BIEN-ÊTRE
13/02/2018 09:08 EST | Actualisé 13/02/2018 09:10 EST

Pourquoi Natalia Vodianova pose-t-elle avec une serviette hygiénique?

Elle participe au #PadManChallenge.

Maquillage travaillé, pull rouge à col roulé, brushing impeccable... et serviette hygiénique à la main. C'est ainsi que la mannequin et actrice russe, Natalia Vodanovia, s'est affichée sur les réseaux sociaux. Avec ce selfie posté sur son compte instagram ce lundi 12 février, la jeune femme rejoint le #PadManChallenge, mouvement lancé en Inde dont l'objectif est de briser le tabou des règles.

"Oui, c'est bien une serviette hygiénique que je tiens dans mes mains, et il n'y a pas à avoir honte, assure-t-elle fièrement en légende. C'est naturel!".

Yes, that's a Pad in my hand & there's nothing to be ashamed about. It's natural! Period. ❤ I nominate @emrata @doutzen @alexinagraham 💗👍🏻 big shoutout to @twinklerkhanna for this initiative ❤️@Flotracker #LetsTalkAboutPeriods #UNFPA #PadManChallenge 🇷🇺 Да, вы не ошиблись, у меня в руке обычная гигиеническая прокладка. Месячные - это естественная часть жизни любой женщины, и мне бы хотелось чтобы тема женского здоровья могла свободно обсуждаться в любой стране мира. ❤ Давайте поговорим об этом @alexinagraham @emrata @doutzen 💗👍🏻@Flotracker #LetsTalkAboutPeriods #UNFPA #PadManChallenge

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10% des Indiennes voient les règles comme une maladie

À l'origine de ce défi, le film "Pad Man", du cinéaste Indo-canadien Akshay Kumar. Ce long-métrage, en salles depuis le 9 février en Inde, retrace l'histoire d'Arunachalam Muruganantham, un entrepreneur indien qui a inventé un mode de fabrication de serviettes hygiéniques à moindre coût.

Car les règles demeurent un sujet prohibé dans ce pays. Le cycle menstruel est vécu comme une honte, ce qui pousse certaines femmes à croire que leurs menstruations sont une affection. "10% des Indiennes pensent que les règles sont une maladie et 14% souffrent d'infections menstruelles", rappelle à ce tire Jacqueline Fernandez, une actrice et mannequin sri-lankaise.

Aussi, 20% des jeunes filles indiennes n'iraient pas à l'école lorsqu'elles ont leurs menstruations, simplement parce qu'elles n'ont pas accès à des produits d'hygiène féminine efficaces, a confié la productrice du film, Twinkle Khanna, à Mashable.

En cause: le coût trop élevé de ces protections. Les femmes de certaines régions rurales indiennes sont ainsi "contraintes de placer de la terre ou des cendres dans leurs sous-vêtements", ou encore du tissu, "pour absorber leur flux menstruel", note France 24.

Des pratiques dangereuses selon le ministère indien de la Santé, qui estime que 70% des femmes s'exposent à de grands risques d'infections, rapporte Elle.

Peu de temps après la sortie officielle du film, plusieurs célébrités bollywoodiennes et d'autres personnalités ont pris la pose sur les réseaux sociaux, le sourire aux lèvres et une serviette hygiénique en guise d'accessoire, afin de libérer la parole au sujet des règles.

Parmi elles, l'acteur Sidharth Malhotra, l'actrice Aditi Rao Hydari et la blogueuse Scherezade Shroff Talwar.

"Oui, ce sont des serviettes hygiéniques. Oui, elles appartiennent à ces femmes incroyables. Oui, elles étaient ravies de m'en donner une pour que je me tienne avec elles, en soutien à cette initiative indispensable. Je souhaite le meilleur à toute l'équipe de Padman."

"Défi accepté! Et voilà une serviette. Même les princesses en utilisent! C'est naturel, les règles!"

En Inde mais pas seulement, les menstruations provoquent un malaise. "Dans les régions rurales du Népal, les adolescentes et les femmes réglées doivent quitter leur foyer durant leurs règles", souligne Femmes d'aujourd'hui. C'est ce que l'on appelle le "Chaupadi", une pratique liée à l'hindouisme interdite depuis une décennie mais qui reste d'actualité.

"En Ouganda et au Rwanda, 10% des filles ne vont pas à l'école durant leurs règles car elles n'ont accès ni à des sanitaires, ni à des protections hygiéniques", poursuit le magazine féminin belge.

Plus de 20.000 personnes ont pris part à ce challenge pour l'instant. "Des hommes et des femmes qui brisent le tabou et osent parler des menstruations", la "plus grande réussite" du film pour son réalisateur, qui a lui aussi joué le jeu en publiant une photo, protection hygiénique en main.

Chaque participant doit désigner des personnes qui devront à leur tour relever le défi. Natalia Vodanovia a donc nommé trois jeunes femmes influentes: les mannequins Emily Ratajkowski, Doutzen Kroes et Alexina Graham. Un appel auquel ces dernières n'ont pas encore répondu.