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02/02/2018 12:43 EST | Actualisé 02/02/2018 12:43 EST

Congédiée pour «manque de sourire», le tribunal ordonne de l'indemniser

Le propriétaire du restaurant avait soutenu que son congédiement «est la conséquence de sa mauvaise attitude et son manque de sourire».

Getty Images/iStockphoto

Congédiée notamment pour «sa mauvaise attitude et son manque de sourire», selon son employeur, une serveuse d'un restaurant de Victoriaville vient de remporter une victoire devant le tribunal, qui a annulé son congédiement, ordonné à son employeur de la réintégrer dans son emploi et de lui verser 30 000 $.

La serveuse, Caroline Daunais, travaillait pour le restaurant Coco Frutti à Victoriaville de décembre 2015 à avril 2016. Elle avait été congédiée le 10 avril 2016.

Elle avait déposé une plainte au Tribunal administratif du travail, contestant son congédiement qui est survenu, selon elle, parce qu'elle a réclamé des sommes qui lui étaient dues à titre de salaire.

Mais devant le tribunal, le propriétaire du restaurant avait soutenu que son congédiement «est la conséquence de sa mauvaise attitude et son manque de sourire». Il avait ajouté que «tout le monde avait des problèmes avec elle» et que, concernant les heures de travail impayées, elle était la seule des 35 employés à se plaindre à cet égard.

Les heures manquantes ont toutefois été payées à la suite du congédiement, mentionne-t-on dans le jugement.

L'assistante-gérante avait aussi allégué qu'elle avait été témoin d'une plainte de clients reprochant à la serveuse d'avoir demandé un pourboire avant la fin du repas. Elle l'avait avertie à ce sujet.

Mais dans son avis de congédiement, l'employeur n'avait fait référence qu'au fait qu'elle avait pris une table de la section de l'assistante-gérante pour y servir les clients _ ce qu'il avait qualifié de manque de respect envers une collègue. La travailleuse avait admis avoir agi ainsi, pour une question de service, et avait même offert à l'assistante-gérante de prendre le pourboire que les clients laisseraient.

Le juge administratif Christian Drolet a trouvé peu sérieux les motifs invoqués par l'employeur pour congédier Mme Daunais. Il y a vu «un prétexte pour se départir de la seule salariée qui réclame des heures de travail impayées, notamment la veille de son congédiement».

Le juge administratif a aussi souligné que «la plaignante a fait des efforts raisonnables pour minimiser les dommages que son congédiement lui a causés. Rien ne permet de conclure qu'un emploi comparable était disponible ou qu'elle a refusé sans raison valable une offre d'emploi qu'elle aurait raisonnablement dû accepter».

Il a donc annulé son congédiement et a ordonné à cette franchise Coco Frutti de Victoriaville de la réintégrer dans son emploi.

Il lui a aussi ordonné de lui verser 28 240,92 $ à titre d'indemnité pour perte de salaire. De plus, il devra lui verser 879,13 $ en paiements d'intérêt sur l'indemnité pour perte de salaire et 1205,67 $ en paiement d'intérêts pour une période subséquente.