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15/02/2018 12:42 EST | Actualisé 15/02/2018 14:53 EST

Relations autochtones: la promesse de Trudeau accueillie avec espoir et prudence

Il s'agit d'un «moment historique».

Bloomberg via Getty Images

La promesse du premier ministre Justin Trudeau d'assurer le respect des droits ancestraux des Autochtones enchâssés dans la Constitution canadienne suscite à la fois espoir et prudence parmi les chefs du Québec réunis jeudi à Ottawa.

"C'est quand même un moment historique", a affirmé la présidente de Femmes autochtones du Québec, Viviane Michel.

Ce moment ne serait pas survenu, selon elle, sans le travail acharné du député néo-démocrate Romeo Saganash pour l'application de la Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones.

"Un Eeyou qui a pu gagner un gros pas pour les peuples autochtones, a-t-elle ajouté. Je lui lève mon chapeau!"

Dans un long discours à la Chambre des communes, M. Trudeau s'est engagé mercredi à faire adopter une législation avant les élections fédérales de 2019 qui élaborerait un nouveau cadre juridique pour changer fondamentalement la relation entre le gouvernement fédéral et les Premières Nations.

Cette loi pourrait éventuellement mener les communautés à gérer leurs propres systèmes d'éducation, de santé, de services sociaux et d'infrastructure.

La ministre des Relations Couronne-Autochtones, Carolyn Bennett, sa collègue aux Services aux Autochtones, Jane Philpott, et la ministre fédérale de la Justice, Jody Wilson-Raybould, se sont adressées jeudi aux chefs de l'Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador.

Dès sa sortie de la salle, la ministre Bennett sautait dans un avion en direction de Moncton où elle entamait une période de consultation qui mènera à l'élaboration d'un projet de loi.

Auparavant, elle venait d'expliquer aux chefs du Québec que le gouvernement veut savoir comment définir une nation autochtone, qui en sont membres et quels pouvoirs elles requièrent et comment assurer le respect de leurs droits.

Viviane Michel a hâte de voir l'aboutissement de cette consultation, mais elle reste prudente de peur d'être déçue une énième fois.

"Je le reçois bien sauf que je reste encore sur mes gardes parce que le premier ministre Trudeau a toujours des grandes belles paroles et moi ça me prend des preuves", a-t-elle dit.

Plusieurs questions demeurent au lendemain du discours du premier ministre. "On parle d'autogouvernance. Est-ce que c'est à nous maintenant de se définir nous-mêmes et de reconnaître nous-mêmes qui sont les Premières Nations?", demande Viviane Michel.

"Parce qu'on est encore dans un système où c'est un fonctionnaire qui est assis dans un bureau et qui décide oui ou non d'après une demande envoyée pour être reconnu comme Première Nation."