NOUVELLES
30/01/2018 15:52 EST | Actualisé 30/01/2018 16:05 EST

Sit-in d'infirmières: «ça pète de partout», dit la FIQ

Au cours d'une entrevue, la présidente de la FIQ, Nancy Bédard, a assuré que ces «sit-in» n'étaient absolument pas commandés par le syndicat, qui n'encourage pas ce type de moyens de pression.

Getty Images/All Canada Photos

La tension a encore grimpé à cause de la surcharge de travail dans le milieu hospitalier. Des infirmières excédées ont fait trois "sit-in" ce mois-ci à Trois-Rivières, en plus d'autres à Sorel, à Laval et au Suroît, a appris La Presse canadienne.

Et à ces "sit-in", il faut ajouter plusieurs cas d'heures supplémentaires obligatoires, en Montérégie-Est, à Sherbrooke, au Saguenay-Lac Saint-Jean, dans Lanaudière et en Abitibi, a rapporté mardi la Fédération interprofessionnelle de la santé, la grande organisation qui regroupe 75 000 infirmières et infirmières auxiliaires dans tout le Québec.

Au cours d'une entrevue, la présidente de la FIQ, Nancy Bédard, a assuré que ces "sit-in" n'étaient "absolument pas" commandés par le syndicat, qui est placé devant le fait accompli par ses membres exaspérés et épuisés.

"Ça fait plus de deux ans qu'on a négocié un rehaussement de postes et qu'on a négocié des actions pour pouvoir établir de nouveaux ratios professionnelles en soins-patients. Et il n'y a rien qui a été fait actuellement. On nous niaise. Alors moi, je ne suis pas surprise que ça pète et que ça saute un peu partout", s'est exclamée Mme Bédard.

Ce ras-le-bol a aussi été exprimé dans le témoignage touchant d'une infirmière de l'Estrie, Émilie Richard, devenu viral. Les yeux dans l'eau, elle y décrit sa surcharge de travail, mais aussi sa détresse.

Au cours d'une entrevue, le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, s'est dit convaincu qu'il s'agit là d'"une opération concertée de la FIQ" et de sa nouvelle présidente, Nancy Bédard. "Ce n'est pas un hasard", a-t-il lancé.

Le ministre Barrette a rappelé qu'il avait déjà donné la consigne aux directeurs d'établissements d'ouvrir des postes à temps plein, afin de stabiliser les équipes de soins, de diminuer le recours aux heures supplémentaires et de rendre la profession plus attrayante.

"Est-ce que tout le monde va à la même vitesse? Peut-être pas. Tout ne peut pas se régler d'un coup", a indiqué le ministre.