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26/01/2018 09:09 EST | Actualisé 26/01/2018 13:52 EST

Donald Trump hué à Davos après une attaque verbale contre la presse

Fidèle à lui-même, le président américain n'a pas mâché ses mots...

"L'Amérique d'abord n'est pas l'Amérique seule": Donald Trump a livré vendredi à Davos un discours tout entier destiné à rassurer les partenaires diplomatiques et commerciaux des Etats-Unis, ébranlés par ses dérapages passés.

Le président américain n'a pu toutefois s'empêcher de glisser une critique contre la "méchante" presse, s'attirant des huées d'une salle de 1 500 personnes remplie de grands responsables économiques et politiques, ainsi que de journalistes.

Avant ces propos tenus lors d'un court échange informel sur la scène avec l'organisateur du Forum économique mondial, Klaus Schwab, il s'en était tenu à un discours écrit sur mesure pour ce grand raout du capitalisme et du libre-échange.

"Je ferai toujours passer l'Amérique d'abord, tout comme les dirigeants d'autres pays devraient le faire aussi. Mais l'Amérique d'abord ne signifie pas l'Amérique seule", a-t-il déclaré.

"Je suis là pour représenter les intérêts du peuple américain et pour affirmer l'amitié et la coopération des Etats-Unis pour construire un monde meilleur", a encore dit Donald Trump devant une audience qui se demandait depuis mardi s'il allait lui livrer une de ses diatribes protectionnistes.

"Nous sommes en faveur du libre-échange, mais il doit être juste, et il doit être réciproque", a encore dit l'ancien magnat de l'immobilier.

Pour ce faire, a-t-il estimé, il faut s'attaquer aux "comportements prédateurs": les atteintes "massives" à la propriété intellectuelle, les "subventions industrielles", et la "planification".

'Méchante' presse

Le chef d'État de 71 ans, qui se voulait aussi le "VRP" des Etats-Unis dans la station de ski huppée, a tout fait pour convaincre les maîtres de la finance et les PDG que "l'Amérique est l'endroit où faire des affaires", avec sa croissance robuste et ses marchés boursiers florissants.

Pendant les quinze minutes qu'a duré son discours, applaudi poliment, Donald Trump ne s'est pas détaché de ses deux prompteurs.

Mais c'est sans aucune note qu'il s'est lancé dans une de ses critiques récurrentes de la presse.

Parlant à Klaus Schwab de son parcours, Donald Trump a dit: "J'ai toujours eu une très bonne presse quand j'étais homme d'affaires. Ce n'est qu'en devenant un homme politique que j'ai réalisé à quel point la presse peut être méchante" et "fausse".

Des huées ont alors retenti.

Dans la matinée, Donald Trump avait balayé d'un "fake news" les informations du New York Times, selon lesquelles il aurait donné l'ordre en juin 2017 de renvoyer le procureur spécial Robert Mueller, avant de se raviser.

Robert Mueller mène l'enquête ultra-sensible sur les soupçons de collusion entre son équipe de campagne et Moscou lors de la présidentielle.

D'autres sujets désagréables ont rattrapé Donald Trump, qui a tenté à Davos de faire oublier des dérapages passés.

Ainsi en priant le chef d'Etat rwandais Paul Kagame, président de l'Union Africaine, de transmettre "ses sentiments chaleureux" aux chefs d'État du continent.

L'UA, qui se réunit en sommet les 28 et 29 janvier à Addis Abeba, avait condamné mi-janvier les remarques "blessantes" de Donald Trump à l'encontre de plusieurs nations africaines qualifiées de "pays de merde" dans des propos rapportés par des médias.

Par ailleurs, dans un rare acte de contrition, Donald Trump s'est excusé d'avoir retweeté des vidéos islamophobes relayées par un groupe d'extrême-droite britannique.

"Si vous me dites que ce sont des gens horribles, des gens racistes, je m'excuserai certainement si vous souhaitez que je le fasse", a déclaré Donald Trump dans une interview, en faisant référence au mouvement extrémiste Britain First.

La veille, il avait loué son "excellente relation" avec la première ministre britannique Theresa May, tous deux essayant d'afficher une entente retrouvée.

Donald Trump a enfin rassuré les partenaires commerciaux des Etats-Unis en disant son attachement à un "dollar fort", alors que son secrétaire au Trésor avait avivé mercredi les craintes d'une guerre des monnaies.