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09/02/2018 09:12 EST | Actualisé 09/02/2018 11:10 EST

Les Philippines annulent leur commande de 16 hélicoptères canadiens

Un contrat qui s'élevait à 235 millions $ US.

JAY DIRECTO via Getty Images
Un hélicoptère Bell 412.

La décision du gouvernement canadien d'ordonner une révision d'une entente prévoyant la livraison de 16 hélicoptères aux Philippines a tant déplu au président Rodrigo Duterte que celui-ci a ordonné, en retour, l'annulation du contrat.

"Je veux dire aux forces armées d'annuler l'entente, de ne pas aller de l'avant, et nous trouverons un nouveau fournisseur", a déclaré le dirigeant autoritaire dans une apparition télévisée, vendredi.

J'achète des hélicoptères parce que je veux achever les [rebelles musulmans et terroristes du sud du pays].Rodrigo Duterte

Puis, il a confirmé les craintes qui avaient émergé au Canada quant à l'utilisation qu'il comptait en faire. "J'achète des hélicoptères parce que je veux les achever", a lâché le président philippin en faisant référence aux rebelles musulmans et terroristes du sud du pays.

Utiliser des appareils Bell 412EPI seulement pour des opérations de sauvetage des troupes ou de rapatriement de soldats tombés au combat est une "proposition cinglée", a-t-il enchaîné, disant néanmoins respecter la position du Canada.

Le régime du président Duterte, qui s'est déjà vanté d'avoir personnellement largué un homme du haut d'un hélicoptère en plein vol et affirmé qu'il n'hésiterait pas à le refaire, est accusé de se livrer à de multiples violations des droits de l'homme.C'est la raison pour laquelle des inquiétudes ont été soulevées en milieu de semaine au sujet de la commande passée par l'armée des Philippines pour 16 hélicoptères qui devaient être construits à l'usine de Bell Helicopter à Mirabel, dans les Laurentides.

Le ministre du Commerce international, François-Philippe Champagne, avait ordonné mercredi dernier à la Corporation commerciale canadienne (CCC), dont le mandat inclut la vente de biens militaires à d'autres pays, de faire une revue de l'accord conclu avec Manille en 2012.

Il avait pris cette décision après qu'un haut gradé militaire, le major général Restituto Padilla, eut confié à l'agence de presse Reuters que les hélicoptères serviraient notamment à des "opérations militaires de sécurité interne".

Avec la surenchère du président Duterte, le processus de révision de la CCC "se poursuivra", a confirmé vendredi dans une déclaration écrite Pierre-Olivier Herbert, l'attaché de presse du ministre Champagne.

Les commentaires troublants du président ne font que souligner la confusion et les contradictions qui ont émergé récemment sur l'utilisation finale prévue de ces hélicoptères. Pierre-Olivier Herbert, attaché de presse du ministre du Commerce international.

"Les commentaires troublants du président ne font que souligner la confusion et les contradictions qui ont émergé récemment sur l'utilisation finale prévue de ces hélicoptères", a-t-il ajouté.

La valeur de la commande s'élevait à environ 235 millions $ US. Les hélicoptères Bell 412EPI devaient être assemblés à l'usine de Mirabel, qui emploie 900 personnes. Bell Helicopter n'avait pas encore commenté la résiliation du contrat, vendredi, pas plus que la CCC.

Il ne semble pas que l'annulation de l'entente affecterait le nombre d'emplois à Mirabel.

À l'époque, il avait été établi que les appareils de fabrication canadienne devaient être utilisés à des fins de recherche et de sauvetage par l'armée des Philippines, selon ce qu'a indiqué cette semaine le gouvernement canadien.

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