Maripier Isabelle

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La réussite scolaire, seulement l'affaire des autres?

Publication: 16/08/2012 09:54

C'est une question de point de vue. Mais ça m'étonne toujours de constater que si peu de formations politiques abordent le rôle des parents lorsqu'ils s'avancent sur le terrain de la réussite scolaire.

Ah... si! En fait, François Legault l'a abordé plus tôt hier, mais il a douloureusement raté la cible en s'insurgeant contre « la belle vie » que mènent les étudiants et en adressant un «blâme à l'endroit des valeurs que nous, comme parents, nous transmettons à nos jeunes».

Le chef de la Coalition Avenir Québec a formulé avec maladresse ces préjugés en guise de propositions aux parents québécois. Il n'a cependant mis de l'avant aucune solution qui permettrait de mieux outiller les familles qui souhaitent faire partie intégrante de la réussite scolaire de leurs enfants.

Plus tôt au cours de la campagne électorale, la CAQ a pourtant dévoilé une imposante plateforme électorale, dans laquelle on retrouve l'intention de lutter contre le décrochage scolaire. À travers les 114 pages qui constituent la plateforme électorale du parti, ce que j'ai compris de la vision de la CAQ, c'est que le taux de diplomation au Québec est uniquement l'affaire des écoles, des structures, du gouvernement. Et donc, les solutions proposées ne visent que les écoles, les structures et le gouvernement. Au menu, entre autres, un horaire de 9 à 5 pour les élèves du secondaire, ce qui correspond à un ajout d'une heure à la journée d'école des adolescents. Une solution qui fait appel aux écoles, aux structures, au gouvernement.

Mais qu'en est-il donc des parents, pourtant ciblés par un Legault ciblant la persévérance et les habitudes des adolescents?

La CAQ propose d'allonger d'une heure la journée d'école des élèves du secondaire. Mais le problème, c'est qu'à l'école secondaire, il faut malheureusement généralement plus d'une heure afin de terminer ses devoirs. Il est donc illusoire de penser que cette période de 60 minutes en milieu scolaire après les cours permettra aux adolescents de passer outre la traditionnelle routine des devoirs et leçons, une fois arrivés à la maison. Et c'est ici que de penser aux parents devient primordial.

C'est justement en pensant aux parents qu'au jour 6 de la campagne, le parti libéral du Québec s'est engagé à bonifier le programme d'Aide aux devoirs offert dans toutes les régions du Québec, un programme lancé par le gouvernement Charest en 2004. Il souhaite le faire au moyen de deux initiatives principales. D'une part, en y intégrant un volet d'aide aux parents, un service permettant de répondre aux questions que ces derniers sont susceptibles de se poser au moment d'aider leurs enfants dans la complétion de leurs travaux scolaires. Ce service pourrait notamment les conseiller et leur apporter des explications quant aux notions enseignées en classe. D'autre part, en doublant les ressources financières accordées à l'aide aux devoirs, notamment afin de rendre le programme plus flexible, l'adaptant ainsi aux horaires atypiques d'un nombre grandissant de familles. Les services seraient également augmentés substantiellement à l'approche des périodes d'examen, au moment où tant les élèves que leurs parents sont susceptibles d'en avoir le plus besoin.

Ce sont donc deux visions complètement différentes du rôle des parents dans la réussite scolaire de leurs enfants qui sont présentées par la CAQ et le PLQ. Alors que le parti de Legault offre des solutions qui n'impliquent ni ne supportent les parents, les libéraux, eux, font le pari d'en faire des partenaires clefs du cheminement de leurs enfants, qui se doivent de recevoir un soutien adéquat... bien davantage que des reproches.

Après tout, la réussite scolaire, ce n'est pas que l'affaire des autres!

*** En terminant, même en marge de mes critiques sur l'absence de propositions caquistes permettant de faire des parents des véritables partenaires de la réussite scolaire de leurs enfants, le projet de la CAQ sur l'heure additionnelle d'école par jour me semble bien difficile à réaliser. Parmi les difficultés à prévoir, une telle idée exige un effort de coordination substantielle en matière de transport scolaire, pour s'assurer de disposer qu'un bus jaune par école se retrouve sur les routes du Québec à 9 heures et à 17 heures, 5 jours par semaine. Cela constitue un défi logistique de taille, notamment pour une formation politique qui a annoncé son intention d'abolir les commissions scolaires, la structure responsable de coordonner les allées et venues des fameux bus.

 

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