POLITIQUE
06/02/2018 10:50 EST | Actualisé 06/02/2018 15:57 EST

Les villes de la Rive-Nord s’allient pour contrer la congestion

Une première!

Olivier Robichaud

La Ville de Laval s'alliera à 17 municipalités de la Rive-Nord pour lancer un forum sur les impacts de la congestion routière et les solutions possibles. Une première pour ces municipalités.

L'objectif du forum, une initiative du maire de Laval Marc Demers, est de poser un diagnostic du problème et produire une déclaration commune qui proposera des solutions au gouvernement du Québec. Il aura lieu le 23 avril, en compagnie du ministre des Transports, de la Mobilité durable et de l'Électrification des transports, André Fortin.

Selon un sondage récent, 80% des résidents de Laval et des basses Laurentides estiment que la congestion routière s'est empirée depuis cinq ans. Le développement de certaines villes laurentiennes a notamment ajouté de nombreuses voitures sur les routes.

«Prenons à titre d'exemple l'autoroute 15, où nous avons 180 000 véhicules par jour. Et bien, la croissance de la couronne nord peut amener 1000 véhicules de plus par heure», affirme le maire de Saint-Eustache, Pierre Charron.

Son homologue de Saint-Jérôme, Stéphane Maher, estime que la congestion prive la Rive-Nord – et le Québec dans son ensemble – de possibilités d'investissements.

«Vous n'avez aucune idée des possibilités d'investissement et de développement économique qui sont possibles lorsque nos enjeux routiers seront bien en place avec un plan stratégique bien développé. [...] Présentement, nous avons un déficit d'investissement majeur qui affecte le développement économique de nos villes», affirme-t-il à propos du transport commercial vers les États-Unis et l'Ontario.

Plaidoyer pour l'autoroute 19 et les voies réservées

M. Demers et ses collègues se sont faits avares de commentaires concernant les pistes de solutions qui seront étudiées lors du forum. Deux éléments semblent toutefois faire consensus: l'ajout de voies réservées sur les autoroutes et le parachèvement de l'autoroute 19.

«Une chose est certaine: l'attentisme a assez duré pour le parachèvement de certaines autoroutes. Les gouvernements se sont succédé, ils nous les promettent depuis 40 ans. Nous voulons des engagements réels et concrets de tous les partis susceptibles de prendre le pouvoir le 1er octobre prochain», lance Richard Perreault, maire de Blainville.

«Il faut aller de l'avant avec la 19. Tout le monde ici est unanime», ajoute M. Demers.

Le prolongement de l'autoroute 19 de Laval à Bois-des-Filion, tout près de Blainville, offrirait un troisième axe autoroutier pour se rendre à Montréal à partir de la Rive-Nord. Mais le projet évalué à 600 M$ stagne et l'opposition est forte, notamment à Montréal. À la fin du projet, le flot de voitures qui débarqueraient dans l'arrondissement Ahuntsic-Cartierville passerait presque du simple au double pour atteindre 66 000 véhicules par jour.

Les maires présents ont aussi insisté sur la nécessité d'ajouter des voies réservées aux autobus sur les artères existantes, comme les autoroutes 15 et 13, et sur les nouvelles structures.

«Quiconque parcourt nos autoroutes constate que nos autobus sont pris dans la congestion. [...] S'assurer qu'on a une fluidité au niveau du transport collectif, c'est une évidence», affirme M. Maher.

Compétition avec Montréal pour le transport en commun

La question des transports en commun, surtout les modes lourds comme le métro, est au cœur des préoccupations sur la mobilité. Depuis l'élection de Valérie Plante à la mairie de Montréal, les principales villes de la région métropolitaine font du coude pour attirer les investissements.

Selon M. Demers, la Rive-Nord doit parler d'une seule voix en ce qui concerne le transport en commun.

«On sait que Montréal n'a pas besoin de se regrouper, le poids de Montréal est important. Notre optique ce n'est pas nécessairement de concurrencer avec eux, mais au moins d'être capables de se faire entendre et de regarder le développement du transport en commun et le problème de la congestion routière comme des défis métropolitains. Et, surtout, de ne pas être oubliés dans la planification du transport collectif dans la région métropolitaine», dit-il.

Rappelons que M. Demers souhaite ajouter des modes de transport lourd dans sa ville, qui est la troisième plus importante du Québec en termes de population. En octobre, il a mis divers scénarios sur la table, notamment le prolongement du bras ouest de la ligne orange du métro afin de décongestionner le bras est. Les autres options seraient un prolongement du futur Réseau électrique métropolitain au cœur de l'île Jésus ou l'ajout d'un système rapide par bus (SRB) dans le terre-plein central de l'autoroute 15.

Pendant ce temps, Longueuil plaide pour ajouter trois stations à la ligne jaune, un projet resté au beau fixe après la défaite électorale du Parti québécois en 2014.