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26/01/2018 17:57 EST | Actualisé 26/01/2018 17:58 EST

Un réfugié somalien menacé de déportation dénonce une «grande injustice»

M. Abdi dit souffrir de la négligence du gouvernement.

Un ancien enfant réfugié originaire de la Somalie craint d'être déporté dans un pays qu'il ne connaît pas, pour des raisons qui seraient largement hors de son contrôle.

Abdoul Abdi, qui n'a jamais obtenu la citoyenneté canadienne alors qu'il a grandi dans des familles d'accueil de la Nouvelle-Écosse, a été arrêté par l'Agence des services frontaliers du Canada après avoir passé cinq ans en prison pour plusieurs infractions, dont voies de fait graves.

En entrevue avec La Presse canadienne, M. Abdi a rappelé qu'il avait purgé sa peine pour ses erreurs et il demande au gouvernement fédéral de cesser toute procédure pour le déporter.

L'homme de 24 ans, qui dit n'avoir aucun lien avec son pays d'origine, voudrait tourner la page sur cette période de sa vie et être un modèle pour sa fille.

Abdoul Abdi, qui vit maintenant à Toronto, plaide que le Canada veut le ramener dans son pays après lui avoir fait oublier sa culture et sa langue.

Il décrit sa situation comme «la plus grande injustice qu'il n'ait jamais vue».

Plusieurs intervenants déplorent que la province n'ait pas fait une demande de citoyenneté à son nom lorsqu'il était enfant.

M. Abdi dit souffrir de la négligence du gouvernement.

«Ce n'est pas seulement par ma faute ou mes actions que je suis dans cette situation maintenant», a-t-il plaidé.

«Personne n'assume la responsabilité pour ce qui m'est arrivé quand j'étais plus jeune. Ce n'est pas ma faute si, à l'âge de six ans, ma famille m'a été dérobée. C'était leur travail et ils se sont traîné les pieds.»

Abdoul Abdi est né en Arabie saoudite en 1993. Lorsque ses parents ont divorcé, sa mère — qui craignait la persécution en Somalie — s'est rendue à Djibouti, où la famille a obtenu le statut de réfugié.

Sa mère biologique est morte dans le camp de réfugiés lorsqu'il avait quatre ans, et deux ans plus tard, il est arrivé au Canada avec sa soeur et ses tantes.

Peu de temps après son arrivée, les enfants ont été pris en charge par la province de la Nouvelle-Écosse. Sa tante n'a pas pu reprendre la garde des enfants, et sa tentative de demander la citoyenneté pour les enfants a été rejetée.

Entre les âges de 8 et 19 ans, M. Abdi a été déplacé de famille en famille 31 fois, et a été séparé de sa soeur. Il n'a jamais complété son école secondaire.

M. Abdi a eu des problèmes en 2014, lorsqu'il a dû plaider coupable face à quatre accusations: voies de fait graves, vol d'un véhicule motorisé, conduite dangereuse et voies de fait contre un policier avec un véhicule.

Après avoir purgé sa peine, l'Agence des services frontaliers du Canada le «surveillait», dit-il.

M. Abdi est maintenant dans une maison de transition dans la région de Toronto. Une audience relative à son expulsion n'a pas encore été fixée.