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11/02/2018 17:34 EST | Actualisé 11/02/2018 17:35 EST

Trump dévoile lundi un plan infrastructures de 1 500 milliards de dollars

Le budget inclura 200 milliards de dollars consacrés aux routes, autoroutes, ponts et autres infrastructures cruciales pour l'économie.

PA Wire/PA Images

L'administration Trump doit esquisser lundi les grandes lignes de son plan d'investissement de 1 500 milliards de dollars en faveur des infrastructures dont un grand nombre, en piteux état, a un besoin urgent d'être rénové.

Le budget du président Donald Trump, qui doit être publié lundi, inclura 200 milliards de dollars consacrés aux routes, autoroutes, ponts et autres infrastructures cruciales pour l'économie des Etats-Unis, selon des responsables de la Maison Blanche.

"Nous devrions dégager les 200 milliards de dollars en économisant dans d'autres domaines du budget fédéral", a expliqué l'un d'entre eux.

Les Etats et les investisseurs privés vont être sollicités pour contribuer aux 1 300 milliards restants.

L'administration Trump compte utiliser les 200 milliards comme effet de levier en fournissant des garanties d'emprunt, des prêts directs et autres mesures incitatives dans le cadre de programmes tels que le TIFIA pour les infrastructures de transport (Transportation Infrastructure Finance and Innovation).

"Dix milliards dans TIFIA pourraient lever jusqu'à 400 milliards de dollars en raison de la manière dont TIFIA fonctionne", a assuré un responsable.

Lors de son discours sur l'état de l'Union fin janvier, M. Trump a demandé au Congrès d'appuyer un plan d'investissement d'au moins 1 500 milliards de dollars pour développer les infrastructures aux Etats-Unis sans donner de détails sur la manière de le concrétiser.

Construites pour la plupart entre les années 1950 et 1970, les autoroutes, routes, ponts, voies ferrées, aéroports et autres infrastructures sont en très mauvais état, "en décrépitude" aux dires même du président américain, faute d'avoir été entretenus et modernisés au fil du temps.

La Maison Blanche doit annoncer lundi la simplification des procédures de permis de construire pour les réduire à deux ans alors qu'elles peuvent en prendre aujourd'hui jusqu'à dix.

"Les infrastructures sont de toute évidence une composante essentielle du fonctionnement de notre économie, le succès américain est pour une grande part le résultat d'infrastructures de qualité que nous avions historiquement", a commenté un responsable de la Maison Blanche.

"Nous sous-investissons dans nos infrastructures et nous avons des procédures qui prennent tellement de temps que même lorsque nous avons les fonds nécessaires, cela peut prendre une décennie pour construire une infrastructure essentielle", a-t-il ajouté.

L'administration Trump souligne que la totalité des infrastructures ont besoin d'une autorisation du gouvernement fédéral bien que ce dernier joue un rôle mineur dans leur financement. Environ 14% des coûts d'infrastructures sont à la charge de l'Etat fédéral, les 86% restants sont répartis entre Etats et gouvernements locaux d'une part et secteur privé d'autre part, ont détaillé les responsables de la Maison Blanche

Le Congrès doit désormais discuter de la proposition. Dans cette perspective, M. Trump doit accueillir les parlementaires des deux partis mercredi.

Il devrait être largement questionné sur ce que l'administration pourrait effectivement financer et comment. La question de nouvelles infrastructures répondant aux problématiques climatiques devrait aussi être évoquée.

En attendant, les experts s'interrogent sur les sources de financement des 200 milliards dans le budget fédéral alors que le déficit public risque déjà d'être creusé par la baisse des impôts entérinée fin 2017.

L'administration Trump parie sur un principe de réalité pour convaincre Etats, gouvernements locaux, entreprises privées et même usagers de mettre la main au pot: le vieillissement des infrastructures coûte cher à l'économie américaine.

Les embouteillages, qui pèsent notamment sur le secteur des transports routiers, coûtent chaque année plus de 120 milliards de dollars, selon Henry Petroski de l'université Duke.