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05/02/2018 16:05 EST | Actualisé 05/02/2018 16:05 EST

Les médecins résidents votent à 98 % pour un mandat de grève

Le mandat en est un de grève générale illimitée.

Sawitree Pamee / EyeEm via Getty Images

Les quatre associations de médecins résidents du Québec viennent de se doter d'un fort mandat de grève, dans des proportions variant de 96 à 99 pour cent.

Le mandat en est un de grève générale illimitée. Mais la Fédération des médecins résidents tient d'abord à recourir à d'autres moyens de pression — dont elle veut garder le secret pour l'instant —, puis, le cas échéant, à des journées de grève, avant d'en arriver à une grève générale illimitée, a fait savoir au cours d'une entrevue son président, le docteur Christopher Lemieux.

«On n'est pas rendu là», a assuré le docteur Lemieux, qui veut d'abord donner une chance au ministère de faire une contre-proposition à l'organisation syndicale des médecins résidents. «On laisse une chance au ministère de nous présenter sa bonne foi.»

De toute façon, une éventuelle grève serait soumise aux dispositions sur les services essentiels du Code du travail, ce qui signifie qu'à peine 10 pour cent d'entre eux pourraient débrayer.

La Fédération des médecins résidents regroupe 3600 résidents des facultés de médecine des universités de Montréal, McGill, Sherbrooke et Laval.

Les médecins résidents affirment en avoir particulièrement contre les heures de disponibilité exigées d'eux par le ministère. Ils soutiennent que le ministère leur demande de faire plus de gardes, de travailler plus longtemps la nuit et de travailler durant plus que 16 heures par période de 24 heures.

Un autre point en litige porte sur le calcul du revenu pour les prestations de maternité versées aux résidentes et ce que le docteur Lemieux appelle «le respect, la reconnaissance» du statut de résident. «On se fait comparer à des stagiaires, mais on est soumis à la Loi sur les services essentiels», critique-t-il.

De son côté, le ministre de la Santé et des Services sociaux, Gaétan Barrette, leur reproche d'avoir des demandes qui proviennent d'une autre «galaxie», soit 30 pour cent d'augmentation — ce qui ne respecte en rien les paramètres négociés avec les autres employés de l'État, a-t-il fait savoir au cours d'une conférence de presse à Verdun.

«Le niveau d'argent qu'ils réclament est extrêmement élevé. Ce n'est pas un petit peu à la marge des autres; ce n'est même pas dans la même galaxie», s'est-il exclamé.

Interrogé à son tour quant à la tiédeur du ministre, le docteur Lemieux a affirmé que les résidents avaient abaissé leurs demandes à 17 pour cent et que le ministère n'avait rien proposé de neuf en retour. «C'est une négociation; on demande plus pour avoir quelque chose de mitoyen», a justifié le président de la FMRQ.

Les négociations sont donc au point mort entre les parties.

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