POLITIQUE
07/02/2018 17:55 EST | Actualisé 07/02/2018 17:56 EST

Justin Trudeau refuse d'arbitrer le bras de fer entre la Colombie-Britannique et l'Alberta

Le premier ministre a simplement indiqué qu'il discutait régulièrement avec ses homologues des provinces.

Justin Trudeau refuse d'arbitrer le bras de fer entre la Colombie-Britannique et l'Alberta sur l'accroissement de l'oléoduc Trans Mountain, qui relie les deux provinces de l'Ouest.

Dans un point de presse avant la réunion du caucus libéral hebdomadaire, mercredi à Ottawa, le premier ministre a simplement indiqué qu'il discutait régulièrement avec ses homologues des provinces sur la nécessité d'accroître la capacité de cet oléoduc, et qu'il était prêt à se battre pour que le projet se réalise. Mais il n'a pas voulu dire de quelle façon il voulait contribuer au démarrage de la construction.

À la sortie du caucus, la ministre de l'Environnement, Catherine McKenna, a précisé que le fait que le premier ministre ne s'en mêle pas publiquement ne veut pas dire que les choses n'avancent pas en coulisses.

En s'adressant aux journalistes en français, Mme McKenna a dit qu'il était possible de trouver une solution «sans drame». Il semble cependant qu'il soit déjà trop tard pour éviter le drame politique dans ce conflit entre les deux provinces.

Le gouvernement Trudeau a approuvé le projet en novembre 2016, en plaidant l'intérêt national. L'expansion de l'oléoduc Trans Mountain permettrait au promoteur Kinder Morgan de tripler la capacité du réseau, qui passerait de 300 000 à 890 000 barils par jour de pétrole lourd acheminé de l'Alberta jusqu'au terminal maritime de Vancouver, à Burnaby.

Les opposants au projet ont réussi à le retarder et le gouvernement fédéral subit d'intenses pressions pour que la construction démarre.

La semaine dernière, le nouveau gouvernement de la Colombie-Britannique — formé de la coalition du Nouveau Parti démocratique et du Parti vert — a menacé de faire dérailler tout le projet en proposant des changements à la réglementation provinciale. Ces modifications empêcheraient tout accroissement de la capacité d'un oléoduc avant que des études ne soient menées sur l'efficacité des mesures d'intervention et de décontamination en cas de déversement.

La première ministre néo-démocrate de l'Alberta, Rachel Notley, a répliqué d'abord par des menaces de poursuites judiciaires. Elle a ensuite annoncé, mardi, un boycottage des vins de la Colombie-Britannique, un commerce annuel de 70 millions $ pour les viticulteurs.

Le bras de fer entre les deux provinces était écrit dans le ciel: la coalition du premier ministre John Horgan en Colombie-Britannique s'est fait élire notamment sur la promesse de bloquer l'expansion de l'oléoduc Trans Mountain, alors que le gouvernement néo-démocrate de Rachel Notley tient absolument à ce projet pour avoir une chance d'être reporté au pouvoir en mai 2019.

La pression se fait donc de plus en plus forte sur le gouvernement Trudeau afin qu'il intervienne. La chef adjointe de l'opposition officielle, Lisa Raitt, a déclaré que le gouvernement avait la Constitution de son côté pour exercer son pouvoir fédéral et ordonner la construction de l'oléoduc.