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04/02/2018 12:00 EST | Actualisé 04/02/2018 12:00 EST

Un second souffle pour la campagne 5-10-15 en cette année électorale au Québec

Elle vise une bonification des conditions de travail dans la province.

Getty Images/PhotoAlto

Il n'y a pas que la classe politique qui fourbit ses armes en prévision de la reprise des travaux au Salon bleu de l'Assemblée nationale qui aura lieu mardi.

Les promoteurs de la campagne 5-10-15, qui militent pour une bonification des conditions de travail dans la province, sont également sur le pied de guerre.

Ils se trouvent dans cet état d'esprit car ils estiment que le contexte actuel se prête extrêmement bien à la relance de cette offensive de sensibilisation qui avait officiellement vu le jour en octobre 2016 à l'initiative de plusieurs organismes sociaux et syndicats.

Virginie Larivière, qui est à la fois porte-parole de la campagne et du Collectif pour un Québec sans pauvreté, affirme que non seulement «le taux de chômage est historiquement bas», mais qu'en plus, la province se trouve «en pleine pénurie de main-d'oeuvre».

Elle ajoute qu'à l'approche du prochain grand rendez-vous électoral qui doit avoir lieu en octobre 2018, «le gouvernement a l'oreille plus tendue» qu'à l'habitude.

Dans les circonstances, tous les astres sont alignés «pour rendre les emplois en bas de l'échelle plus attrayants», selon Mme Larivière.

Pour y arriver, trois solutions principales sont mises de l'avant dans le cadre de la campagne 5-10-15.

La première d'entre elles consisterait à offrir la possibilité aux employés de connaître leur horaire, cinq jours ouvrables avant leur premier quart de travail.

Ils pourraient ainsi «jongler plus facilement avec les différentes sphères de la vie», mentionne Virginie Larivière.

La deuxième proposition serait de permettre aux employés d'avoir droit à dix congés payés sur une base annuelle pour s'acquitter de diverses obligations familiales ou encore pour faire face à des ennuis de santé.

Enfin, la dernière recommandation serait de hausser le salaire minimum horaire pour le porter à 15 $.

Mme Larivière se dit bien consciente que de telles mesures ne pourraient pas être adoptées sans provoquer des grincements de dents.

«À chaque fois qu'il y a des combats pour l'amélioration des conditions de travail et de vie des gens, il y a toujours des résistances», avance-t-elle.

Par contre, précise-t-elle, «il ne faudrait pas s'empêcher de lutter (...) parce que des entrepreneurs vont se braquer».

Virginie Larivière souligne qu'il pourrait d'ailleurs être défavorable pour eux de jouer les empêcheurs de tourner en rond.

Pour donner du poids à sa position, elle cite le récent exemple de franchisés de Tim Hortons de l'Ontario qui avaient décidé de revoir à la baisse les conditions de travail de leurs employés pour faire face à la hausse du salaire minimum dans cette province.

«Ça ne leur a pas été très favorable d'aller dans ce sens-là. Les gens ont été choqués», rappelle Mme Larivière.