POLITIQUE
04/02/2018 14:42 EST | Actualisé 04/02/2018 14:42 EST

Caroline Mulroney briguera la direction du Parti progressiste-conservateur

La mère de quatre enfants âgée de 43 ans a laissé entendre sur Twitter pendant la fin de semaine qu'elle a l'intention de briguer la direction du parti.

Twitter/Caroline Mulroney

TORONTO — Une source de l'organisation de Caroline Mulroney confirme que l'avocate et femme d'affaires de Toronto présentera lundi sa candidature dans la course à la direction du Parti progressiste-conservateur de l'Ontario.

Caroline Mulroney, la fille de l'ancien premier ministre canadien Brian Mulroney, était perçue comme l'une des principales prétendantes pour remplacer Patrick Brown dès que sa démission a été annoncée, même si elle n'a encore jamais accédé à un poste électif.

La mère de quatre enfants âgée de 43 ans a laissé entendre sur Twitter pendant la fin de semaine qu'elle a l'intention de briguer la direction du parti, en remerciant tous les gens qui ont appuyé publiquement sa possible candidature.

Caroline Mulroney, qui a étudié le droit à l'université de New York, a été désignée par acclamation pour être la candidate du Parti progressiste-conservateur dans la circonscription de York-Simcoe, au nord de Toronto, en vue des prochaines élections provinciales de juin.

En 2014, Mme Mulroney avait été nommée à l'Autorité du pont Windsor-Détroit pour superviser le développement d'une deuxième traverse frontalière entre les deux villes.

Elle a aussi cofondé le Shoebox Project en 2011, un organisme sans but lucratif qui ramasse et distribue des cadeaux pour les femmes itinérantes ou à risque d'itinérance.

Avant de sauter dans l'arène politique, Mme Mulroney était vice-présidente de la firme torontoise BloombergSen Investment Partner.

«Ce n'était pas son plan de briguer la direction, elle était très, très concentrée sur la circonscription et sur la communauté, et c'est là qu'elle a concentré ses efforts», a expliqué le député fédéral conservateur, Peter Van Loan, qui a conseillé Mme Mulroney.

M. Van Loan souligne que bien qu'elle soit nouvelle en politique, Caroline Mulroney s'est présentée comme une personne authentique et une travailleuse acharnée, ce qui lui a attiré des appuis dans la communauté — même parmi ceux qui la jugent selon son nom de famille.

«Elle a ses propres forces et ses propres talents intrinsèques, peu importe son nom, a-t-il soutenu.

Les avantages d'une néophyte

Le manque d'expérience politique de Caroline Mulroney sera sans contredit son plus grand défi, surtout lorsqu'elle fera face à des politiciens d'expérience, selon Kathy Brock, professeure de science politique à l'Université Queen's de Kingston.

Mais cela pourrait aussi jouer en sa faveur, car sa candidature apportera un peu de fraîcheur à un moment où le chef intérimaire s'est engagé à se débarrasser des «pommes pourries» dans le parti, a ajouté la politologue.

«Elle donne une image et une sensation de fraîcheur et déjà elle a...le potentiel de tirer profit de conseillers expérimentés et de ses propres expériences avec la politique dans laquelle elle est impliquée par l'entremise de ses amis et sa famille», a-t-elle analysé.

L'entrée de Mme Mulroney dans la course signifie que deux femmes bien connues tenteront de se faire élire par les membres du Parti progressiste conservateur, ce qui pourrait l'aider à améliorer son image, selon la spécialiste. L'ancienne députée Christine Elliott a annoncé sa candidature la semaine dernière.

«C'est peut-être le genre d'affaires dont ils ont besoin pour se remettre de l'incident avec (l'ancien président du parti, Rick) Dykstra et Patrick Brown. Ça donne une nouvelle orientation, une nouvelle énergie et cela les met un peu plus en phase avec l'époque», a-t-elle poursuivi.

MM. Brown et Dykstra ont démissionné à quelques jours d'intervalle après avoir fait l'objet d'allégations d'inconduite sexuelle, qu'ils nient en bloc tous les deux. Les allégations n'ont pas été vérifiées indépendamment par La Presse canadienne.

Le politicien de Toronto Doug Ford, le frère du défunt maire Rob Ford, est aussi dans la course. Certaines sources ont confié à La Presse canadienne que l'ancien patron de Postmedia, Rod Phillips, présentera également sa candidature dans les prochains jours.

Les candidats ont jusqu'au 16 février pour s'inscrire. Le nouveau chef sera annoncé le 10 mars.