POLITIQUE
03/02/2018 11:49 EST | Actualisé 03/02/2018 11:49 EST

Déjà un vote de confiance pour Jagmeet Singh même s'il a été élu en octobre

Le NPD doit obligatoirement tenir un vote de confiance à chacun de ses congrès qui ont lieu tous les deux ans.

Mark Blinch / Reuters

Jagmeet Singh a beau avoir été élu à la tête du Nouveau Parti démocratique (NPD) il y a moins de six mois, il devra tout de même se soumettre à un vote de confiance lors du congrès de sa formation. L'événement aura lieu du 16 au 18 février à Ottawa.

«Je suis confiant pour les résultats, mais oui c'est un peu bizarre le fait qu'il n'y ait pas beaucoup de temps entre la fin de la course à la chefferie et notre réunion», a-t-il reconnu en riant.

En vertu de ses statuts et règlements, le NPD doit obligatoirement tenir un vote de confiance à chacun de ses congrès qui ont lieu tous les deux ans.

Son prédécesseur Thomas Mulcair s'était fait montrer la porte par les 1800 délégués à Edmonton en 2016. Le résultat avait secoué plusieurs députés néo-démocrates et avait lancé le parti dans une longue course à la direction qui a culminé avec l'élection de M. Singh.

Le NPD espère aujourd'hui tourner la page sur ces deux années tumultueuses et se préparer pour la prochaine élection fédérale qui aura lieu en octobre 2019.

«Qu'on le veuille ou non, ça va définir la nouvelle direction du parti dans son ensemble sous le leadership de Jagmeet, a souligné le vice-président du parti, Hans Marotte. (...) Donc, c'est pour ça que ce congrès-là est tellement important, c'est la dernière fois que les membres, de façon très large, vont échanger (avant l'élection).»

Plus question de se faire doubler sur la gauche par les libéraux comme 2015. Le NPD aspirait alors à former un gouvernement pour la première fois de son histoire. Il s'est finalement retrouvé au rang de troisième parti au terme du scrutin, passant de 103 à 44 députés.

Nouvel optimisme

Jagmeet Singh espère insuffler un nouvel optimisme aux militants néo-démocrates. Mike Layton, le fils de Jack Layton — qui était chef du parti lors de la vague orange en 2011 —, prononcera le premier discours du congrès. D'autres conférenciers issus de mouvements progressistes qui ont connu du succès à l'étranger ont été invités. Parmi eux, la cofondatrice de la Marche des femmes de Washington, Tamika Mallory, le secrétaire général du Parti travailliste de la Grande-Bretagne, Iain McNicol, et l'ex-ministre de la Justice française Christiane Taubira.

«Il aurait avantage à focaliser sur une ou deux grandes idées pour se démarquer des libéraux parce que c'est ça le grand défi», a souligné Farouk Karim, un militant de longue date et ex-attaché de presse du NPD.

Le nouveau chef a déjà indiqué qu'il veut lutter contre les inégalités sous toutes leurs formes. «L'économie va bien, mais les gens n'en ressentent pas l'impact dans leur vie, a affirmé M. Singh. Ils se sentent pris. Alors, je veux parler du fait que nous comprenons ces difficultés et que nous pouvons faire mieux en tant que pays.»

«Les libéraux en parlent beaucoup des inégalités, mais quand tu grattes un petit peu et que tu prends les décisions qui se prennent une à une, on se rend compte la plupart du temps que c'est blanc bonnet, bonnet blanc», a pour sa part souligné le lieutenant québécois du parti, Alexandre Boulerice.

Un exemple, selon lui, est la lutte contre les paradis fiscaux qui fera l'objet d'une résolution soumise par une vingtaine d'associations de comté du Québec.

Le NPD, traditionnellement proche des syndicats, veut également profiter de son congrès pour entrer en contact avec d'autres mouvements progressistes.

Musique, «slam» et activités littéraires sont au menu, des façons moins conventionnelles de véhiculer des messages politiques. Une application permettra aussi aux militants de rester en contact et de consulter le programme du congrès qui ne sera pas imprimé sur papier. Les organisateurs espèrent attirer une foule «plus jeune» et «plus diversifiée».

Le parti risque toutefois de devoir mettre les bouchées doubles s'il veut élargir son électorat d'ici 2019. «L'effet Singh» tarde toujours à se faire sentir dans les sondages et les résultats des dernières élections partielles ont été décevants pour le parti.

Mylène Crête, La Presse canadienne