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07/02/2018 16:07 EST | Actualisé 07/02/2018 16:07 EST

Le vaccin antigrippal reste la meilleure protection malgré son inefficacité

De nombreuses questions se posent.

Eric Gaillard / Reuters

Alors que le vaccin contre la grippe saisonnière affiche des taux d'efficacité de plus en plus faibles, les autorités de santé publique s'interrogent sur les moyens d'améliorer la protection des personnes à risque.

D'après les données de mi-saison compilées par les chercheurs, le taux d'efficacité du vaccin au Canada serait de 10 à 20 pour cent contre le virus de l'influenza de type A (H3N2) et de près de 55 pour cent contre le virus de type B (Yamagata).

Le Dr Alex Carignan, microbiologiste infectiologue au CIUSSS de l'Estrie – CHUS, maintient toutefois que la vaccination demeure la meilleure façon de les protéger contre la maladie et les complications comme la pneumonie.

Pour la saison 2017-2018, Québec a dépensé 12,5 millions $, d'après le ministère de la Santé, pour l'achat de 1,9 million de doses du vaccin antigrippal et le plan de communication visant à rejoindre la clientèle à risque.

D'après le Dr Carignan, les autorités de santé publique procèdent actuellement à une refonte complète du programme de vaccination. On cherche notamment à cibler les bons groupes de population, à améliorer l'efficacité du vaccin et à simplifier son mode de production.

En ce début de février, au coeur de l'épidémie de grippe, environ 10 pour cent des hospitalisations au Québec seraient liées à la grippe saisonnière ou à la pneumonie, note le Dr Alex Carignan, professeur agrégé à la faculté de médecine et des sciences de l'Université de Sherbrooke.

«Malheureusement, à l'heure actuelle, on n'a pas un vaccin aussi efficace qu'on l'aimerait et il n'est pas durable d'une saison à l'autre. Il est très sain de se poser la question si on pouvait utiliser cet argent de manière plus efficace», commente le spécialiste du contrôle des maladies infectieuses.

«Auparavant, on voyait souvent des taux d'efficacité de 60-70 pour cent, aujourd'hui on est autour de 30-40-50 pour cent, note le microbiologiste. C'est certainement un score décevant quand on compare à d'autres vaccins comme la rougeole ou l'hépatite à 90, 95 et même 100 pour cent d'efficacité».

Pour le Dr Alex Carignan, la décision de recevoir ou non le vaccin contre la grippe saisonnière demeure un choix personnel pour les adultes en bonne santé.

Cependant, il insiste sur le fait que le bénéfice du vaccin reste très important chez les personnes âgées. «Pour les patients à risque de complications, qui sont atteints de maladies pulmonaires ou de maladies cardiaques, pour moi, il est encore clair qu'on bénéficie d'une vaccination», assure-t-il.

Du même souffle, il reconnaît que la vaccination est «difficile à vendre» en raison des résultats en dessous des attentes.

Mutations du virus

L'inefficacité du vaccin à prémunir contre l'influenza cette année serait due à de petites mutations du virus, d'après les explications du Dr Alex Carignan.

Comme le mode de production du vaccin est très long, on doit préparer longtemps à l'avance les souches qui seront utilisées à l'intérieur du vaccin.

Des modifications au virus, ou encore des mutations à l'intérieur même du vaccin peuvent survenir pour réduire l'efficacité du traitement.

Il est alors impossible pour les autorités de santé publique de réagir.

C'est exactement ce qui s'est produit cette année, alors que des rapports en provenance de l'Australie indiquaient que le vaccin s'était montré particulièrement inefficace lors de la saison de la grippe dans l'hémisphère sud.

Comme le Canada avait déjà pris la décision d'utiliser la même souche de virus dans son vaccin et que la production était en marche, il était trop tard pour réagir.

«On aimerait avoir un vaccin universel qui serait bon, peu importe les mutations. Une compagnie québécoise veut produire un vaccin à base de plantes qui serait beaucoup plus rapide à produire et qui diminue les mutations», affirme l'infectiologue.

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