Maripier Isabelle

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Cher Monde

Publication: 02/09/2012 16:02

Cher Monde,

Celui qui nous regarde, de près, de loin. Celui qui suit cette campagne électorale comme on regarde une partie de hockey au petit écran : avec intérêt et curiosité, avec beaucoup de sens critique et de recul, parfois avec incompréhension... Toi qui regardes derrière la baie vitrée, qui voit les coups, qui a parfois mal pour les joueurs sur la glace, qui espérerais parfois qu'ils se bousculent moins ou qu'ils frappent la rondelle plus fort.

Depuis quatre semaines, tu te demandes peut-être ce qui se passe chez nous.

Tu te demandes peut-être comment nous pouvons avoir à ce point peur du succès pour choisir d'imposer encore davantage ceux qui réussissent, et qui contribuent à bâtir notre économie pour financer nos programmes sociaux. Tu te questionnes peut-être aussi à l'idée que critiquant sans vergogne le manque de productivité d'importants secteurs de notre économie, les deux principaux partis d'opposition promettent de taxer les gains en capital des particuliers à la hauteur de 75 %... oui, de 75 %. Toi qui a vécu la crise économique, qui a vu ton taux de chômage monter en flèche, qui a vu des milliers de familles se retrouver à la rue et qui observais simultanément les Québécois vaguer à travers les turbulences de 2008-2009 sans supporter même une fraction des drames que tu as connus, tu trouves peut être curieux de voir certains remettre en question les grands projets et les politiques qui nous ont permis de maintenir nos standards et notre qualité de vie, malgré la crise économique qui a causé tant de dommages autour de nous.

Tu te demandes peut-être également comment une nation aussi progressiste que celle que forment les Québécois peut avoir laissé des thèmes aussi troublants que la définition de la citoyenneté sur des bases linguistiques s'insérer dans une campagne qui vise à élire l'équipe qui dirigera notre province pour les prochaines années. Tu te demandes peut-être comment des gens qui aspirent à diriger le Québec peuvent vouloir retirer des droits aux minorités, ou encore vouloir abolir les institutions qui permettent à leur culture et à leurs valeurs de trouver une expression démocratique dans les communautés locales. Tu te demandes peut-être comment, au 21e siècle, l'une des propositions mises de l'avant pendant cette campagne électorale vise à interdire à de jeunes adultes de faire leurs études postsecondaires dans la langue de leur choix...

En jetant un regard sur cette campagne électorale, je me le demande un peu aussi... Et ce coup d'oeil sur les 32 derniers jours que je jette, par-dessus mon épaule, il me rappelle à quel point mon vote est précieux. Parce qu'il me permet de dire que ce n'est pas dans ce Québec que certains proposent que je me reconnais. Que ce n'est pas dans ce Québec-là que j'ai envie de vivre, d'élever la famille que j'aurai un jour! Et ce n'est pas pour ce Québec-là que je voterai.

Le Québec dans lequel je me reconnais, il s'inspire de celui que j'ai eu la chance de connaître en grandissant.

C'est un Québec qui se construit sur la confiance, qui se nourrit de la diversité, qui s'en sert comme d'un levier et non comme d'un frein ou d'un motif de division.

C'est un Québec qui fait confiance aux citoyens, à qui ils accordent un maximum de libertés et qui leur confie également leur part de responsabilité.

C'est un Québec qui appuie les initiatives de ses jeunes, qui leur donne les moyens de ses ambitions avec une stratégie pour la relève entrepreneuriale et des universités à la hauteur de leur potentiel.

C'est un Québec qui forme davantage de professionnels de la santé, qui plutôt que de les dénigrer, les outille pour mieux répondre aux besoins des aînés, des familles, des plus vulnérables.

C'est un Québec avec un plan crédible de retour à l'équilibre budgétaire, avec un Fonds des générations qui permettra à la génération émergente de faire face à ses défis sans être contrainte par ceux des Québécois qui l'auront précédée.

C'est un Québec qui fait le pari d'un développement durable, qui fait de la lutte aux changements climatiques une priorité sans équivoque, et qui met en place le plan le plus ambitieux au Canada.

C'est un Québec avec une plus forte participation au marché du travail, parce que c'est le meilleur moyen de donner à chacun un maximum de liberté. Un Québec qui comprend qu'il faut créer de la richesse pour pouvoir la partager. Un Québec qui repousse les frontières plutôt que d'en ériger. Qui s'ouvre vers le Nord, l'Ouest et l'Est, qui multiplie les partenaires, et qui croit profondément que le XXIe siècle en est un pour célébrer l'ouverture, pour réaliser que la force vient de l'union.

Un Québec qui n'est pas parfait, un Québec qui aura toujours de grands défis à relever. Mais un Québec qui ne soustrait pas aux grandes questions qui se posent lorsque l'on est l'une des provinces les plus populeuses du Canada, une économie nord-américaine et qui a comme visée de se démarquer sur la planète pour ses réussites.

Cher monde, le Québec que je connais, c'est un Québec qui se donne les moyens de rêver, mais qui prend les mesures adéquates pour passer du rêve à la réalité. C'est un Québec libéral que -- ne m'en veux pas -- tu pourras envier.

Un Québec que je contribuerai à construire, avec des millions d'autres Québécois, une fois dans l'urne ce mardi. Et c'est pour ça que je voterai pour le Parti libéral du Québec, ce 4 septembre.

 

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