POLITIQUE
07/02/2018 16:09 EST | Actualisé 07/02/2018 17:26 EST

Cannabis: Québec va ajuster le prix en fonction du marché noir

«On va s’organiser pour être compétitifs», dit la ministre Charlebois.

LA PRESSE CANADIENNE

QUÉBEC – Le gouvernement Couillard est prêt à ajuster ses prix pour faire compétition au crime organisé une fois que le cannabis sera légal au Canada.

« Quand ça a été le temps d'abolir [l'alcool], les Québécois ont fait confiance à la SAQ. Moi, je pense que c'est vers ça qu'on s'en va », a répondu mercredi la ministre Lucie Charlebois, qui pilote le dossier du cannabis au Québec.

L'idée n'est pas de vendre au même prix que le marché noir, mais bien de « s'ajuster », a-t-elle spécifié. « Ce n'est pas moi qui vais décider des prix. C'est la Société québécoise du cannabis (SQC) qui va décider des prix. Mais on va s'organiser pour être compétitifs. »

La Presse a révélé que le crime organisé se prépare à affronter la concurrence des sociétés d'État avec une baisse marquée des prix du cannabis, dès le mois de juillet, dans le but de protéger son emprise sur la vente illégale de drogue.

Québec avait déjà évoqué de vendre le cannabis de 7 à 9$ le gramme, mais ne s'est pas prononcé sur un prix définitif.

La ministre Charlebois ne s'inquiète pas outre mesure des menaces du crime organisé puisque, dit-elle, les dealers de drogue « se soucient très peu de l'état de santé des gens » et n'offrent « aucun descriptif des produits ».

Les conseillers de la SQC seront formés pour répondre aux questions techniques, comme le pourcentage de THC ou de cannabinoïdes, mais aussi à des relations relatives à l'état de santé.

Pas de plants à la maison

Québec reste ferme sur son intention d'interdire la culture de cannabis à domicile. Le projet de loi fédéral prévoit pourtant un maximum de quatre plants par logement.

« On peut être plus restrictifs au Québec », a répondu Mme Charlebois, qui a noté que le Québec n'est pas la seule province à aller dans ce sens. Le Manitoba interdit également la production privée.

« Si vous avez un bloc appartement, où il y a 12 logements, fois quatre, ça fait 48 plants. On n'est pas bien loin d'une plantation commerciale. On va créer un marché illicite et ce n'est pas ce qu'on désire », a fait valoir la ministre.

Mais cette décision pourrait changer au fil du temps. « Pour l'instant, on va dire : zéro plant. On verra dans trois ans s'il y a lieu de modifier ça, mais pour le moment, on pense que c'est mieux pour protéger la population. »