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11/02/2018 16:47 EST | Actualisé 11/02/2018 16:47 EST

L'UPAC est à l'origine des fuites dans les médias, selon Lino Zambito

M. Zambito a déclaré n'avoir «jamais, au grand jamais» vu de preuve sur l'enquête Mâchurer.

LA PRESSE CANADIENNE

L'ancien entrepreneur Lino Zambito, témoin-vedette de la Commission Charbonneau, nie avoir quelconque responsabilité avec les fuites dans les médias liées à l'enquête Mâchurer de l'Unité permanente anticorruption (UPAC) et montre plutôt du doigt la haute direction de l'organisation.

En conférence de presse à Montréal, dimanche après-midi, M. Zambito réagissait à la publication de documents décaviardés, la semaine dernière, qui l'identifiaient comme suspect dans ces fuites parues dans les médias à propos de l'enquête portant sur le financement politique au Parti libéral du Québec (PLQ).

Le député libéral Guy Ouellette, l'ex-policier Richard Despaties et le policier Stéphane Bonhomme sont également dans la mire de l'UPAC.

L'ex-entrepreneur reconnaît avoir dit à des policiers que l'UPAC disposait de preuves suffisantes pour porter des accusations contre l'ex-premier ministre Jean Charest et l'ex-grand argentier du parti, Marc Bibeau, mais il se basait simplement sur ses conversations avec les enquêteurs, a-t-il assuré.

M. Zambito a déclaré n'avoir «jamais, au grand jamais» vu de preuve sur l'enquête Mâchurer. Il a défié l'UPAC de trouver une «preuve réelle et non plantée» qu'il a un quelconque lien avec cette fuite.

Selon lui, c'est la haute direction de l'UPAC qui est responsable des fuites. Il a donc appelé le gouvernement du Québec à ouvrir une enquête indépendante «pour que la lumière soit faite sur tout ça.»

«Il faut arrêter que l'UPAC, que la clique à Lafrenière (Robert, le commissaire) enquête sur les fuites dans les médias. On ne peut pas enquêter sur soi-même», a-t-il lancé.

Lino Zambito, qui avait plaidé coupable à plusieurs accusations de fraude, de complot et de corruption en 2015, a tenté de défendre sa réputation à la conférence de presse, soulignant qu'il n'a aucune tache à son dossier depuis qu'il a purgé sa peine. Il se décrit comme un lanceur d'alerte qui souhaite «assainir les moeurs politiques».

M. Zambito, qui réclame à mots couverts la démission de la haute direction de l'UPAC, a par ailleurs annoncé qu'il ne collaborerait plus aux enquêtes de l'organisation.

«Ils n'auront plus ma collaboration jusqu'à ce que des changements soient faits à la haute direction de l'UPAC», a-t-il soutenu.

«À partir de maintenant, il y a un ménage qui doit se faire à la haute direction de l'UPAC. L'UPAC ne peut plus fonctionner de même.»

L'ex-entrepreneur a également demandé au gouvernement de modifier le projet de loi 107 pour que le commissaire de l'UPAC soit nommé par les deux tiers des députés l'Assemblée nationale «et non avoir un commissaire qui est nommé par le gouvernement».

Le projet de loi 107 du gouvernement Couillard, qui vise à donner plus de pouvoirs à l'UPAC, doit être soumis au vote final mardi. Le gouvernement plaide en faveur de son adoption, car il prévoit la formation d'un comité de surveillance pour l'UPAC, dont les membres seraient nommés aux deux tiers par l'Assemblée nationale, et qui ferait rapport régulièrement aux parlementaires.