BIEN-ÊTRE
15/02/2018 09:01 EST | Actualisé 15/02/2018 09:04 EST

L'industrie de la mode reste une force de frappe au Québec, assure Anglade

Entrevue avec la vice-première ministre à son retour de la foire Magic à Las Vegas.

Newzulu

QUÉBEC – On a tendance à penser que l'industrie du vêtement est en déclin au Québec, mais rien n'est plus faux, soutient la vice-première ministre et ministre de l'Économie, de la Science et de l'Innovation, Dominique Anglade, au retour d'une mission à la foire commerciale Magic 2018 de Las Vegas.

Mme Anglade était présente au plus important rendez-vous de mode en Amérique du Nord qui a réuni une délégation d'environ 80 entreprises d'ici, grâce à la Grappe mmode, pour faire rayonner le savoir-faire québécois du 12 au 14 février.

Mais ce qui se passe à Vegas ne reste pas qu'à Vegas. La ministre espère que cette mission, qui a été financée en partie par le gouvernement, ouvrira de nouveaux marchés et créera des partenariats pour une industrie qui a un chiffre d'affaires de 8 milliards $ par année. Entrevue.

Comment se fait-il que l'industrie de la mode du Québec soit en plein essor en Amérique du Nord, alors que la fast fashion a toujours la cote?

Quand vous parlez du secteur du vêtement ou de la mode, en général, les gens pensent que le manufacturier a disparu, s'est délocalisé et qu'il n'y en a presque plus au Québec. Alors que c'est totalement faux : il y a plus de 80 000 personnes qui évoluent dans ce secteur-là. Pour vous donner un ordre d'idées, le secteur de l'aérospatial, c'est 40 000 personnes, le secteur de la foresterie, c'est 60 000 personnes.

Les gens veulent acheter en ligne, mais en même temps, ils aiment l'exclusivité des boutiques. Alors c'est de combiner ces deux aspects-là qui est un défi.

C'est un secteur qui est aussi bien sur le plan du design que sur le plan de la fabrication et c'est un secteur qui se numérise, qui innove, tant en recherche et développement sur la qualité des matériaux – les vêtements intelligents – qu'à un point de vue numérique, sur la vente de leurs produits d'entreprise qui naissent que sur le numérique aujourd'hui et qui sont basés au Québec, qui fabriquent au Québec.

Donc, il y a une modernité dans ce secteur-là. En plus, on est reconnu pour notre créativité au Québec. Il y a beaucoup d'axes qui s'entremêlent pour montrer à quel point ce secteur-là a beaucoup d'avenir au Québec.

Vous dites que vous avez constaté un vif intérêt sur ce qui se fait au Québec à la suite de la foire Magic. Lors de votre passage, qu'avez-vous appris sur l'industrie de la mode québécoise en Amérique du Nord?

Il y a des gens qui évoluent dans ce secteur au Québec qui ne se connaissent pas. Les deux personnes qui ont conclu une entente pendant l'événement (Gorski Group et Yoga Jeans) ne se connaissaient pas avant. Ils ne s'étaient jamais rencontrés. Là, ils développent des partenariats parce qu'il y a une grappe qui a été capable de les mettre ensemble. Je crois qu'il y a un potentiel énorme pour nos joueurs.

Ce qui m'a aussi surprise, de manière très positive, ce sont les blogueurs qui ont été invités. Des blogueurs qui vivent à Montréal, mais qui sont reconnus sur la planète. Je pense à Marcus Troy – il est reconnu pour tout ce qu'il fait en mode et c'est un Montréalais! Ce sont des personnalités que l'on découvre et qui sont parfois même plus reconnues à l'extérieur de nos frontières que chez nous.

Comment l'industrie de la mode s'inscrit-elle dans la stratégie numérique du gouvernement du Québec?

C'est un énorme défi, la question du numérique pour toutes les entreprises, y compris pour le secteur de la mode. Les gens veulent acheter en ligne, mais en même temps, ils aiment l'exclusivité des boutiques. Alors c'est de combiner ces deux aspects-là qui est un défi.

Chaque entreprise est à un degré différent dans sa transition vers le numérique. Il y a aussi le défi de l'exportation, de trouver les agents pour vendre des produits à l'international. Donc, il y a plusieurs défis auxquels est confrontée l'industrie. C'est assez commun, peu importe l'industrie dans laquelle on œuvre. Mais le numérique est sur toutes les lèvres.