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02/02/2018 16:26 EST | Actualisé 02/02/2018 16:26 EST

L'avenir des «cheerleaders» menacé, aux matchs de la Ligue canadienne de football

À l'ère du #moiaussi, le commissaire Ambrosie réfléchira à l'avenir des «cheerleaders».

THE CANADIAN PRESS/Adrian Wyld
Le commissaire de la LCF Randy Ambrosie

À l'ère du mouvement #moiaussi, Randy Ambrosie est prêt à remettre en question la présence des cheerleaders aux matchs de la Ligue canadienne de football. Le nouveau commissaire n'en fait pas une promesse, mais il assure qu'il va réfléchir à la question.

C'est ce qu'il a déclaré au cours d'un entretien accordé à La Presse canadienne en marge de sa tournée canadienne, qui le mènera dans les neuf villes du circuit, en plus de Halifax, qui est pressentie pour accueillir un 10e club.

«C'est une question intéressante. C'est la première fois qu'on me la pose. Elle mérite considération. Je pensais avoir entendu toutes les questions possibles, mais celle-là...», a-t-il dit, pesant bien ses mots.

Plus tôt cette semaine, Liberty Media, nouveau propriétaire de la Formule 1, a annoncé qu'elle abandonnait la tradition des «grid girls», ces jeunes femmes choisies pour leur apparence qui indiquaient l'emplacement des monoplaces sur la grille de départ. Cette décision survient après quelques mois de remise en cause de cette pratique par les dirigeants de Liberty Media, qui jugent qu'elle «ne correspond pas aux valeurs défendues par notre marque et est clairement en contradiction avec les normes sociétales actuelles».

Al Haymon, avec sa série de boxe Premier Boxing Champions, créée en 2015, a aussi mis fin à la pratique des «ring girls» entre les rounds.

«Je suis père de trois filles. Je veux que les filles et les femmes soient traitées avec respect. Je veux m'assurer que nous ayons une culture dans laquelle les gens se sentent respectés. Que leurs succès soient basés sur le mérite de leur travail et leurs efforts, a-t-il poursuivi. C'est une question très intéressante. Je l'aurai en tête longtemps, parce que je dois prendre le temps d'y réfléchir. Je n'ai pas de réponse dans le moment, mais c'est quelque chose à laquelle je dois assurément réfléchir.»

Ambrosie, entré en poste en juillet dernier en remplacement de Jeffrey Orridge, a également souligné l'intérêt d'Anthony LeBlanc, Gary Drummond et Bruce Bowser, les partenaires principaux du groupe intéressé à construire un nouveau stade afin que la LCF s'installe à Halifax.

«Ce sont des gens qui ont une excellente réputation dans le monde des affaires. Nous leur souhaitons la meilleure des chances.»

Pour l'instant, la Ligue canadienne n'explore pas d'autres avenues.

«C'est pour l'instant le seul marché qui est actuellement discuté, a-t-il admis. D'ajouter les Maritimes à notre marché serait fabuleux. Ils sont de grands partisans de football et ils savent que nous les aimons bien.

Qu'en est-il de Québec?

«Nous n'avons pas de groupe qui s'est manifesté dernièrement, a indiqué Ambrosie. Québec est une superbe ville, j'ai adoré y travailler par le passé. Ils adorent le football, ils adorent leur Rouge et Or. Si quelqu'un veut m'inviter pour en discuter, je serais plus qu'heureux de répondre positivement à cette invitation.»

Montréal sur la bonne voie

Ambrosie a lancé sa tournée pancanadienne à Montréal, jeudi, et il en a profité pour tenir une importante réunion avec l'état-major des Alouettes. Il en est ressorti très enthousiaste.

«Les Alouettes ont un plan d'affaires pour revitaliser cette concession. Mon équipe est sur place depuis quelques jours pour travailler avec (le président) Patrick Boivin et son équipe, qui ont des idées vraiment intéressantes pour améliorer l'expérience des partisans lors des matchs. Certaines seront mises en place dès cette année.

«Bien sûr, nous savons qu'ils travaillent fort également sur leur produit sur le terrain. Il y a des choses très intéressantes qui sont en train de se passer à Montréal. Je suis très optimiste au sujet de leur avenir.»

Par ailleurs, au cours d'une entrevue mise en ligne sur le site de la LCF, Ambrosie y est allé d'une déclaration plutôt surprenante quand le journaliste Chris O'Leary lui demande si les joueurs sont rémunérés de façon juste à leur premier contrat dans le circuit.

«Chaque joueur souhaiterait faire plus d'argent. Ils viennent dans cette ligue parce qu'ils sont talentueux et qu'ils sont à la recherche d'une occsaion de jouer au football professionnel, a-t-il indiqué. Mais j'ai du mal avec cette question, car j'adore les joueurs. J'étais moi-même un joueur. Quand vous vous trouvez dans un vestiaire, vous voulez toucher plus d'argent. Mais c'est aussi vrai dans toutes les autres professions du monde.

«Tout le monde souhaite faire plus pour mieux prendre soin de sa famille. C'est ce que nous souhaitons quand nous disons que nous voulons que notre ligue grandisse, qu'elle devienne plus importante, plus forte. Mais pour l'instant, nous demandons à nos joueurs de respecter leur contrat.

«L'autre chose qu'il faut dire, c'est que nos joueurs, entre les saisons, sont libres de se trouver un autre boulot et je les encourage personnellement à le faire. C'est ce que j'ai fait tout au long de ma carrière, travailler à temps plein entre mes saisons de football. Ça leur permettra de se créer des occasions pour la fin de leur carrière (au football), qui vient beaucoup plus rapidement que vous ne le croyez.»

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