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L'ASSÉ se tire (encore) dans le pied...

08/11/2012 02:07 EST | Actualisé 08/01/2013 05:12 EST
PC

«La mobilisation se poursuit et se recentre sur la question de la gratuité scolaire. On n'a jamais été aussi près de l'obtenir. M. Duchesne peut s'attendre à beaucoup de manifestations avant le sommet, pendant le sommet et surtout après le sommet si on n'obtient pas la gratuité scolaire.»

(PILON-LAROSE, La Presse, mercredi 7 novembre 2012.)

Ces paroles ont été prononcées par Jérémie Bédard-Wien, l'un des porte-parole de l'ASSÉ, l'Association pour une solidarité syndicale étudiante, que vous avez mieux connue sous le nom de la CLASSE (Coalition large de l'ASSÉ) lors du printemps érable, et rapportées par un journaliste de La Presse.

Soyons honnête pour commencer: je suis un partisan de l'éducation supérieure à faible coût comme l'un des moteurs économiques d'une société, et pour la création de citoyens éduqués et socialement responsables. Par contre, je ne crois pas en la gratuité scolaire. Tout se paie, en ce bas-monde, et les sociétés nord-américaines sont loin d'être prêtes à accepter un tel concept.

Je n'ai aucun problème à ce que des groupes et des individus revendiquent la gratuité scolaire, le droit à la dissidence, ou n'importe quoi qui reste dans les limites du bon sens. Là où je fulmine, c'est lorsque les menaces sortent avant même qu'on débatte réellement du sujet. On retrouve ici la bonne vieille ASSÉ, celle-là même pour qui les compromis sont signes de faiblesse, pour qui la grève est un moyen de pression parmi tant d'autres et non le dernier recours, pour qui ceux qui ne pensent pas comme elle sont mis dans le même bateau que les « méchants capitalistes » qu'ils combattent. Et pour qui les fédérations étudiantes, en prônant une ouverture à la discussion et donc possiblement en arriver à des ententes imparfaites, sont des « collabos. »

Le Parti Québécois a été porté au pouvoir le 4 septembre dernier. Dans son programme, il est clairement spécifié, concernant l'éducation supérieure, que la solution sera déterminée avec tous les acteurs concernés lors d'un sommet sur l'éducation supérieure qui se tiendra bientôt. Le Ministre Pierre Duchesne a même prolongé le gel de deux ans en attendant que les conclusions du sommet aboutissent. Si vous ne savez pas reconnaître une victoire, même partielle, lorsque vous en voyez une, je ne sais pas ce que ça vous prend. Vous vous rappelez, les Libéraux voulaient augmenter les frais de scolarité...

Soyons honnêtes, encore une fois : Vous êtes loin d'être aussi près d'obtenir la gratuité scolaire que vous ne le pensez. Commandez un sondage là-dessus, et vous obtiendrez quasiment du 75% - 25% contre cette même gratuité. Parce que les gens savent qu'au final, ils vont la payer. Et cette facture-là, ils n'en veulent pas. Et pendant que vous n'avez que la mobilisation en tête, vous ne pensez pas à vous préparer pour ce sommet, qui pourrait marquer pour la première fois une tentative de consensus social sur l'éducation supérieure. Au lieu de vous préparer, comme d'habitude, vous vous tirez dans le pied par l'entremise de déclarations aux médias aussi maladroites que provocatrices. Et de grâce, épargnez-moi le « il a été mal cité », si c'est vrai qu'il ne parle pas directement de GGI, combien de journées devront être levées pour permettre aux associations de l'ASSÉ de participer à cette nouvelle orgie annoncée de manifestations?

Je sais, vous pratiquez le syndicalisme de combat, et vous ne pouvez envisager de ne pas gagner ce que vous revendiquez. Mais pour le plaisir, rappelons-le : vous jouez présentement dans le monde politique, dans la cour des Grands. Que vous soyez d'accord ou pas, il y a des règles à respecter, des façons de procéder, des points à concéder. Ça ne vous plaît pas, c'est évident, mais c'est comme ça. Il faut vivre avec ou prendre le pavé, en espérant que la majorité silencieuse québécoise devienne complètement socialiste. Et ça n'arrivera pas.

Cette fois-ci, il n'y aura pas les syndicats, le monde communautaire, les gens de gauche, les fédérations étudiantes pour vous soutenir. Il n'y aura que vous, les purs et durs de l'ASSÉ, qui seront dans la rue avant même que les premiers échanges de cet important sommet aient lieu. Vous rejetez encore une fois la main tendue vers vous pour vous impliquer dans un processus qui devrait être hautement démocratique (c'est à voir, je vous l'accorde), et non comme le simulacre libéral de 2010. Au lieu de cela, vous allez camper sur vos positions, peu importe ce que tous dirons, et par le fait-même enlever une partie du lustre de ce printemps érable historique auquel des centaines de milliers de Québécoises et de Québécois ont participé.

Bravo! On se refait un p'tit « Fuck FECQ-FEUQ-Flics Fest » au Chaos???

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