POLITIQUE
06/02/2018 16:16 EST | Actualisé 06/02/2018 16:16 EST

Une proche d'une ministre défend sa décision de ne pas donner suite à une allégation de harcèlement sexuel

L'homme concerné n'étant plus au ministère au moment des allégations, elle a estimé que le cabinet de la ministre ne pouvait plus sévir contre lui.

Getty Images/iStockphoto

Une proche collaboratrice de la ministre fédérale Bardish Chagger soutient qu'elle croyait bien faire lorsqu'elle a décidé de ne pas donner suite à une allégation de harcèlement sexuel visant un de ses collègues au ministère.

Rachel Bendayan, qui était chef de cabinet de la ministre de la Petite Entreprise et du Tourisme en 2016, a expliqué en entrevue à La Presse canadienne que le collègue en question n'étant plus au ministère au moment des allégations, elle a estimé que le cabinet de la ministre ne pouvait plus sévir contre lui, et elle n'a pas donné suite.

Dans un article de blogue du HuffPost Canada, Myriam Denis soutient qu'en août 2016, elle a prévenu Rachel Bendayan qu'un «conseiller en politiques d'innovation» au Parlement, Vahid Vidah, l'avait contactée par l'entremise du réseau social LinkedIn pour une possibilité d'emploi au ministère de la Petite Entreprise et du Tourisme.

Mme Denis soutient que lors d'une «entrevue d'embauche», dans un restaurant, M. Vida a eu des commentaires à caractère sexuel et qu'il a posé une main sur sa cuisse. De plus, Mme Denis a compris plus tard que cet homme n'avait aucun pouvoir d'embauche au Parlement.

Elle a ensuite écrit un courriel à Rachel Bendayan pour lui raconter ce qui s'était passé. Selon Mme Denis, la chef de cabinet de la ministre Chagger l'a remerciée d'avoir dénoncé ce comportement inapproprié, et s'est dite désolée pour ce qui était arrivé.

Mme Bendayan lui aurait alors confirmé que Vahid Vidah n'avait effectivement pas agi en son nom, et qu'il n'était plus à l'emploi du ministère.

«Cela venait confirmer mon soupçon que toute l'affaire était fausse, et qu'en principe, cet homme abusait de son poste dans le bureau de la ministre pour contacter des femmes sur Internet, leur faire perdre leur temps avec des fausses entrevues, et puis leur faisait des commentaires inappropriés et gênants», écrit Mme Denis dans le HuffPost Canada.

«Et il l'a fait à partir de comptes de médias sociaux qui portaient son vrai nom, son poste à Ottawa, et même son adresse courriel @canada.ca. C'est comme s'il croyait que son poste lui donnait le droit de contacter des femmes sans motif valable.»

La ministre Chagger, qui est aussi leader du gouvernement en Chambre, soutient qu'elle a été mise au courant de ces allégations la semaine dernière seulement. Elle a indiqué lundi que ces comportements «tout à fait inacceptables» ne sont tolérés ni dans son ministère ni au sein du gouvernement. Mme Chagger souhaite maintenant comprendre pourquoi elle n'a pas été mise au courant plus tôt de cette affaire.

Rachel Bendayan, candidate libérale défaite dans Outremont contre Thomas Mulcair en 2015, et présentement en congé de maternité, a indiqué mardi qu'elle n'avait pas parlé avec la ministre Chagger depuis.

Vahid Vidah n'a pas répondu à nos demandes d'entrevue, mais il a soutenu au HuffPost qu'il n'avait jamais «fait d'avances ou de demandes à caractère sexuel» lors de ces rencontres avec Mme Denis.