les options politiques.

Mais quel paradoxe!

Ce qui est étonnant, c'est que la source de ce genre d'attaques personnelles et dirigées converge souvent avec une bonne dose d'indignation contre le cynisme en politique.

Cette ancienne politique souvent critiquée, elle avait de bons comme de mauvais côtés. Je lui reconnais pour ma part le mérite de ne pas avoir « normalisé » les attaques gratuites et non fondées contre des individus, voire même des militants, lancées sans justification.

Les réseaux sociaux ont de grandes vertus, notamment celle de permettre à chacun, militant ou pas, de partager ses préoccupations, de s'informer et de transmettre des messages à nos décideurs entre les échéances de 4 ans prévues au calendrier électoral.

Les acteurs politiques les utilisent-ils pour se rapprocher des citoyens, ou pour mieux démolir sur le plan personnel leurs adversaires en s'assurant du caractère viral de la controverse qu'ils auront créée? À chacun d'y répondre en choisissant le style qu'il adopte.

Mais que l'on cesse de faussement se désoler du cynisme lorsqu'on l'alimente, 140 caractères à la fois.

 

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Curieux été politique qu'est le nôtre... Il semble qu'un enjeu démocratique de l'heure soit le moment de l'entrée de plusieurs élus (ou aspirants élus) sur les réseaux sociaux. Peut-être est-...
Curieux été politique qu'est le nôtre... Il semble qu'un enjeu démocratique de l'heure soit le moment de l'entrée de plusieurs élus (ou aspirants élus) sur les réseaux sociaux. Peut-être est-...
 
 
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Date de publication  | 
Popularité
15:15 sur 01/08/2012
Ce qui est fantastique des médias sociaux c'est que tout le monde peu participer à la discussion
Ce qui est problématique des médias sociaux c'est que tout le monde participe à la discussion
13:47 sur 01/08/2012
Malheureusement, on pourrait dire qu'une majorité de gens sur Tweeter et aussi sur la page Huffington Post parlent souvent sans connaissance de cause. J'ai personnellement tendance à m'énerver devant la mauvaise foi qui anime les commentateurs du dimanche qui endossent volontairement l'habit de propagandiste (c'est-à-dire peu importe le sujet, ils vont invariablement répliquer les mêmes conneries même si ça n'a aucun rapport) et qui font toute économie de rigueur intellectuel et de subtilité dans leur argumentation. J'exhorte ces gens de mauvaise foi (et ils sont très nombreux incluant les politiciens) à abandonner Tweeter ou Huffington Post si ce n'est que pour faire de la propagande en 140 caractères.
11:56 sur 01/08/2012
Nous sommes rendus dans une ère où les gens refusent de prendre le temps de réfléchir en profondeur sur des questions importants, Twitter est justement le résultat de ce changement de mentalité. Les gens aiment se raconter des histoires, des mythes, et ils veulent des réponses courtes à toutes leurs préoccupations, c'est pas pour rien que la majorité préfère voter par habitude ou par tendance, plutôt que sur le programme politique d'un parti, si vous demandez à chaque citoyen de décrire le programme politique de chaque parti, ils ne sauront vous répondre, si vous leur demandez d'argumenter sur des sujets d'actualité tels que la corruption, le plan nord, la crise étudiante, ils vont vous sortir des petites phrases courtes à la manière de twitter sans faire preuve d’honnêteté et de rigueur intellectuelle. Regardez comment ils se sont acharnés sur Legault pour son commentaire sur les femmes et le salaire, alors que tous les études démontrent hors de tout doute que les femmes accordent moins d'importance au salaire que les hommes lorsqu'il s'agit de conditions de travail, il avait raison et n'importe qui d'intelligent aurait compris son commentaire, mais malheureusement lorsqu'on ne réfléchit pas trop, on préfère sortir des vieux clichés. Internet est devenu l'outil parfait des politiciens, parce qu'on peut sortir des clichés et des slogans électoral sans même être obligé d'argumenter, on peut critiquer ou salir la réputation de nos adversaires sans explication, et cela permet de rejoindre une masse d'abrutis qui ont l'âge pour voter.
13:28 sur 01/08/2012
Oui, mais concernant la sortie de Legault sur le salaire des femmes, il s'agit d'un propos qui a été prononcé en dehors de son contexte et que, même si des études le prouve, il demeure que peu de gens ont cherché à remettre dans son contexte ces études en ce qui concerne l'attitude des femmes par rapport au salaire. C'est ce que Tweeter ne permet pas de faire parce qu'il a été précisément utilisé par Legault comme un outil de propagande.
19:41 sur 01/08/2012
Je vous l'accorde, Legault aurait du choisir un autre moyen de communication pour faire passer son message.
photo
SUPER UTILISATEUR DU HUFFPOST
Godefroi
Honni soit qui mal y pense
10:07 sur 01/08/2012
Enfin un texte intéressant de votre part.